REYNOLDS, FRÉDÉRIC
REYNOLDS, wec embârrat.
Certainement , mon cher ami , je voudrais qtf ii en fût ainsi; mais ça n'est plus possible.
FRÉDÉRIC
Qu'est-ce à dire ?... quand j'ai votre promeasc
RRYNOLDS.
Je ne dis pas non; c'est moi qui ai tort... fai agi comme un fou... comme un étourdi... mais quand j'ai renoncé à ma femme , je ne l'avais pas vue encore, je croyais que c'était une auu^
FRÉDÉRIC
Cela n'y fait rien.
REYNOLDS
Cela feit beaucoup ; 0 y avait erreur en la personne , error in personâ... et tous les jorisconsuites du monde vous diront que cela annulle une promesse... pactum annihilât...
FRÉDÉRIC
Peu m'importe ; quand on s'engage, il faut tout prévoir...
REYNOLDS
Je ne pouvais pas prévoir que je plairais, qa'oo m'aimerait; vous conviendrei vous-même que c'était impossible.
FRÉDÉRIC , «Tcc dépit.
Ah ! l'on vous aime, vous!
REYNOLDS
Oui, mon cher ami; ce n'est pas ma faute, et j'en appelle ici à votre générosité, à votre conscience... vous étesjeune, joli garçon, un beau militaire, vous ne manquerez jamais de femmes qui se prendront de bellç passion pour vous, tandis que moi , c'est bien difl'érent.
Aia : Vaudeville du Baiter au Porteur.
Peutrétre au monde il n'en est qu'une Qui veuille me donner son cœur ; Laissez-moi mon humble fortune.
Cela vous portera bonheur.
L'amour de vingt autres maltresses Palra cet effort généreux.^ Le ciel, dit-on, augmente nos richesses, Quand nous donnons aux malheureux.
REYNOLDS , avec embarras.
En vérité , mon cher monsieur Stop , vous me voyez confus.
C'est moi qui le suis!... me céder tous vos droits 1 vous engager solennellement à renoncer à la main d'Hélène, et vous occuper même du notaire et du contrat 1
REYNOLDS, avec embarras.
C'est4i-dire, Monsieur,il faut que vous sachiez...
FRÉDÉRIC
Je n'y pouvais croire; mais c'est bien écrit, c'est signé de votre main, et je vais vous devoir mon bonheur.
Ainsi , vous me rendez ma promesse.
FRÉDÉRIC
Non, Monsieur.
REYNOLDS
Je ne ferai plus valoir qu'une seule consitit^i"2tion ; je me marie par ordonnance du médecin : il y va de mon existence , de ma raison.
FRÉDÉRIC
Cela ne me regarde pas, j'ai votre promesse.
REYNOLDS
Eh bien ! Monsieur, je n'aurais jamab osé l ' dire ; mais puisque vous m'y forcez... il faultlonc vous avouer que je suis amoureux... ooi* luoi,
LE SAVANT
amoureux!... j'aime Hélène, et]e ne la céderai ni à vous ni à personne.
FBÉDÉBIG.
r/est ce qui vous trompe ; car vous allez renoncer à sa main , ou vous vous battrez.
R£YNOLDS.
Ni Tun ni l'autre ; je ne renoncerai pas à Hélène , parce que c'est contraire à mon bonheur; f t je ne me battrai pas , parce que c'est contraire à mes principes et à mes habitudes.
FRÉDÉRIC
Ah! vous ne vous battrez pas!... eh bien! attendez-vous à me trouver partout sur vos pas, vous flétrissant du nom de lâche , d*infâme... déclarant que tous vos savants ne sont qu'un tas de poltrons.
REYNOLDS, furieox à sbo tour.
Les savants ! qu'est-ce que vous dites des savants? Mlnsulter, passe, je n'y prendrais pas garde. .. mais s'attaquer à la faculté, à la science !... vuilà un outrage qui passe les bornes, et dont moi-même je vous demanderai raison.
FRÉDÉRIC
Soit, je suis tout prêt; votre arme?
REYNOLDS
Ce que vous voudrez.
Le pistolet
REYNOLDS
Je l'aime autant , U n'y a qu^une gâchette à tirer.
FRÉDÉRIC
A cinq heures , dans l'allée au bord de l'eau.
REYNOLDS
J'y serai.
FRÉDÉRIC
Votre témoin ?
REYNOLDS
Mon médecin.
FRÉDÉRIC
Cest plus prudent.
REYNOLDS
Au revoir.
FRÉDÉRIC
Au revoir.
( n lort.)