SCÈNE XV
TOBY, pnis MORTON.
TOBY , k la table.
Allons, faut être serviable; c'est bien le moins... Voyons ce que cela chante... (cherchant à lire. ) « MoH... mou chcr ami. »
MORTON, sortant de la chambre à gauche.
Dans aucun de ses livres , Ben-Johnson n'a dé-
fini le sentiment que j'éprouve en ce moment; il me semble que j'ai une nouvelle existence; il me semble que tout est bien , et que j'aime tout le monde.
TOBY
Qu'est-ce que je vois Ih? et quelle indignité?... Moi, écrire une letu*e pareille !
MORTON
Qu'as-tu donc, ami Toby?
TOBY
Ce que j'ai, monsieur Morton?... Je ne m'y connais guère... mais j'ai idée qu'on veut id se moquer de vous.
MORTON , froidement.
De moi ? cela m'est égal
TOBY
Ce ne me l'est pas, à moi... et j'apprendrai à ce monsieur, qu'il soit milord ou non, à signer des injures contre vous, contre mon bienfaiteur.
MORTON
Calme-toi.
TOBY
Et venir encore me prier de les copier!
MORTON, tranquillement.
Ah! il t'en a prié... eh bien, ami, il totle faire ; il fout, autant que poanble, être utile à tout le monde.
TOBY
Mais vous ne savez donc pas t...
Air : Amis , voici fo riante teuMiiM..
Cest an ooinplot contre vot' caractère, Dont un marquis , lord Darsle, est Fautear. Vous n'dites rien... Dieu ! qu'ça m' met en colère D' TOUS voir toujours souffHr tout sans humeur ! Et ce complot est m'nè par an' certaine... Miss... Georgina...
MORTON
Ciel!
TOBY, k part.
Il pousse on soupir!
(Avec joie.) Je crois qu'enfin ça lui fait de la peine. A la bonne heure, au moins ça fait plaisir. ( Donnant la lettre à Morton. )
Lisez, lisez plutôt
NORTON
Tu te trompes.
(Lisant.)
« Mon cher ami , » Nous préparons à James Morton une mysti- » fication admirable, qui ne peut avoir Uea sans » vous... Je vous invite donc en mon nom, et en » celui de miss Georgina, qui est à la tête du com- » plot , à venir ce soir souper chez eUe , et à assis- » ter à la première représentation du Quaker a AMOUREUX , parade philosophique en un acte.
» Lord Darsie. »
Qu'ai-jelu!...
( Il tombe dans on fauteuil. )
LE QUAKER HT LA DANSEUSE
TOBT.
Ah 1 mon Diea t monsieur Morton, qa'est-ce que Yons avez donc?... Voolez-voas que J'ap* pelle?
NORTON , rarrèUnt arec le bra» «tôt le regarder.
Tais-toi... (Après une pâme.) Laisse-moi seul.
TOBY, à part.
Comme le voilà troublé, malgré ses principes I... (Haut.) Monsieur Morton, je crains... si TOUS vouliez...
Ce n*est rien, rien du tout.. ( ii leiire.) Mais nous ne pouvons rester ici; va chercher une voiture pour emmener Patrick... Je t'attends.
TOBY
J> vole... Ahl mon Dieu!... c'est pourtant moi !... Mon pauvre bienfaiteur, que je vous demande pardon de vous avoir appris ainsi que tout le monde se moquait de vous 1 Vous ne vous en seriez peut-être pas aperçu.
HORTON ,bruaqiiemeiit.
Va donc... (A?ee douceur.) Va, Toby. (Toby •ort.')
Quant k moi , je n'attendrai pas son retour. L'ingrate ! je ne la reverral plus jamais... jamais. ( u s'irrète. ) Qu'elle soit heureuse, an moins ; c'est mon dernier vœu, et ma seule vengeance. Partons... Que Yois-je !... c'est elle.