SCÈNE XII
Les Précédents; AMABLE, eo cottame de vuie.
AMABLBy teoint une lettre à U miin.
Son valet de chambre dit qu'elle veut bien me reœvoir;Je crois que c'est le moment (ii descend
le tMitre vers U droite , et apercevant Ludovic et Stéphanie qui Client eaaeanU* àgtoche, il cache •• lettre en dÎMnt.)
Binl le mari est avec elle! Cet imbédle de Louis qui ne m'avait pas dit cela. C'est bien la peine de lui donner ses étreones au jour de l'an.
LUDOVIC* «liant à lai.
Bonjour, mon cher voisin; soyez le bienvenu.
STÉPHANIE
Noos sommes enchantés de vous voh*.
AMABLE, panent entre Ludorie et Stéphanie. Userait vrai!... (a part, après avoir regardé Sté-
ph«aie.) Il est de fait qu'il y a dans ses yeux une «^pression de plaisir... qœ Je n'avais Jamais remarquée. (Haut, avec oa peu d'ti&barra». ) JeVCUaiS,
mon cher voisin...
LtDOVIC.
Pour parler à ma femme, Je le sais*
Quoi! vous savez?...
STÉPHANIE
C'est bien aimable à vous... Qu'avez-vons à me dire?
AMABLE , I part.
Ah! si le mari n'était pas là«.. (Haut.) C'était an sujet des deux nouvelles pièces à ajouter à votre appartement., de ce boudoir, pour lequel nous étions convenus avec Ludovic, et Je venais m'entendre avec vous pour les changementSé
STÉPHANIE
C'est hiutile , Je suis décidée à m'en passer.
AMABLfi, étonné»
Vraiment!
STÉPHANIE
A moins que cela ne vous gêne.
LUDOVIC, vivement.
Auquel cas vous avez ma parole.
AMABLE
NuUement, je n'en suis pas embarrassé... lord Hutchinson le prendra, ce jeune fiishionable que Je vous ai présenté hier, au moment de son arrivée ; il cherche un appartement , et il était ravi du vôtre. S*il n'avait tenu qu'à lui , il l'aurait pris tout arrangé , tout meublé : l'argent ne lui coûte rien, il est si riche!
LUDOVIC , avec un soupir.
n est bien heiveux.
Je crois bien. Il est garçon ! Ah ! si J'étais à sa place, avec sa fortune. ••
LUDOVIC
De ce côté-lè, vous n'avez rien à lui envier.
AMABLE
C'est vrai, tout à l'heure encore J'étais avec un de mes fermiers.
STÉPHANIE , avec joie.
Vraiment!
AMABLE
Et comme il n^ a que ces Jours-là de bons dans le ménage , les Jours de receues, j'ai reçu...
LUDOVIC
Beaucoup?
AMABLEé
Mais oui, une somme assez agréable.
STÉPHANIE
Qui , peut-être , vous est nécessaire ?
AMABLE
Du tout, je ne suis pas à cela près. Mais pourquoi me demandez-vous cela?
LUDOVia.
C'est que ce matin , mon cher voisin , de vousmême) et fort généreusement) vous m'avei foit
2bi
des offres de services, que j*ai refusées parce que je n*eo avais pas l)^iii , mais en ce momeiit*.»
AllABLE.
Vous acceptez ?...
LUDOVIC, Tirement.
Pour peu de temps , Je l'espère...
AllABLB.
Qu'importe? tout le temps que vous voudrez, je ne demande pas mieux. (Regardant Stéphanie.) Je suis si heureux de trouver une occasion. ••
STÉPHANIE
En vérité!
AllABLE.
n est si doux d'obliger... (a part.) Dieu! qu'elle est jolie! (Haut.) Et combien vous faut-il?
LUDOVIC , allant à la table et prenant un papier.
Je vais vous le dire au Juste.
Beaucoup d'argent.
AMABLB.
Dites toujours, une bagatelle , J'en suis sûr.
STÉPHANIE
Hais, vingt-trois mille francs.
AMABLB, à part.
Ah 1 diable I cela prend de la consistance.
LUDOVIC, quittant la table.
Et ton frère , ton frère que tu oublies.
STÉPHANIE
Oui , Monsieur, un frère pour qui nous nous sommes engagés, un frère à qui nous devons notre bonheur, et qui, comme vous, est notre véritable amL
AMABLB.
Comme moi, certainement (a pan.) Oh!
d'abord, si elle prend sa petite voix... (Hant.) Mais encore , à ce frère , combien faudrait-il?
LUDOVIC
Quinze mille francs pour auJourd'huL
AMABLE
Permettez..»
LUDOVIC
Quinze et vingt-trois, trente-huit, mettons quarante, pour lesquels Je vous offre ma signature, la sienne; hypothèque sur ma maison de campagne, que vous connaissez, et dont on m'ofl&*e cent vingt mille francs.
AMABLB.
Laissez donc, est-ce qu'entre amis on a besoin de sûretés , de garanties ? et du moment que vous me donnez votre parole... Il n'y a pas d'hypothèques sur votre maison ?
LUDOVIC
Ce sera la première.
AMABLE
£h bien t ce soir nous terminerons, (Tirant «on
portefcuiUe.) Voici déjà uue dizaine de mille francs; c'est tout ce que j'ai reçu de mon fermier. Je vais demander le reste à mon notaire , à qui je dirai
de préparer l'obligation. (AUaot au fond . et pariant au domestique qui est dao» Tanlicbambre.] LOUiS, qUOQ
mette mon cheval au cabriolet
LUDOVIC , aUant à Stéphanie.
Moi , Je vais écrire à ton frère , à ce cher Victor, que j'ai tenu ma promesse , et que soa argent est à sa disposition.
AMABLE
D'ici à une heure.
LUDOVIC
A merveille. Quant à la marchande de modes et au sellier qui sont là , dans mon cabinet , je vais commencer par eux , et solder leurs mémoires. Ah ! quel bonheur ! je me sens là on poids de moins! encore quelques heures, et je ne devrai plus rien qu'à l'amitié... (a AmaUe.) et ces dettes-là ne pèsent pas... (a Stéphanie.) Adieo, ma femme , adieu; je te laisse avec notre amL
(Il ^ntre daot le cabinet à gauche.)