‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 326 sur 756 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

Les Précédents, UN VALET.

LE VALET , tenant un papier.

Monseigneur, le notaire du cardinal Cagliari vous rapporte le contrat. Il dit qu'on a passé par tout ce que vous vouliez , et qu'il n'y manque plus que votre signature et celle du prince.

LE CARDINAL, prenant le contrat qu*tl froisse avec colère.

Voilà pour m'achever... Moi qui espérais que cela traînerait en longueur... et l'autre qui ne veut pas : tout se réunit contre moi.

GERTRrDE.

Monseigneur en fera une maladie.

LE CARDINAL

Ça m'est égal... je le dôî>hérllerai. ^îais en al-

tendant, je me vengerai sur quelqu\m. {Mooirtnt Guimbardioi. ) Gelui-là Sera pendu. Qu^on avertisse le barigel.

GIANETTA , panant auprès du cardinal.

Arrêtez, Monseigneur.... Vous ne savez pas tout encore.

LE CARDINAL

Quelque nouveau méfait dont il s*est rendu coupable ?

GIAWETTA.

Justement.

GUIMBARDINI , à part.

0 vengeance d'une femme !

LE CARDINAL

Parle vite.

GIANETTA

Je le voudrais aussi... mais je ne puis vous en faire Taveu, que si vous m'accordez une grâce.

LE CARDINAL , arec colère.

La sienne, peut-êire?

GIANETTA

Du tout... ceUe d'un autre.

LE CARDINAL

Celle de personne. Je suis trop encolère.... on n'obtiendra rien de moi.

GIANKTTA.

Pas même si je décidais votre neveu à vous obéir, à signer ce contrat ?

LE CARDINAL

Ce contrat ! ah! si tu y parvenais, Gianino... tout ce que tu voudras... tout ce que tu exigeras, je te l'accorde d'avance.

GIANETTA

Donnez-moi ce papier.

LE CARDINAL , lui donnant k contrat.

Gomment t'y prendras-tu?

GIANETTA

Cela me regarde.

GUIMRARDINI , & part.

Ah ! mon Dieu! j'ai bien peur que cela ne me regarde aussi.

GIANETTA

Aift ; Enfin c'est à mon tour (du Philtre). Reposez-vous sur moi.

Car j'enlends le prince qui s'avance; Il va céder... oui, je le croi , Mais qu'on le laisse seul avec moi.

GUIMBARDINI.

Seuls! ah! je me meurs d'effroi.

GERTRUDE , basa Gianetta.

Hc peul-il ?

GIANETTA , bas.

Comptez sur ma prudence.

LE CARDINAL

Laissons-les... venez, suivez-moi.

GDIMBARDINI, tout troublé.

Mais un moment, ah! quel supplice !

Pauvre Orphée I où le pendre, héUs.'

Comment sauver Ion Eurjdice?

Ma chère, ne plaisantons pas.

LE CARDINAL , à son neveu qui paraît, et lui mooUant Giaoetta.

Ingrat, puisque ton cœur hésite, Je te laisse , reste avec lui , Suis ses conseils, suis-les bien vite.

Ou ne reparais plus ici.

LE PRINCE, étonoé.

Mais quel trouble en leurs yeux!

Qu'on i-ils donc , et quel est ce mystère?

Puisqu'il le faut, seuls dans ces lieux.

J'y consens, demeurons tous les deux.

(Regardant son onde.)

Mais je lis dans ses yeux.

C'est en vain qu'en ce jour il espère De mon cœur apaiser les feux.

GIANETTA, i part.

Cachons à tous les yeux Mon projet , et ce que j'en espère; Oui, d'un époux trés-soupçonneox Je saurai punir les torts alTreux.

Cachons à tous les yeux Mon projet, et ce que j'en espère ;

( Regardant le prince, avec un soupir.) Que lui , du moins, il soit heureux !

GDIMBARDINI, bor» de loi.

Laissez-moi donc... fatal mystère l Vous espérez que sous mes ^ eux...

Morbleu ! j'étoufTc de colère, £tne veux plus quitter ces lieux.

LE CARDINAL et GERTRXJDE, à part Je n'entends rien à ce mystère ; Mais un espoir brille à mes ^eux...

Ne disons rien, laissons- j .^ I faire,

Et sur-le-champ quittons ces lieux.

(Le cardinal et Gerlrude sorteut, et entraînent Guinbtr. dini, qui r^iste. )

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