‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 380 sur 756 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

Les Précédents, DE PRESLE.

MADAME DE TftBNBUlL.

Venez , venez , Moosieor « nous connaissons vos projets.

ANTÉNOR

on les connaît.

DE PRBSLE.

Ce n'est pas difficile » Madame ; je de les cêd^ à personne.

MADAME DB TBBNBUIL.

Ne cherchez pas de détours. Vous remportez, Monsieur , je dois m'avouer vaincue ; j'avais protnis à mon père d'assurer l'atenir de sa seconde fille, de todt sacrifie!* pour elle, jusqu'aok promesses qui m'étaient les plus chères « jusqu'à mon propre bonheur; grâce à foosi il ne me reste plus que ce moyen-là de tenir ma parole ! eh bien ! puisqu'on m'y force; puisque, pour l'arracher à la séiduction , )e dois m'immoler moi-même , je me rappelle ce que Vous m'avez dit tout à l'heure : voilà ma main.

( Elle la lui préKiile. ) DE t>RBSLE.

Je ne l'accepté pas. Madame.

Madame de treneuil.

Qoittméttt?

ANTÉNOR

Etteorecela?

DELPHINE, à part.

Ah ! mon Dieu I à force de féhidre de l'amour pour moi, est-ce que ça serait devenu vrai? Pauvre Anténor !

MADAME DE TRENEUIL « $b retneUint à peioe de toa

Quoil Monsieur*». (Avec ôèpn\ m refus! après tant d'histances? Ainsi < vous tn'avez trompée, moi... noMS tous Lu et dans quoi but?

ANTÉNOR

Le ptaisûr de fàhre de fai peifi€«ii H n'en a pas d'autre.

MADAME DB TBBNBUIL.

Répondez donc, Monsieur.

DE PABSLE.

Et que vous diraî-je , quand je me vois si mal jugé par vous? Pouviez -vous croire que je voudrais d'une main que le cœur ne suivrait pas... que je me contenterais de ne lire dans vos yeux que la haine en échange de ma tendresse; d'enchaîner à mon sort une victime au lieu d'une amie; de savoir enfin que je vous ai vouée pour jamais au malheur ?... (riTemeoL) Oh I vous venez de le dire , et par là vous avez presque fait en un moment ce que n'avaient pu faire ni le temps, ni la séparation, ni la perte

LE CUAPEKON.

de toute espérance. Ah ! si je vons avais obtenue de vous-même, si mon amour pour vous avait triomphé d'un vain scrupule, d'un serment nul aux yeux de Dieu et des hommes ; ri un seul mot échappé du cœur, un geste, un regard, m*ivait appris que je ne vous suis pas indifférent; ahl Julie 1 c'est alors qu'à Tivresse , au délire de ma ioie, vous auriez connu tout votre empire. Tantôt Berne, en venant à vous, à quelles illusioni je me livrais ! Ce bouquet, ce gage que j'ai payé de mon sang... je me disais: Qu'elle ne le voie pas, qu'elle ignore tout; et si mes vœux sont exaucés, le jour de notre union , comme je jouirai de sa surprise, en lui offrant cette preuve de mon dévouement, cet emblème plus beau, plus digne d'elle que tous les bouquets de mariée. Ce jour-là, elle le portera pour moi, et ensuite il ne ne quittera plus. Vain espoir! maintenant je vous le rends; reprenez-le, il ne peut plus f ester sur mon sein : car, pour l'y placer encore , il faudrait l'afoir reçu des mains de l'amour; tenez. Madame....

(Il le loi présente.) MAdAHI DE TREREtlL, tprès afoir hésité «a iittlut.

Ahigardei-le!

DE PRESLE, tombant à set pieds.

Qu^eutends-je?

DELFfliNfe.

Ma sœur!

AIlTÊnOB, passant auprès de Delphine et à sa gauche.

Ah ! c'est bien fait , Mademoiselle , vous atissi , 00 vous trahit!... ça vous apprendra.

DELPHINE, sautant de joie.

Que je suis contente!... mon petit Anténor^ vous voilà agent de change ; voilà votre fortune laite. Remerciez votre beau-frère; car il l'est .é ce n'est pas sans peine,..

ANTÉNOB.

Plaît-il? Qu'est-ce qu'il lui prend? Oh! mon Dieu ! il l'a tant séduite , que de désespoir elle en perd la raison.

DELPHINE

Du tout , ni la raison, ni mon amitié pour vous, car je n'ai pas changé un seul instant.

ANTÉNOR

Qu'entends-je? quoi ! de Presle !... Ah ! je devine , et à présent je crois aux amis , aux femmes, atout.

IIADAUE DE TRENEUIL, à Delphine.

Tu étais donc du complot?

Dame! vous deviez faire mon mariage; ch bien ! c'est moi qui fais le vôtre.

(On entend la musique.) DELPHINE, à Anténor.

La musique; vite, vite, Anténor, et vos gants!

MADAME DE TRENEUIL.

Air de to Galope, D'un premier mariage Oubliant les tourments , D« nouveau je m'engage.

Malgré tous mes serments ; J'attends votre suffrage; Ah! qu'au gré de mes vœux , Mon second mariage , Grâce à vous , soit heureux !

ENSEMBLE

MADAME DE TRENEUIL.

J'attends votre suffrage t Ab! qu'au gré de mes vœux.

Mon second mariage , Grâce À vous , soit heureux !

DELPHINE et LES AUTRES.

Ah ! par votre suffrage , Puisse, au gré de ses vœax^ Son second mariage Avoir un tort heureux!

LE SAVANT

mmuxÉn

Représentée pour la première foû, à Paris, sur le théâtre da Gymnase dramatique,

le 22 février 1832.

En société avec M. Monvel.

yertfonnagtf.

M. DE WURTZBOURG, conseiller antique.

Madame de WURTZBOURG.

HÉLÈNE, leur nièce.

REYNOLDS

Le docteur SCHULTZ.

Frédéric STOP, sous-lieutenant au régiment

de Tarchiduc Charles.

HANTZ, serviteur de Reynolds.

Itti foène ae paas« en AUenuigne i an premier «ete , dans la chambre de flkejBaldi ; au denxièmQ acte , à la maison de campagne de K. de ^T'nrtsboiirg.

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