‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 403 sur 756 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

HANTZ, REYNOLDS, qui écrit.

HANTZ

Monsieur, j'ai remis vos deux lettres ; celle du Jeune officier, je la lui ai donnée à luinnéme.

REYNOLDS, écriTant toujours.

Je le sais.

HANTZ

Pour madame de Wurtzbourg, elle venait de sortir; mais on a mis le billet sur sa cheminée, et elle va le trouver en rentrant... Vous m'entendez?

REYNOLDS

OuL

HANTZ

jC'est que quand vous êtes à écrire... Tai aussi à tous dire de ne pas oublier qn%n dîne à cinq heures et demie.

REYNOLDS

C'est bon; j'irai auparavant me promener an bord de la rivière.

HANTZ

Cela fera bien , cela vous donnera de l'appétit.. Voilà ce que vous devriez faire plus souvent

REYNOLDS

Va me chercher des pistolets.

HANIZ.

Pour vous promener ?

BBYNOLDS.

Oui.

HANTZ

Et où voulez-vous que j'en trouve ?

OEUVRES COMPLÈtËS DE SCRIBE.

REYNOLDS

Daus ]a galerie de monsieur le conseiller... j'en al vu.

HANTZ

Ah ! oui, des armures antiques... C'est comme objet d'art... Je comprends, quelque dissertation qu'il veut faire,

(Usort.) REYNOLDS, écrivant toujours.

Comme cela ils ne m'oublieront pas... Cachetons ce papier, et laissons-le sur cette table, à l'adresse du conseiller; et s'il m'arrive quelque malheur, ce qui est probable, car ce jeune homme doit être plus habile que moi pour... (il

fait le geste de tirer le pistolet. ) Ah l s'il m'avait défié...

( Il (ait le geste d*écrire. ) en grec OU en latin...

HANTZ , rentrant avec dem énormes pistolets.

Voilàé.é ils sont fameux.

REYNOLDS se lève et prend les pistolets.

Cestbien. (Les regardant.) Millésime de 1638... Cela a servi peut-être au siège de Vienne, ou à la bataille de Nuremberg.

( Il les met dans sa poche. ) HANTBi A part.

Dans ce cas-là, ils n'ont pas été nettoyés depuis* (Haat à Reynolds.) Eh bienl TOUS les mettez dans voti'e poche ?

REYNOLDS

Oui : dès que le docteur rentrera , tu lui diras que j'ai besoin de lui, et que je l'attends à cinq heures, dans l'allée au bord de l'eau, où je vais de ce pas.

HANTZ

Oui, Monsieur; mais vous aurez le temps de l'attendre ; car il n^est encore que quatre heures.

RIYNOLDS.

Tu as raison | qu'est-ce que je ferai d'ici 1^ , à me promenir en long et en large?... Ah ! ja travaillerai à mon grand ouvrage ; il ne faut jamais perdre de temps. Donne-moi ces livres que j'ai vus sur la table... Les trois premiers sont les campagnes de Gustave-Adolphe; et J'aurai besoin de

les consulter. (Hants les lui apporte, et il les met dan*

sa pocbe. ) J'ai VU aussi là-bas les guerres des Hns^^ sites et des Anabaptistes, donne-les-moi; cela me

sera nécessaire. ( HsdU les lui apporte , il en met dans les poches de son habit, et il en lient un de chaque main.)

Ah l et puis j'oubliais ces deux in-foHo, le procès de Jean Hus, devant le concile de Constance; cela m'est indispensable.

hântz.

Et votre Tacite que j'avais là.

REYNOLDS

Donne toujours, ça ne peut jamais nuire.

Am : Amis , toici la riante semaine,.

Jusqu'à la Un il faut qu'on cludie... Pour moi, la llu peut-être n'eit pas loin.

(RéOéchtuant.) Livre chéri , compagnon de ma vie.

Dans ce combat lu seras mon témoin!

J'ai, prés de toi , l'habitude de vivre , Et si le sort vient i trahir mon bras, Jusqu'au tombeau c'est à toi de me suivre : Mon vieil ami , ne nous séparons pas.

(n SOh, tebant des iu-folio eous chaque bras, des livres dans les maint et plein les poches* )

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