‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 341 sur 756 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

DORSINI, FRÉDÉRIC.

DOnSIM, se irvaol.

A nous deux maintenant, Monsieur.

FnÊuÉuic.

C'est d'abord une Icltro de chantre do mille

écus , et puis une lettre de crédit que Ton m*a remise pour vous.

( u u lui donne. ) (Dorsini remet la lettre de change au domesliquc, qui entre dans le cabinet. ) DORSIM, regardant la lettre.

La maison Bartolomeo de Naples... fort bien. De quelle somme auriez-vous besoin ?

FRÉDÉRIC

D'une vingtaine de mille francs , pour aller gaillardement d'ici à Milan , et pour y faire un peu figure , car je suis comme vous, je vais me marier. DoasiNi.

En vérité ?

FRÉDÉRIC

C'est un bel état que celui de prétendu I il est si doux de se dire : « Je vais me marier ! »

DORSINI.

C'est comme si on Tétait.

( Le domestique entre portant trois rouleaux d*or qu^il dépose

sur la table , et sort. )

FRÉDÉRIC

C'est mieux encore ; parce qu'on ne Test pas ; et qu'on a l'espoir , la crainte... vous devez connaîue cela.

DORSIM.

Parfaitement.

FRÉDÉRIC

I^!ai3 il y a aussi des inconvénients; il faut être sa'::c , il faut veillor sur soi , s'observer. Vous devez avoir de la peine à Florence ; car la ville me paraît fort agréable , et les femmes churmantes.

DORSINI.

Oui, Monsieur.

FRÉDÉRIC

Je ne pins guère en juger , puisque je ne suis arrivé que d'hier; mais avant même d'entrer dans la ville , et comme si la Providence m'eût attendu pour cela , j'ai été le héros d'une aventure délicieuse.

DORSIM.

C'est fort heureux.

FRÉDÉRIC

N'ost-il pas vrai ?

DORSIM , lui pr^entant les rouleaux.

Voici votre argent.

FUÉDÉRIC , le prenant et continuant* parler.

Imaginez- vous que sur la route, et au bord de l'Arno , je vois venir à moi une voiture élégante, qui avait l'air de sortir de la ville , et qui était lancée comme une flèche ; k»s chevaux furieux avaient pris le mors aux dénis, le cocher avait perdu la tétc , et ses guides traînaient h terre ; je les saisis avec tant de bonheur et tant de force , que j'arrête l'équipage, juste au bord du fleuve.

DonsiM.

II était temps.

FnÉDÉRlC.

Je m'élance à la portière , je vois une femme charmante ! je crie au cocher : A l'hôtel ; et nous arrivons à une habitation délicieuse, où mon inconnue, qui était revenue à elle, me reçoit avec une grâce , un charme , et surtout une reconnaissance... Vrai, Monsieur, quoique Français, je n'y mets point d'esprit national ; et j'avoue qu'il n'y a rien de comparable à vos compatriotes.

DORSINI.

Et la fin de l'aventure ?

FRÉDÉRIC

Âh ! Monsieur, vpus m'en demandez trop.

PREMIER COUPLET

Air : Comme il m'aimait.

Je suis discret. {bis,) N'insistez pas, je vous conjure; La belle... mais c'esi un secret, M'oiïht des glaces, un sorbet.

DOUSIfil.

Un sorbet!...

FRÉDÊmC.

Voilà, je le jure.

Comment a fini l'aventure.

Jo suis discret. ( 4 foig. )

DECXIÊMB COUPLET.

Je suis discret. ( bis. ) Mats je ne pourrai, sur mon âme.

Sans me rappeler cette dame.

Prendre ni glace, ni sorbet:

Vous êtes curieux , Je gage...

Mais je n'en dis pas davantage.

Je suis discret. ( bis, )

DORSINI.

11 y parait. ( bis. )

DOnSIM.

Vous ne comptez pas votre or ?

FRÉDÉRIC

Avec vous , Inutile. Trois rouleaux de mille franc»., c'est le compte.

DORSINI.

Gomme vous voudrez. Je vais maintenant à ma caisse chercher vos vingt mille francs. ( il vaà boo

cabinet S'arrôtant au moment d'j entrer. ) A moius que

VOUS n'aimiez mieux attendre , et rester ce soir à mon bal.

FRÉDÉRIC

Imj[M)S8ible : des affaires... un rendez- vous.

DORSINI.

Je comprends , on vous a promis un second sorbet.

FRÉDÉRIC

Je ne dis pas cela.

DORSINI.

Sans doute, vous êtes discret, comme vous le disiez tout à l'heure, et vous faites bien, car on n'est pas ici comme en France. Je suh à vous ,

et je reviens, (a part, eo sVn aiiaou } Allons, il est un peu rat, et c'est dommage; car, sans cela, il serait fort aimable.

( 11 rentre dans aoa cabinet. )

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