VOUS
SAINT-YVES
Gertahiement.
VARINVILLE, à paru
OÙ diable a-t-il été se fourrer ?
Si la compagnie veut mindiquer un sujet...
(a part et regardant Varinrille. ) Tcspère qU*il Va mO
demander les Rubiesde Rome.
VARINVILLE, à part.
Qn'est-ce qu*il a donc à me regarder ?
OSCAR
Je demanderai à monsieur un parallèle entre la tragédie et la comédie.
SAINT-YVES, à part.
Que le diable remporte I ( Haut.) Ce serait un sujet bien pénible, vu que, dans ce moment, les pauvres chères dames sout défuntes toutes deux.
OSCAR
Vraiment!
SAINT-YVES, déclamant.
« Seigneur, Laïus est mort ; Laissons en paix sa cendre.» CORINNE.
Il a raison; j'aimerais mieux un sujet noble.
SAINT-YVES , regardaDt Variovillc.
Oui ; quelque chose de romain , quelque chose d'antique.
CORINNE
Puisque monsieur vient de Paris, qu'il nous dise des vers sur les dernières nouveautés.
SAINT-YVES
C'est bien vieux.
OSCAR
Snt les derniers événements.
SAINT-YVES
C'est bien petit ! Et je préférerais quelque chose de romain , de grandiose.
OSCAR
La Baleine ou l'Éléphant.
CORINNE
Ah I oui , la FonUine de l'ÉIépbanU
SAINT-YVES
Ça n'en finirait pas.
CORINNE
Eh bien ! sur les nouveaux embellissements de Paris. A votre choix.
OSCAR
Ah ! oui, les embellissements de Paris; c'est à ce sujet que nous nous arrêtons.
VARINVILLE.
Autant cela qu'autre chose.
SAINT-YVES , à part et regardant VarinviUe.
L'imbécile! (Haut.) 11 paraît que la demande générale est pour les embellissements de Paris. ( A part. ) Nous voilà bien loin des Ruines de Rome. ( Haut. ) Volontiers. Nous avons à Paris le Diorama, le Néorama...
OSCAR
Représentant la basilique de Saint-Pierre.
SAINT- YVES, regardaut VarinvUle avec iotention.
De Saint-Pierre de Rome.
VARINVILLE.
Précisément.
SAINT-YVES
Qu'est-ce que tu dis là?
VAHINVILLE.
Moi? rien.
SAINT-YVES
il me semblait que tu avais parlé des Ruines de Rome; je croyais du moins avoir entendu ce mot.
VA RI N VILLE, 4 part.
Je comprends. (Haut et vivement.) Oui , OUl, C'CSt
vrai , c'est ce siyet-là que je préfère.
11 fallait donc le dire , tous les sujets me sont égaux ; peu m'importe , et si cela te plaît, si cela plait àrhonorable compagnie...
TOUS
Sans contredit
SàlNT-YVES.
Taurais préféré un autre sujet; mais enfin puisque vous voulez absolument les Ruines de Rome...
TOUS
Oui, oui.
SAINT-YVES
Je commence, (a pan.) Pourvu que je me le
rappelle à présent. (Brusquement, «t comme inipM.)
J'y suis; je commence.
(Panant tes doigte dans set cheveu.)
(c Où donc est la cité, métropole do monde,
M En héros si fertile, en vertus si féconde?
» Montrez-moi ses palais, ses temples, ses remparts...
» Où sonl-ils>... quels débris s'offrent à mes regards!...
»» 0 temps dévastateur!... à tes coups rien n'échappe!
» Où Teillail un sénat dort un soldai du papa !
^ Très-beaul
SAINT-YVES, commençant à s*embroaiUer , ragardaot VarinvUle et passant auprès de lui.
» Forum , que Cicéron n'a jamais trouvé sourd ! (Aux apues.)
Pardon, quand on improvisp,,. (Basa varin- Tiile. ) Sottfile-ipoi donc.
» Fortim, où Cicéron n'est Jamais resté court... » Il était bien heureux! que n'ai-je son langage? » Que n'ai-je son talent? j'en dirais davantage.
(S^adressaot à Corinne qui le regarde en riant.) Dlfais où trouver la rime?... alors qu'un «il fripon » Yoqs fait perdre i la fois l'esprit et la raison? »
Q8CAB et VABIPjVILLB.
Bravo 1
CORINNE
Délicieux... (A varioviUe.) Quel dommage que la famille n'ait pas été témoin...
OSCAR
Nous allons le présenter.
COBIfiiNB.
A M. Destaillis.
OSCAB.
A M. de Brévannes, un connaisseur.
VARINVILLE, bss.
Un oncle , qui a été chambellan » et qi;! , maintenant, fait de Topposition.
SAINT-YVES , à part.
Cest bon à savoir.
CORINNE
Venez, venez.
SAINT-YVES
Dans cet équipage, ce ne serait pas convenable; Je vais d'abord me faire conduire à Fappartement de mon frère , pour prendre un bahit plus décent
OSCAR et CORINNE , allant au^erant de DeitaUlis.
Eh mais ! j'entends mon oncle.
