LES FEMMES
Voyez que de grâce et de charmes !
Malgré son âge elle a de la fraîcheur; Et Ton rendrait encore les armes A ce regard plein de douceur.
( A la fin du morceau , entrent deux domestiques qui donnent des sièges aux dames et aux messieurs. Tout le monde 8*aasied. )
DESTAILLIS.
Ahl qa'on est heureux de se trouver en famille!
Ah ! oui , en famille , je crois bien y être. Sans cela, je n*oserais me présenter dans un pareil négligé.
DESTAILLIS.
Vous êtes superbe.
SAINT-YVES
Taisez-vous, flatteur.
MADEMOISELLE JUDITH
G*e8t-à-dire que c^est étonnant , et je me félicite maintenant de mon goût, car j'ai un ajustement tout à fait semblable.
SAINT-YVES
Vraiment ! c'est la dernière mode.
MADEMOISELLE JUDITH
La dernière.
SAINT-YVES
Oui , celle que Ton vient de quitter.
MADEMOISELE JUDITH , fâchée.
Eh bien I par exemple*.. Hais ce qui m'étonne
encore plus... ( a varinnUe. ) c'est la ressemblance de madame avec le jeune cousin.
SAINT-YVES
On se ressemble de plus loin ; c'est mon fils.
Le fils du vicomte de Varinvflle?
SAINT-YVES
Non , d'un autre mariage.
MADEMOISELLE JUDITH
Ah I il est de votre premier mari I
SAINT-YVES
Non , Madame, de mon second.
OSCAB.
Le vicomte est donc le troisième ?
s AI NT- YVES , le regardant tendrement.
Oui , Monsieur, il est à Textrémité dans ce moment , ce qui Ta empêché de venir.
TOUS
Ah! mon Dieu!
VABINVILLE, à part.
Pourquoi diable va-t-il leur dire tout cela ?
MADEMOISELLE JUDITH
Je ne conçois pas qu'on puisse se marier trois fois.
SAINT-YVES
C'est ce que je disais la première. Aussi il n'y a que celle-là qui ait eu lieu avec mon agrément; les deux autres , cela n'a été que malgré moi , et par respect humain.
Et comment cela?
SAINT-YVES
Lors de la guerre , voyageant en poste avec ma femme de chambre , nous tombâmes dans un avant-poste ennemi, un pulk de Cosaques.