‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 272 sur 756 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

LUDOVIC , VICTOR , 8TÉPHANIS.

VyCTOB.

Eh bien ! eh bien I ce n'est plus comme ce matin, on ne s'embrasse plus, on se dispute.

STÉPHANIE

Du tOUL (Se rapprochant vivement de Ludovic et Im terrant la main. ) La paix eSt faite.

VICTOR , d'un air trbte.

Tant mieux; il nous arrive toujours assez de chagrins sans s'en créer soi-même de nouveaux. Je venais, mon cher ami...

LUDOVIC , bas à Stéphanie.

0 ciel ! pour ce que Je lui ai promis... (Hnt.} Je t'ai écrit , il y a une heure , que les quinze mille francs étaient à ta disposition , et que tu les trouverais ici.

VICTOB,

C'est vrai.

LUDOVIC» avec embarras.

Us n'y sont pas encore; mais sois tronqiiflle.

VICTOR

Tu ne les avais donc pas, comme tu me le disais, dans ta caisse, ou à la Banque, cequiestia même chose?

LUDOTIO.

Si vraiment; mais un payement imprévu, des mémoires qu'il a fallu acquitter, ce qui ne m'empêchera pas de te procurer ta somme : je l'ai-

VICTOR

Comment donc as-tu f^it?... efd'où vient ton trQubl09 Ces regarcjs 4'iiite|ligence avec ta femme... Je comprends, mes «pis..., vous vous êtes gênés pour moL

STÉPBANIK.

Du tout.

VICTOR

Vous avez emprunté.

LUDOVIC , regardant sa femme.

Jamais... jamais , grâce au ciel , cela ne nous arriveni,

LE BUDGET D'UN JEUNE MÉNAGE

VICTOR» loi prenant la main.

Cest bien , et je devine toat; vous n'avez point voulu compter sur les autres, et c*est de vous, de vous seuls que vous avez attendu des secours, des sacrifices.

Que veux-tu dire?

VICTOR

Pourquoi me le cacher? N'est-ce pas? j'ai raison : ce riche mobilier, ces chevaux , ces voltores...

LUDOVIC , comme frappé d*one idée.

Odell

▼idTOR.

Peut-être mène cette campagne à laqoeDe vous teniez tant ?..• Enfin, cela ou autre chose; il est , icoap sûr, quelques snperfluités, quelques jouissances de luxe auxquelles vous avez renoncé pour m'obliger, pour me sortir d'embarras; je vous en remercie, mes amis, et j'en suis bien reconnaissant (D*on air sombre.) MaiS je U'CU alplus bCSOlU ;

cela me devient inutile.

LUDOVIC et STÉPHANIE^

Et comment cela?

VICTOR

Ce matin j'ignorais ma position, et je la connais maintenant; une fiaillite imprévue m^enlève uie somme énorme sur laquelle je comptais pour faire honneur à mes engagements, et moi-même, si je n'ai pas ce soir deux cent mille francs comptant, je suis obligé demain de déclarer mon déshoDoeur.

LUDOVIC et* STÉPHANIE.

Mon frère!

VICTOIU

Je n'y survivrai pas, mes amis; car jusqu'ici notre nom a été sans tache, et il ne me reste plus qu'à me brûler la cervelle.

STÉPHANIE • loi mettant la mainstir la bouche, etTempêehanl d'achever la phraae.

Ociel!

LUDOVIC

Qu*eiiteBds-je!te livrer ainsi au détespcrir ! je ne te reconnais plus; toi! un bonne de tête, que j*ai toujours vu supérieur aux événements,

VIGTOE.

Que faire contre .eeux-d? T a-t-il quelque remède , quelque secours?

LUDOVIC

Peut^tre.

AiA de Tunmn$, Promets-Doof sealement d'attendre ; Jusqu'à ce soir reste en ces lieux.

VICTOR

El pourquoi donc ^

STÉPHANIE

Quel parti veux-tu prendre?

LUDOVIC , paauBt au milieu.

Je serai digne de tous deux.

Oui , tous les deux vous avez sur mon âme Des droits égaux... car mon bonheur, â moi, Cest à ma femme ici que Je le doi.

C'est à toi que je dois ma femme.

VICTOR

A la bonne heure ; mais je voudrais écrire à la mienne, à mes enlants.

LUDOVIC

La, dans mon cabinet Adieu, irèr^; adieu, bon courage , nous sommes là.

( Victor entre dans le cabinet à droite. )

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