(Il# sortent par If Iqnd,)
LA FAMILLE DU BARON
8AIlfT-YTE8, bat.
Ah ! mon Dieu ! et où serrer mon attirail de peiotore?
IFARINYILLE , loi montrant le cabinet à gaucbe.
Dans ce cabinet,
SAINT-YTES , oorrant la porte.
A menreille î,.. qu'est-ce que je vois là? c'est mon affaire.
TABINVILLB.
Qn'as-ta donc?
SAINT-YVES
Bien; sois tranquille.
(n 8*élanoe dans le cabinet. Oscar, Corinne et Deslaillit entrent antcttôt. )
8CÈNB VIL
VARINVILLE, CORINNE, DESTAILLIS, OSCAR.
YAEimriLLB, Ipart
Allons , me voilà un frère qui m^ venq bien à propos.
OSCAR, àDaataiUit.
Osi , Tons dis-je ; un jeune homme charmant
CORINNE
Le frère de M. de Varinville.
PESTAILLIS.
Son frère. Rh bien ! je voas apporte aussi de bonnes nouvelles, car voilà son onde.
Tors.
Son oncle!
YARINVIILE, étonné.
Ce|ai-là est un peu fort
DESTAILLIS.
Oui, mon cher ami, j'ai aperçu un landau jaune.
VARINVILLE.
Yraiqient! (a part. ) 11 n'en manque pas sur la grtode route,
DESTAILLIS.
Et ce doit être le marquis, parce qu'un landau annonce toujours une fortune respectable et légitime.
VARINVILLE, à part.
Opi, l(/giUmc, comme moi.
DESTAILLIS.
U y eo avait même deuii qui se croisaient,
Alt du Taud«f ill« de ParHê carrée.
Je vendrais bien fiveir qui ee peut être.
VARINVILLB.
Quelque eeignear, quelque eeieur en eengé.
DBSTAILLIS, L'un eepend^nl, li Je puis m'y connaître, Marche à pas lenls, tant il parait ctiargë... L'autre n'a rien , et son allure est vive.
VARINVILLB.
Ce doit elfe, d'après cela, Deux receveurs, dont l'un arrive , Et dont l'autre s'en va.
DBSTAILLIS.
Du tout; 11 y en a au moins un qui est votre oncle.
VARINVILLB.
On entendrait déjà la voiture.
DESTAILLIS.
Non pas : elle a dû rester au bas de hi montagne qui domine la ville ; c'est un avantage de mon château... 11 est tellement bien situé, que rien ne peut y arriver, pas même les voitures; c'est une position militaire bien agréable.
VARINVILLB , à part.
En temps de paix I
DESTAILLIS.
Vous entendez bien que je m'y connais, un ancien mousquetafre.
OSCAR
n faut aller au-devant de lui.
CORINNE
Lui offrir le bras.
VARINVILLE.
Je vous répète que vous vous êtes trompé, et qu'il est impossible. ..
DESTAILLIS.
Comment ? impossible ! vous pouvez d'ici apercevoir au bas de la montagne... (Regardant.) C'est singulier, je ne vois plus sa voiture, ni aucune autre.
CORINNE
Les oncles ont toujours la vue basse ; vous surtout.
Oui ; mais j'ai là ma longue«vue , une longuevue anglaise.
CORINNE
Qui pourrait bien vous tromper ; elles sont sujettes à caution.
DESTAILLIS.
Du tout, du tout, attendez seulement que je sois à mon pomt; ip*y voici.
CORINNE
Cela me rappelle mon mari , qui , depuis qu'il n'était plus chambellan, se mettait tous les matins à sa fenêtre pour voir arriver une préfectuie.
DESTAILLIS,
Je ne vois rien.
CORINNE
C'est justement ce qu'il me disait... Attendez, attendez que j'aille à votre aide.
VARINVILLB,
kiK: Le briquet frappe /a pierre.
D'après un usage antique.
Toujours ritins lesdénoùmenls.
11 noas tombait des ptrents Du ciel oa de l'Amérique...
Que n'en vieniril aujourd'hai ?
DE8TA1LLIS.
J'en crois voir un , Dieu merci ; Mais si loin, si loin d'ici...
OSCAB.
Il tarde bien à paraître.
TABINVILLB.
N'en soyez pas étonnes ;
(A pan.) Ceux que le ciel m'a donnés.
Quand j'y pense, doivent être Des parents bien éloignés.
DESTAILLIS.
Il approche, il approche, et ce doit être lui, quoique cette fois*ci ce ne soit point un landau, coaI^<i^£• Qu'est-ce donc?
DESTAILLIS.
Voyez vous-même,
( PeodaDt qu'ils sont tous i regarder à la fenêtre, Saint- Yves, qui a pris un costumed'onde, sort furtivement du cabinet et se glisse en dehors par la porte du fond.)
GOBINNE.
Oui , c'est une briska , ou plutôt une berline... Ah ! mon Dieu I je vois les maîtres sur le siège, et des chiens dans la voiture.
Ce sont des Anglais.
COBUVNE.
C'est juste ; ils n'en font jamais d'autres; trois bouledogues la tête à la portière.
SAI2HT-YVES, en dehors.
Hum I hum !