RODOLPHE, HENRIETTE
BODOLPHI , aprèa un moment de ailence.
Eh bien I Henriette, qu'as-tu donc? comme tu ne regardes !
HENBIETTE.
]ln*y a peut-être pas de quoi?*.. Je venais pour vous parler, pour vous dire que je suis encore toute tremblante... ce que j'ai vu là, tout à rbeare..é
BODOLPHB, étonné.
Quoi donc?
HENBIETTE.
Vous ne l'embrassies peut-être pas?».*
BODOLPHE.
Ce n'est qae cela; sois tranquille, ce n'est rien.
HENBIETTE.
Comment! ce n'est rien. Une personne que vous ne connaissez pas !
RODOLPHE
Si vraiment.
HENRIETTE
Vons la connaissez ! c'est encore pire ; et si elle vous dénonce, si elle vons trahit.
RODOLPHE
Justement, c^était pour l'engager au silence.
HENRIETTE
Ah! c'était pour cela?... c'est différent ; mais tous n*auriez pas pu trouver un autre moyen ?
RODOLPHE
Celui-là, je l'atteste, est sans conséquence. Mais ce que tu voulais me dire...
BENBIETTE.
Ah ! mon Dieu ! elle me l'avait fait oublier ! et cependant c'est bien important. Tout à Pheure, ail magasin, où j'étais à travailler à cette maudite rol}e, est entré un domestique, un nègre, une livrée vert olive et or.
BODOLPHE.
C'est Yago.
HENBIETTE.
Il n'a voulu parler qu'à moi en particulier. « Mademoiselle , m'a-t-il dit à voix basse , il y a » ici un jeune homme caché : ne craignez rien , » nous sommes ses amis ; mais il est nécessaire » que celui qui m'envoie, que son protecteur » puisse le voir un instant, sans témoins, et » surtout sans être aperçu; donnez-m'en les » moyens. »
RODOLPHE
Eh bien?
HENBIETTE.
Eh bien? alors, tout émue, je lui ai dit: c Monsieur, si vous me répondez que ce n'est » pas pour lui faire du mal , la personne n'a qu'à » entrer, rue des Étudiants , la première allée à » droite ; monter au second , une porte grise , 0 dont voici la clef; c'est là qu'est M. Ro- » doiphe. » — Il a pris la clef et a disparu , en disant : « Dans un instant on sera près de lui. »
BODOLPHE.
Il serait vrai ! je vais donc connaître enfin cet homtne généreux à qui je dois tout , et que je n'ai pu encore remercier !
HENBIETTE.
Écoutez , j'entends une clef dans la serrure.
BODOLPHE.
C'est lui.
AïK : Du partage de la richesse.
Ah! par égard, mon aimable Henriette, Laisse-moi seul... il faut être discret.
HENRIETTE
Oh! malgré moi tout cela m'inquiète.
Adieu, Je sors, puisque c'est un secret. J'ai toujours respecté les vôtres; Mais dépéchez-vous, s'il vous plaît.
Tous les moments où je vous laisse h d'autres Sont autant de vols qu'on me fait.
(Elle tort par U porte du fond qu'on lui eotend fermer. Dans ce moment s'ouvre la petite porte à gaoche, et Amélie parait.)