JULIA, FRÉDÉRIC
iVLlk , paraifliant à la porte.
Silence.
FBÊDÉRIC.
Vous, Julia, dans ces lieux!
JULIA, s'avaoçant.
Je viens vous sauver.
FRÉDÉBIC.
j;fcl-ii possible î... Je; i,dM\h Im) qiiolos fommrs IIP pnuvairnl pas tonics nj*a!:i:;<loni.('r.
JULIA
Vous êtes ici dans un château qui appartient à ma sœur.
FRÉDÉniC.
Oui , je sais qu'elle a eu la bonté de m'y recevoir.
JDLIA.
J'ai tout appris par elle ; les soupçons , la colère de Dorsini , son mariage rompu ; et tout cela par votre faute, par votre indigne conduite.
FRÉDÉRIC
Ah ! daignez m'écouter !
JULIA
Dès ce moment mon parti a été pris, et j'ai renoncé à vous.
FRÉDÉRIC
Julia!
JULIA
Oui , Monsieur : rien ne me fera changer de résolution ; je vous rends vos serments , je ne veux plus vous revoir ; mais j'ai voulu du moins veiller sur vos jours.
FRÉDÉRIC, avec joie.
Est-il possible !
JULIA
Quand j'ai entendu entrer dans la cour du château cette voiture si exactement fermée, quand j'ai vu surtout la figure sinistre des gens qui l'accompagnaient, j'ai conçu un horrible soupçon, un soupçon que maintenant encore j'ai peine à prendre pour une réalité ; et j'ai tremblé...
FRÉDÉRIC , TivemenU
Pour moi !••• ah ! que je suis heureux t
JULIA, se reprenant.
Une femme a peur de tout, un rien l'effraie.
FRÉDÉRIC
Pas toutes.
JULIA
J'aurais tremblé de même pour les jours d'un indifférent, d'un étranger; j'aurais fait tout au monde pour le sauver.
FRÉDÉRIC
Et comment avez-vous osé l'entreprendre?
JULIA
Un moyen bien simple, bien facile; un de ces braves qui vous ont enlevé était là , de garde , à la porte de cette chambre... c'est , je crois, celui qui commande aux trois autres.
FRÉDÉRIC
Ah ! ils ne sont que quatre I... Par saint Bonaparte ! si j'avais seulement là une bonne épée I...
JULIA
Il ne s'agit pas de cela , Monsieur; ces gens-là n'ont contre vous ni haine ni colère; ils ne vous on voulent pas plus qu'à un autre : on leur a îonnr' vlnG:t-rinq (Incals...
FRÉDÊBIG, d*UD air piqué.
Vingt-cinq!... rien que cela ?... on chef d'escadron!
JOLIA.
En leur ofiy*ant le double... mes chaînes» mes bijoux, mes parures de demoiselle...
FRÉDÉRIC
Et TOUS croyez que je souffrirai...
JULIl.
Eh ! Monsieur, il s'agit bien de cela !•••
FRÉDÉRIC
C'est de Targent mal placé; vrai , je ne le mérite pas.
JULIA , vivement.
C'est possible... mais qu'importe !••• dansquelques minutes ils vont venir, ils vous emmèneront; mais , au lieu de suivre leurs instructions, ils vous rendront à la liberté, et alors, fuyez, quittez ces lieux, et oubliez-moi.
FRÉDÉRIC
Maintenant, moins que jamais! et je ne sais comment vous remercier de tant de générosité.
JULIA
Profitez-en.
Impossible.
JULIA
Et pourquoi ?
FRÉDÉRIC
C'est que , la mort qui me menace fût-elle encore plus prochaine et plus terrible, je ne quitterai pas ces lieux, si vous ne me pardonnez, si vous ne me permettez de vous aimer toujours, de vous revoir.
JULIA
Jamais.
FRÉDÉRIC , d'un ton décidé.
Alors, je reste; et ce n'est pas votre sœur, c'est vous qui serez cause de ma mort ! Toute la famille y aura contribué.
JULIA
Monsieur... au nom du ciel !... par grâce!...
FRÉDÉRIC
Ma grâce !... c'est moi qui l'implore, et vous qui la refusez; si vous m'aimez, je pars.
JULIA
Ah! mon Dieu!... eh bien! Monsieur... eh bien!.... partez; mais c'est pour vous sauver la vie.
FRÉDÉRIC
Elle m'est chère maintenant
Mais à condition que vous tâcherez de vous corriger de votre amour-propre, de votre indiscrétion, de votre... légèreté.
FRÉDÉRIC
Cette fois-là est la seule ; et je ne sais pas comment cela s'est fait!... Mais pour ce qui est de la fidélité , de la constance, je peux hardiment vous attester...
JULIA
Taisez-vous ; l'on vient : c'est votre guide etses gens.