‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 276 sur 756 · SCÈNE XXI · texte numérisé non relu

SCÈNE XXI

Les Pbécédents, LUDOVIC.

LUDOVIC, accourant.

Mon ami, mon frère, rassure-toi. J*ai vu Butchinson et mon notaire ; ils se chargent de la vente , de la liquldatiqn , ils se chargent de tout , et tu auras dès ce soir deux cent mille francs , qu'ils veulent bien avancer.

VICTOR , arec joie.

Use pourrait!... ah!... mon ami!...

AMABLE

Et vous acceptez!

victob.

Oui, Monsieur , et de grand cœur.

LUDOVIC, « Amabie.

Vous ici. Monsieur! Tai un autre compte à régler avec vous, et, pour commencer, voici dix mille francs que je vous dois.

AMABLE

Non , Monsieur.

LUDOVIC

Vous accepterez.

Non, Monsieur... A l'autre, maintenant; qu'est-ce qu'ils ont donc tous?

LUDOVIC

Vous accepterez, ou sinon...

AMABLE

Je suis payé.

LUDOVIC

Et par qui?

AMABLE

Par le beau-frère.

STÉPHANIE

Oui, mon ami.

AMABLE

Et tout ce que Je puis faire, c*est de lui en donner un reçu.

(il Ta s*aiieoir auprès de la table , et écrit.) LUDOVIC.

Qu*est-ce que cela veut dire ?

VIGTOB , prenant Lodoric par la main.

Avez-vous pu croire que votre frère, votre ami, cesserait un instant de veiller sur vous? Je connaissais vos folies , vos dissipations ; J'aurais voulu qu'il ne tint qu'à moi de venir à votre aide, de combler le déficit; mais, une fois habitués à de pareilles dépenses, rien ne vous eût empêchés de continuer; dans un an, dans deux ans, vous étiez ruinés sans espoir, sans ressources : aujourd'hui il y en avait encore; mais, pour s*arréter , pour trancher dans ce vif, il faut un grand courage , jamais vous ne Tauriez eu pour vous, vous l'avez eu pour moi , j^en étab sftr ; dès que

ŒUVRES COMPLl^TES Ofi 3CRIBB.

TOUS m'avez vu en danger» Yoqs avez tout sacrifié pour me sauver.

STÉPHANIE et LUDOVIC.

. Mon ami!

VICTOB.

Ce sacrifice • Je Taccepte , et je vous en rendrai bon compte. Ces deux cent mille francs échappés au naufrage, je les ferai valoir dans ma manufacture, à condition que tu t'en mêleras, que tu travailleras.

LUDOVIC

C'était mon projet, mon e^ir... dès demain J'entrais chez un banquier.

VlCTOB*

C'est bien » je f emmène, et ta seras chez toi, ce qui vaut mieux que d'être chez les autres... nous vivrons tons ensemble, en amis, en (amille... ta femme avec la mienne, tes enfants avec les

miens. •• ( Amable te lève et te place à U droite de Stéphanie.) Ds apprendront avec nous que l'ordre et

l'économie, qui font la fortune des étals, font aussi celle des jeunes ménages, et, quand voos aurez fait fortune en province, vous reviendrez , si vous le voulez , dans la capitale.

AMABLE

Je vous garderai votre appartement

LUDOVIC

Vous êtes bien bon.

AMABLE

Un logement d'ami , presque pour rien.

STÉPHANIE , faisant U rérécenoe.

Cela revient trop cher.

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