SCÈNE VI
Les Précédents; OSCAR, an cahier à u main;
CORINNE , marchantlentement et composant. Oscar et Corinne t^avaocent; et, pendant qii^ils descendent aor le devant de la scène, Saint-Yfct et Varinville montent et se trouvent derrière eux.
CORINNE , sans les voir.
«( Second père d'un flis dont le père est absent, M De la nature en deuil auguste remplaçant... M Sur le front d'un neveu que ta main protectrice y » Pleine de vœux s'abaisse; et...
SAINT-YVES, achevant le vera.
Que Dieu le bénisse. »
CORINNE et OSCAR.
Qu'entends^e?
SAINT- YVES , gaiement.
Pardon, belle dame , de me présenter aussi ca« valièrement ; mais, en ma qualité de frère du baron de Varinville.
CORINNE et OSCAR.
Son frère !
VARINVILLE, élonné.
Mon frère! (Bas àSaioi-Yvrs.) Qu'est-ce que ta dis donc ?
LA FAMILLE DU BARON
SAINT^YVES.bM.
Tais-toi. Cesi toujours un à-compte.
OSCAR
Son frère 1... Eh bien! je Taorais reconnu.
CORINNE
Cest singulier. Monsieur ne nous avait pas parlé...
SAINT-YYES.
D^Anatole Varinville, son jeune frère... Lingot! Je conçois. Il ne devait pas compter sur moi. Depuis trois ans, je parcours Fltalie. L*amour des arts me tenait lieu de tout Apollon et les muses sont une famille.
CORINNE
Monsieur est poète?
SAINT-YVES
Oui , Madame; je fais la poésie ténébreuse et mélancolique, les spectres, les tombeaux, les snpplidés, les condamnés, et généralement tout ce qui est épouvantable, tout ce qui est horrible.
CORINNE
Monsieur est de la nouvelle secte P
SAINT-YVES, t'indinuiU
rai cette horreur-là. Poésie nouvelle , comme vous savez, qui vit de ruines, de lézards, de chauves-souris, de lierre, de crapauds. Nous ne sortons pas de là ; car nous aimons les corps verts, les corps blancs, les corps bleus, le jaune aussi ; nous remployons beaucoup, c'est bon teint Enfin une littérature de toutes les couleurs, qui n*en a aucune.
Air da Ytaderille de Vécu de tix fro/net.
Employés aux pompes funèbres.
Nos aateora, amis da trépas, Ne brillent que dans les ténèbres.
Et quoique toujours gros et gras, Et faisant leurs quatre repas, En tout temps leur muse éplorée Est en deuil...
En deuil !... de qui donc?
SAINT-YVES, bat à Varinville.
Probablement de la raison Que ces messieurs ont enterrée.
Ils sont en deuil de la raison Que ces messieurs ont enterrée...
(Haou)
Etj*osedireque, dans ce genre littéraire et fiinéraire, j*ai obtenu quelques succès.
OSCAR
Des succès. Ce doit être difficile I
SAINT-YVES
Mais non. Je meprône, tu te prônei; il ie prâne, nous nous prônons. Dès qu'on sait conjuguer ce verbe-là, il n*en faut pas davantage pour obtenir un succès à notre manière, et se faire» entre amis, une immortalité à huis clos.
qui dure au moins sept à huit jours, et qu*on re* commence lasemahie suivante.
CORINNE
Ce doit être bien fatigant..
SAINT-YVES
Pour le public ; car, pour nous autres , nous y sommes faits, (a Corinne.) Et quand nous nous connaîtrons mieux , j*espère bien que nous jetterons ensemble les bases de nouveaux triomphes; car on m*a cité de vous des choses charmantes; des improvisations. Cest mon genre; j*y excelle. Et puis Ton m*a parlé aussi...
CORINNE
De mes Épttres P de mes Occidentales?
Oui, vraiment
CORINNE
J*en avais fait une avant mon mariage : Épitre à celui qui m'aura ; et deux depuis : Epitre à ce* lui qui m'a, et à celui qui m'a eue,
SAINT- YVES
Délicieux I Heureux les mortels privilégiés à qui vous daignerez en adresser encore !
CORINNE , à VarioTille.
11 est fort bien , votre frère Anatole.
VARINVILLE.
Oui, pas mal.
CORINNE , I Sainl-Yves.
Si je ne craignais d'être indiscrète , je vous demanderais une petite improvisation.
OSCAR
Ah ! vousnepouvei nous reluser.
CORINNE
Pour la première grâce que je rédame de