‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 401 sur 756 · REYNOLDS, FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

REYNOLDS, FRÉDÉRIC

REYNOLDS, wec embârrat.

Certainement , mon cher ami , je voudrais qtf ii en fût ainsi; mais ça n'est plus possible.

FRÉDÉRIC

Qu'est-ce à dire ?... quand j'ai votre promeasc

RRYNOLDS.

Je ne dis pas non; c'est moi qui ai tort... fai agi comme un fou... comme un étourdi... mais quand j'ai renoncé à ma femme , je ne l'avais pas vue encore, je croyais que c'était une auu^

FRÉDÉRIC

Cela n'y fait rien.

REYNOLDS

Cela feit beaucoup ; 0 y avait erreur en la personne , error in personâ... et tous les jorisconsuites du monde vous diront que cela annulle une promesse... pactum annihilât...

FRÉDÉRIC

Peu m'importe ; quand on s'engage, il faut tout prévoir...

REYNOLDS

Je ne pouvais pas prévoir que je plairais, qa'oo m'aimerait; vous conviendrei vous-même que c'était impossible.

FRÉDÉRIC , «Tcc dépit.

Ah ! l'on vous aime, vous!

REYNOLDS

Oui, mon cher ami; ce n'est pas ma faute, et j'en appelle ici à votre générosité, à votre conscience... vous étesjeune, joli garçon, un beau militaire, vous ne manquerez jamais de femmes qui se prendront de bellç passion pour vous, tandis que moi , c'est bien difl'érent.

Aia : Vaudeville du Baiter au Porteur.

Peutrétre au monde il n'en est qu'une Qui veuille me donner son cœur ; Laissez-moi mon humble fortune.

Cela vous portera bonheur.

L'amour de vingt autres maltresses Palra cet effort généreux.^ Le ciel, dit-on, augmente nos richesses, Quand nous donnons aux malheureux.

REYNOLDS , avec embarras.

En vérité , mon cher monsieur Stop , vous me voyez confus.

C'est moi qui le suis!... me céder tous vos droits 1 vous engager solennellement à renoncer à la main d'Hélène, et vous occuper même du notaire et du contrat 1

REYNOLDS, avec embarras.

C'est4i-dire, Monsieur,il faut que vous sachiez...

FRÉDÉRIC

Je n'y pouvais croire; mais c'est bien écrit, c'est signé de votre main, et je vais vous devoir mon bonheur.

Ainsi , vous me rendez ma promesse.

FRÉDÉRIC

Non, Monsieur.

REYNOLDS

Je ne ferai plus valoir qu'une seule consitit^i"2tion ; je me marie par ordonnance du médecin : il y va de mon existence , de ma raison.

FRÉDÉRIC

Cela ne me regarde pas, j'ai votre promesse.

REYNOLDS

Eh bien ! Monsieur, je n'aurais jamab osé l ' dire ; mais puisque vous m'y forcez... il faultlonc vous avouer que je suis amoureux... ooi* luoi,

LE SAVANT

amoureux!... j'aime Hélène, et]e ne la céderai ni à vous ni à personne.

FBÉDÉBIG.

r/est ce qui vous trompe ; car vous allez renoncer à sa main , ou vous vous battrez.

R£YNOLDS.

Ni Tun ni l'autre ; je ne renoncerai pas à Hélène , parce que c'est contraire à mon bonheur; f t je ne me battrai pas , parce que c'est contraire à mes principes et à mes habitudes.

FRÉDÉRIC

Ah! vous ne vous battrez pas!... eh bien! attendez-vous à me trouver partout sur vos pas, vous flétrissant du nom de lâche , d*infâme... déclarant que tous vos savants ne sont qu'un tas de poltrons.

REYNOLDS, furieox à sbo tour.

Les savants ! qu'est-ce que vous dites des savants? Mlnsulter, passe, je n'y prendrais pas garde. .. mais s'attaquer à la faculté, à la science !... vuilà un outrage qui passe les bornes, et dont moi-même je vous demanderai raison.

FRÉDÉRIC

Soit, je suis tout prêt; votre arme?

REYNOLDS

Ce que vous voudrez.

Le pistolet

REYNOLDS

Je l'aime autant , U n'y a qu^une gâchette à tirer.

FRÉDÉRIC

A cinq heures , dans l'allée au bord de l'eau.

REYNOLDS

J'y serai.

FRÉDÉRIC

Votre témoin ?

REYNOLDS

Mon médecin.

FRÉDÉRIC

Cest plus prudent.

REYNOLDS

Au revoir.

FRÉDÉRIC

Au revoir.

( n lort.)

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