SCÈNE IX
SGRIMAZZI, FRÉDÉRIC, DORSINI.
DORSINI, tortant de son cabinet, et tenant une lettre i la main.
(a Frédi^ric.)
Mille pardons. Monsieur, de vous avoir fait attendre.
FRÉDÉRIC
11 n'y a pas de mal , j'ai fait ici des connaissances originales... et puis j'étais avec un amL
DORSINI.
Ah! c'est VOUS, Sgrimazzi!
SGRIMAZZI.
Oui, Signor... et je suis chargé de vous prévenir qu'il y a là , au salon , deux dames qui vous aiteucîcut.
DORSINI.
Laura et sa sœur ; moi qui venais de' lear écrire... (a Frédéric) Pardon, Monsieur.
FRÉDÉRIC
Gomment donc! ne vous gênez pas, à la veille d*un mariage, votre prétendue, peut-être...
(il va auprès de la table à droite.) DORSINI.
Précisément.
SGRIHAm.
Votre prétendue! moi qui ne la connaissais pas, et cette fête qu'elle fti'a commandée pour demain.
DORSIM.
Qui donc?
Pardon : c'est une surprise , je ne devais pas vous en parler; mais l'indiscrétion... (nontraniFrè-
déric qui est à sa droite. ] Cela SC gagne. DORSIM.
Veuillez bien lui porter cette lettre, que j'allais lui envoyer; et dites-lui que je vais la rejoindre, dès que j'aurai terminé avec Monsiemr.
FRÉDÉRIC
Nullement , vous irez sur - le - champ ; je reviendrai..»
LA VENGEAr^CE ITALIENNE.
DORSINI.
Non, Monsieur, les affaires avant tout, et puisque nous sommes sm* ce chapitre, voici, mon cher :^mazzi , vos honoraires ponr l'improvisation de ce soir , une cinquantaine de ducats.
SGRIMAZZI.
Trop gfénéreux patron I
DonsiM.
Cest un bon sur notre voisin, M. Derville , que vous devez connaître.
Le payeur de la 32* demi-brigade ! Je crois bien , il est toujours chez nous.
FRÉDÉRIC
Un camarade à moi , un bon enfant que j'ai revu aujourdliui avec un grand plaisir. Il paraît que ce gaillard là s'en donne à Florence , et que rien ne lui résiste...
( Uo domestique entra et remet des papier» i Dorsini , qoira •^asseoir k ia table pour les lire. )
Bonsiisi.
Vraiment ?
FRÉDÉRIC
J'avais été chez lui hier en arrivant ; mais il était à la promenade avec sa maîtresse.
SGRIIUAZZI , avec iaquielude.
Gomment cela ?
FRÉDÉRIC
Comment? comment? comme on se promène.
11 m'en a parlé ce matin , sans inc la nommer , parce que c'est la discrétion même; mais il parait que c'est une petite brune charmante.
SGRIMAZZI.
Une brune! et il se promenait hier avec elle ?
FRÉDÉRIC
Sans doute.
SGRIMAZZI.
Ah ! mon Dieu t savez - vous si elle avait un chapeau avec des roses pompons?
Je lui demanderai, et je vous le dirai.
SGRIMAZZI.
Vous me ferez plaisir, (sen aiuot. ) Hier , avec elle, à la promenade... moi qui les ai rencontrés !... Si c'éuit .. Diable déjeune homme , avec ses histoires !... je ne pourrai trouver un seul vers à présent.
( U sort. )