‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 389 sur 756 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

REYNOLDS , HANTZ , pair FRÉDÉRIC.

BETNOLDS.

Qu'est-ce que c'est ? qu'est-ce que tu veux ?

HANTZ

C'est un jeune homme, un militaire, qui demande à TOUS parler.

BEYNOLDSy avec homeur.

Un militaire ! je ne peux pas , je n*y suis pas ; je travaille.

HANTZ

Mais, Monsieur... il est là, le voici.

(Frédéric entre. ) REYNOLDS.

Qui donc ?

Ce jeune homme.

FRÉDÉaiC , à Beynoldi.

Monsieur, J'ai bien l'honneur de vous saluer.

BEYNOLDS, tant le déranger.

Monsieur, je voudrais l'avoir pareillement, mais dans ce moment je suis occupé; je commence un chapitre , si vous voulez attendre qu*il soit flni...

FRÉDÉBIC.

Ce n'est pas la peine, ne vous gênez pas, je ne tiens pas à vous parler.

HANTZ , lui offrant une chaise.

Alors, et si vous ne venez que pour le regarder, c'est plus facile.

FRÉDÉRIC

Qu'est-ce qu'il dit celui-là?

HANTZ

Dame ! monsieur est assez curieux pour cela , et si vous le connaissez...

FRÉDÉBIC.

Du tout

HANTZ

Vous venez donc pour faire sa connaissance ?

FBÉDÉRIC.

En aucune façon; je ne viens pas pour loi, mais pour son appartement, qui est à louer pour quinze florins par mois , car j'ai vu écriteau.

HANTZ

A louer! notre appartement est à louer! est-il possible. Monsieur?

REYNOLDS, toujoun à travailler.

Hein ! qu'est-ce que c'est?

HANTZ , lai criant aux oreilles.

Monsieur dit que notre appartement est à louer.

REYNOLDS

Est-ce que je sais? qu'il s'informe au docteur, c'est lui que cela regarde ; tout ce que je demande à monsieur, c'est de me laisser finir mon chapitre.

FRÉDÉRIC , parlant à Beyoolda, qui écrit toajonn.

Volontiers, Monsieur; car je vous avouerai franchement que je n'ai jamais rien compris à la science, quoique j'eusse un père qui en vendait; c'est pour cela que je me suis fait militaire, carrière dans laquelle j'ose dire que j'ai eo quelque succès, non pas à la guerre, nous n'en avons pas eu depuis 1816 , mais dans toutes les garnisons où a séjourné le régiment de l'archiduc Charles, cité pour la précision de la manœuvre et la rapidité des conquêtes. Il faut vous dire aussi que j'ai adopté un nouveau système, qui change toute la tactique... autrefois on faisait la cour aux jeunes personnes !... moi je m'adresse aux tantes, aux mères, aux aïeules, et autres ascendants maternels.

Air : L'amour qu'Edmond a su me taire. Aux grand'-mamans, par un trait de génie, Je fait d'abord ma déclaration ; Cela, cbex nous, se nomme en stratégie. L'art de tourner une position...

Car pour réduire une place, je pense Qu'un des moyens les plus sensés , Cest d'attaquer les endroits sans défense , Qui dés longtemps ne sont plus menacés.

Ce qui, jusqu'ici, m'a parfaitement réussi ; je suis à la veille d'épouser une riche héritière, grâce à la tante qui me protège , et comme il y a encore de grands parents à elle qui habitent cette maison , j'ai vu avec plaisir un appartement

vacant , (ploa prêt de Bejnddt, et parlant plut kavt)

parce que le voisinage... le rapprochement... vous comprenez ?...

REYNOLDS

Ah ! que diable , Monsieur, je n'ai pas encore fini mon chapitre , et vous êtes là à me déranger.

FRÉDÉRIC

En aucune façon ; on est seulement bien aise , quand on veutsous-louer, de dire qui on est

HANTZ

Eh bien ! vous pouvez recommencer, car il n'a pas entendu un mot.

LE SAVANT

FBÉDÉBIC.

Laisse donc , nous nous entendons à merveille. (a Reynoidb.) Etsl, au lleu de quinze florins par mois , monsieur veut me laisser Tappartement ponr dix... (appajant) dix florins.

REYNOLDS , à Hanti , qui cal auprès de lui , à ta gauche.

Qu'est-ce qull dit?

HANTZ et FRÉDÉBIC , criant enaemble.

Dix florins.

REYNOLDS , fouillant dan» ta poche.

Eh ! si ce n'est que cela... tenez , Monsieur, en voilà vingt-cinq, et faites-moi le plaisir de me laisser tranquille.

FRÉDÉRIC, t'eppuyant fur la table, et jetant par terre un gros Tolume.

Qu'est-ce que c'est?

REYNOLDS, te lerant atec TÎTacité.

Ah! monDieuI monTacitequiestpar terre!...

mon Tacite, et toutes mes annotations !

( n ramane les papien qui étaient dans le litre.) FRÉDÉRIC , étonné.

Air de Turenne, Quoi! lai que rien n'étonnait?... il s'irrite, Parce que j'ai renverflé ses bouquins!...

REYNOLDS

Qu'osex-Tous dire? an bouquin ! mon Tacite ! Tous mes héros... mes empereurs romains!

FRÉDÉRIC, riant.

Ils sont à bas !

REYNOLDS , avec colère.

Sous les coups des Germains.

0 barbarie ! 6 Vandale ! 6 délire !

HANTZ, cherchant à Tapaiaer.

Quoi ! dans la chut' de cet tti-oc<a«o?

. JtBYNOLDS.

11 me semblait assister de nouveau A la chute du bas-empire.

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