SCÈNE XII
Les Précédents ; CO VERLY , entrant par le fond , à
gauche.
COVERLT, réfléchissant aussi.
Une place de capitaine , une gratiflcation ; et pour commencer, un billet de cent livres sterling ; je l'ai vu, il est là. Je ne tiens pas plus à celle-là qu'à une autre , mais les autres promettent , et celle-là paie d'avance ; principes qui cadrent avec les miens, et quand on s'entend sur un principe » c'est tout.
SUNDERLAND, I paru
C'est cet infâme Coverly !
MISS RÉGINALD, à part.
Cet enragé patriote !
COVERLY.
Eh bien! mes voisins, me voici prêt à partir avec notre prisonnière, comme nous en sommes convenus. Où est-elle ?
SUNDERLAND et MISS RÉGINALD.
Ociel!
COVERLY.
Mais dépéchons; car je suis pressé, et je n'ai pas de temps à perdre.
MISS RÉGINALD, bas à son frère.
Ne la laissez pas partir avec cet homme féroce.
SUNDERLAND
C'est bien mon intention.
COVERLY.
Eh bien ! corbleu ! qu'avez-vous à vous consulter? est-ce que vous hésitez? est-ce que vous reculeriez, par hasard ? si je le savais !•••
SUNDERLAND
Au contraire , je suis décidé ! et plus que jamais invariable dans mon opinion ; seulement j'ai changé d'idée.
COVERLY et MISS RÉGINALD.
Commentera?
C'est une entreprise trop périlleuse et trop importante pour que je ne m'en charge pas moimême. Je conduirai miss Arabelle , et je supporterai seul les dangers.
COVERLY.
C'est-à-dire qu'on se défie de moi!... du capitaine Coverly!... J'en suis fâché, corbleu!... mais c'était une affaire convenue, décidée; et quand je devrais être pendu, je me suis arrangé pour cela, j'y compte; et par ma bonne épée! c'est moi qui emmène la prisonnière.
SUNDERLAND
Du tout, c'est moi.
COVERLY.
C'est ce que nous verrons.
SUNDERLAND
C'est moi qui sois le maître.
BIISS RÉGINALD , pa»«Dt entre eux deux.
£h1 Messieurs, pour vous mettre d'accord, n'est-il pas plus convenable que ce soit moi , une femme , qui parte avec elle ? Un domestique armé nous suivra ; deux femmes qui voyagent excitent moins de soupçons; et puis les mœurs, la décence...
COVERLY.
Est-ce que j'y tiens?
MISS RÉGINALD
Il n'y tient pas!
SUNDERLAND
Eh ! ma sœur, il s'agit bien de mœurs dans une conspiration ! Il s'agit que c'est à moi de commander, car c'est moi qui paie.
Am de Cendrillon.
Oui : du complot je suis le chef réel. Par mon argent; sinon je le relire.
COVERLT.
Ça m'est égal... moi , gratis je conspire.
HISS RÉGIISALD.
Ne prendre rien , ce n'est pas naturel.
SUNDERLAND
Lui qui vendait ses services si cher!
COVERLY.
Pour conspirer rien ne m'elTraie.
Pour conspirer j'irais jusqu'en enrer.
SUNDERLAND , à part, II faut donc que l'enfer le paie!
ENSEMBLE
Cest moi , c'est moi , j'en atteste le ciel , Qui dois ici l'enlever pour mon compte; Je l'ai juré , je le veux , et j'y compte , Ou pour moi c'est un alTront personnel.
Silence I c'est mon neveu ! qu'il ne puisse soupçonner que le désordre est dans nos rangs.