‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 234 sur 756 · SCÈNE VIIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIIL

AUGUSTA, puis RODOLPHE.

AUGUSTA, seule.

Voilà qui est amusant. ( Elle s'approche de la porta du cabinet, qu'elle veut ouvrir.) ImpOSSiblC d'OUVrir.

(Avec colère.) Est-ce qu'il HO Serait passent par hasard ?... Oh I non, le piano continue, et il ne s'amuserait pas à faire de la musique. ( Écoutant. ) Je reconnais cet air-là , un air de Fra Diavolo, qui arrivait de France , et que nous chantions autrefois. Voyons s'il a de la mémoire.

RODOLPHE , dans le cabinet.

Ain : Voyez sur cette roche (de Fra Diavolo).

Où donc l'amour Adèle Peut-il bahiter désormais?

Dans les champs, dans les palais , En vain Je le cherchais.

AUGUSTA , achevant Tair.

Ingrat, lorsque ta toix appelle L'amour tendre et fldéle.

Prés de toi le voilà.

( Rodolphe eutr*ouvre doucement la porte , et avance la tête avec précaution. ) 11 est là, Il est là.

ENSEMBLE

RODOLPHE

Augusta !

Le voilà !

Bravo ! une reconnaissance en musique ! C'est dans mon genre.

RODOLPHE

Vous dans ces lieux !

AUGUSTA

Vous y êtes bien , inOdèle que vous êtes 1

RODOLPHE

Qui vous y amène?

AUGUSTA

Je vous ferai la même demande , et je ne pense pas que vous y veniez pour une robe de bal.

RODOLPHE

Moi!... poursuivi, et cherchant un asUe, j'ai accepté le premier qu'on daignait m'offrir.

AUGUSTA

Quoi! vous êtes en danger, et vous n'êtes pas venu chez moi!... J'aurais pu oublier tous vos torts , je vous pardonnerais d'être parjure , infidèle... cela ne dépend pas de soi , cela peut arriver à tout le monde; mais d'être ingrat, cela n'est pas permis.

RODOLPHE

Que vous êtes bonne !

OEUVtU» COBI^LÈTÉâ DE SCRIBE.

AttiUSfA.

Du tout, je sois en colère , et tond nOé fitltféz à rinstant ; Je voos cacherai chez moi , dans mon hôtel, un séjour délicieux que vous ne connaissez pas, et que j*at acquis dernièrement; l'ancien palais du cardinal*

RODOLPHE

Il serait possible ! Gela a dû vous coûter bien €her4

AUGUBTA4

Mais non ; et je serai si heureuse de vous re* cevoir. Venez, Rodolphe, venez, mon ami.

BODOLPHE*

Je le voudrait; mais vous conviendrez que« pour vivre inconnu, il serait imprudent dte choi-' sir un palais, où vos gens» vos amis.«.«

Ai'GUSTAk

Je vous cacherai dans mon oratoire ; personne n'y va, pas même moi»

RODOLPHE

N'importe; Je puis être découvert, ce serait vous compromettre aux yeux du prince et de la cour! ce que je ne veux pas.

AroustA.

Dites plutôt que vous refusez tout ce qui vient de moi , que vous m'avez tout à fait oubliée , que vous ne voulez plus m'aimer.

RODOLPHE

Augnsta !

AtîGtStA.

Et pourquoi ne m'aimez-vottâ pas? je vous le demande... moi, qui ai fait pour vous ce que je n'ai fait pour personne!... moi, qui vous suis toujours restée iidèle!... Ne riez pas. Monsieur, ne riez pas , car je vais me fâcher : je joue quelquefois la tragédie , et si vous refusez mes offres...

RODOLPHE

J'en accepterai du moins une partie. D'abord, donnez-moi des nouvelles, car J'arrive.

AUGUSTA

Le prince est toujours furieux , à ce que dit votre oncle.

RODOLPHE

Mon oncle , le surintendant !... Vous le voyez !^

AUGUSTA

Mais oui , assez souvent.

RODOLPHE , 4 part.

Ah ! mon Dieu!... est-ce que par hasard ce serait lui qui m^aurait succédé ?

AUGUSTA

Pour voUs, pour défendre vos intérêts.

Vous êtes bien bonne; t^t je Hfe veux. Je n'attends rien de lui, et plutôt que d^iUiplorer ses secours, j'aimerais mieux rester dans la gêne où je suis.

AUGUSTA

Qu'entends-Je? ah! que je suis henreose! Est-ce que ma bourse n'est pas la tienne... je veux dire la vôtre?.».

RODOLPHE

Y pensez-vous?

AUGUSTA

Et pourquoi donc?..4 G'eët comme si votre oncle vous le donnait

Air du vaudeville de la Petite Sœur, K'allez-vous pas vous révolter?

Ob .' Je connais votre noblesse.

Mais vous pouvet bieh aecepler Sans blesser la délicatesse.

Reruse-t-on entre parents !

Or, Monsieur, l'éclat dont Je brille.

C'est votre bien... Je vous le rends , ÇA M son ptê de la famille.

RODOLPHE

Ce n'est pas de moi qu'il s'agit « c'est de non pays et de mes amis; comment les voir, nous concerter en secret?

AUGUSTA , vivement.

J'y suis ; je leur donne à souper , ce soir, cha moi, après le Comté Ory. Vous y viendrez; nne conspiration, quel bonheur!... que ce doit être amusant!

Et que dira le surintendant?

AUGUSTA

Il ne peut pas m'empêcher de conspirer, taot que ce n'est pas contre lui. Et encore i si cela me plaisait. ..

RODOLPHE

Ce ne seraient pas les conjurés qui vous ntnqueraient»

AUGUSTA I le regardant tendrement.

Vous croyeÉ? c'est gentil ce que vous me dlies lk« et il die semble presque que je ne voos es veux plus.

A m du vaudeville de là PêHte Sœwr.

Allons, Monsieur^ embrassei-moi.

Pour rae donner plus de courage.

EU bien :... vous refuseï. Je ctoi ?

RODOLPHE

Un baiser !... e« serait dommage.

C'est eil vaih ttue Je m>n déretidii

(A ptrl. ) Elle est si bonne et si gentille...

C'est à mon oncle , je le prends ,

( L*einbr«ssant. ) Ça ne sort pas de la famille.

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