SCÈNE IX
ËIULE , HECTOR.
HECTOR , le regardant aortiri
Infortuné vieillard ! il éprouve un yialheur auquel je prends la part ki plus vive.
EMILE
Vraiment?
HECTOR
Pour lui , car pour son neveu, il paraît que c'était bien peu de chose.
EMILE
Monsieur !
HECTOR
Vous le connaissiez?
EMILE
Oui, Monsieur.
HECTOR
C'est différent , c'est une grande perte ; mais U parait qu'il ne pouvait pas vivre, et que sa mélan-
UNE MONOHANIE.
coUe teoait à on défaut de oatore , à on vice de conformation qnll n'osait pas avouer ; elle est si biiaiTe,lanatare...
EMILE
Tuez-Tons donc, pour faire parler de von^, et pour en faire parler ainsi !...
HECTOR
Do reste , le pauvre Jeune homme , je lui ai trop d'obligations pour ne pas lui devoir de la reconnaissance.
EMILE, viTemeot.
Vous avez eu quelques relations avec lui ?
HECTOR
Aucunes, mais il vient, sans le savoir, d'assurer mon mariage ; j'ai déjà la promesse de la tante, à qui je viens de parler, et le consentement du père ne peut me manquer.
ÉIULE.
Vous pourriez vous tromper.
HECTOR
Je ne le crois pas.
J'ai cependant idée que la nouvelle de cette mort est au moins prématurée.
HECTOR
C'est impossible , j'ai là des preuves évidentes, matérielles.
EMILE
Voilà qui est fort!
HECTOR
D'abord, tous les Journaux l'annoncent aujourdliuL
EMILE
Ah l mon Dieu 1 je n'y pensais plus.
HECTOR
Ensuite J'ai rencontré ce matin, deux on trois personnes enchantées qui déjà demandent sa place.
EMILE, à part
Voilà les regrets que j'inspire.
HECTOR
Et puis enfin , il avait adressé hier à un de ses amis intimes, tme pièce de vers, intitulée : Mes adieux à la vie; trois ou quatre cents alexandrins , où il déclare qu'il va se tuer sur-le-champ, sans désemparer, et qu'il faut être bien lâche pour hésiter.
EMILE
Et son ami.vous a montré ce dithyrambe ?
Mieux que cela, il est venu ce matin chez moi, pour me le vendre, avec un recueil de ses ceovres.
EMILE
Le vendre ! un ami intime ! JSt de quel droit?
HECTOR
Du droit de succession... onleluiavaltdonné... il en dispose; et c'est remplir les intentions du donateur, qui n'avait composé ces vers que pour jouir d'un triomphe posthume que nous allons lui arranger dans les journaux.
EMILE , à part.
C'est fait de moi!
HECTOR
rai payé cela le billet de mille francs, ce qui n'est pas cher, grâce aux circonstances favorables qu'on peut exploiter... J'ai déjà dans l'idée une vjgneue charmante, des branches de cyprès, puis un saule pleureur, une tombe, entr'ouverte, une jolie tombe !... La couverture du livre sera feuille morte, et on lira dessus : Aux màneê de notre ami.
EMILE
Que VOUS ne connaissez pas.
HECTOR
Qu'est-ce que ça me fait?
Que vous n'avez Jamais ni vu, ni approché.
HECTOR
La mort rapproche tout... Et puisque vous l'avez rencontré quelquefois, si vous voulez me donner une petite note nécrologique... ce que nous appelons jefer des fleurs sur sa tombe.
EMILE
n ne manquerait plus que cela; Monsieur, vous me rendrez ces vers qui lui appartiennent.
HECTOR
Us sont à moi, je les ai payés; et rien ne m'empêchera de les ûnprimer.
ÉMILB.
Si, cependant, il existait encore?
HECTOR
Il ne le peut pas.
Air : Cei postUtom i<mt étuMê matadreitê. Oser le dire est une calomnie.
EMILE
Virre, «prés tout , n'est-il donc plos pennis?
HECTOR
Non pas à lui ; morbleu ! Je Ten défie , El TOUS sériel bientôt de mon avis.
Si vous aviez lu ses derniers écrits.
Pour le suicide à sa verve il s'y livre. Et tous ses vers sont si forts et si vrais , Que je soutiens, Monsieur, qu'on ne peut rivro Après les avoir faits.