‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 448 sur 756 · SCÈNE XX · texte numérisé non relu

SCÈNE XX

Les Précédents, Madame GUGQUOT.

clicquot.

Approchez, madame Glicquot, approchez...

vous allez rire comme moi... Voilà monsieur (montrant subregoodi ) qul prétend que vous avez été en Italie.

MADAME CLICQUOT, troublée, les regardant tous.

Moi, en Italie!

SUBREGONDI.

Yavez-vousété?

NELVILLE , bas à madame Glicquot.

Continuez à dire : oui, et je double la somme.

GLICQUOT.

O ciel! eUe hésite... (Haut.) On vous demande on! ou non... Voilà toute la question.

MADAME GLICQUOT.

Eb mais!... quand cela serait, quel mal y aurait-il à cela?

GLICQUOT.

Aucun; tout le monde a été en Italie... moi, d*abord , moi , qui vous parle ; le premier consul, et tant d'autres... et vous aussi, à ce qu'il parait!

MADAME GLICQUOT, poussée par NelnUe.

Eb bien ! oui.

NELVILLE, bas.

A merveille !

GLICQUOT, kpart.

JTai le frisson... (Haut.) Et vous ne me Tavez Jamais dit?

MADAME GLICQUOT.

A quoi bon?... il y a si longtemps... bien avant notre mariage...

GUGQUOT, tremblant.

Ah ! c'était avant...

SUBREGONDI , bM à ClicquoU

Gela vaut mieux.

GLICQUOT.

Laissez-moi donc tranquille. ( a madame Glicquot )

En quelle année à peu près y avez-vous demeuré ?

NELVILLE , bM à madame Glicquot.

Rappelez-vous mes instructions.

GLICQUOT , arec impatience et colère.

Quelle année?

MADAME GLICQUOT.

Mil huit cent quatorze.

GUGQUOT.

Quelle ville?

MADAME GLICQUOT.

Florence.

GLICQUOT.

Quel endroit?

MADAME GLICQUOT.

Un château, sur TAmo.

CLICQUOT

Sur TArno... et c'est moi, moi-même, moi, Glicquot, qui dans cette nuit mystérieuse et fatale, un bandeau sur les yeux, jouais mon bonheur au colin-maillard ; c'en est trop , et Je ne puis me retenir.

SUBBEGOMDI , le retenant au moment oh il veut se précipiter sur madame Glicquot.

Malheureux ! respecte la mère de ton fib !...

MADAME GLICQUOT.

Son fils!... que dit-il?

( Louise et GaiUardet , qui s^étaient tenus à Técart , se précipitent dans les bras de Glicquot.

LOUISE

Son fils !... Vous avez donc réussi ?

GAILLARDET

Vous êtes donc mon beau-père?... Ah! quel bonheur !

CLICQUOT , se débattant et cherchant à se débarrasser de leurs embrasseraenb.

A l'autre , maintenant. Va-t'en au diable !... tu n'auras pas ma fille !

( On entend un coup de canon. ) GLICQUOT.

Le canon !

SUBREGONDI.

G'est le premier coup pour le départ; je retourne en mon pays , heureux et satisfait de savoir à quoi m'en tenir. ( a ciicquot. ) Je vous avais bien dit que ce mariage ne pouvait pas avoir lieu... Adieu, monsieur NelviUe... (Aux autres.) Adieu, mes amis , pensez à moi.

( Il s'en va et sort parla porte du fond. ) LOUISE, le suivant en pleurant, et le regardant s'éloigner.

Vous qui avez fait notre malheur.

GAILLARDET , de même.

Vous qui, sans qu'on y puisse rien comprendre, empêchez notre mariage.

NELVILLE, qui était remonté aussi, pissant entre Louise et GaUlardet.

Non , mes enfants , non , rassurez-vous ; il n'empêchera rien, vous serez mariés , je vous le promets.

GLICQUOT.

Je ify consentirai jamais; vous savez bien que c'est impossible.

NELVILLE.

Et si ça ne l'était pas? si ta femme était toujours la vertu la plus pure , la plus irréprochable ?

Encore des mystères!... mais pour ce qui est de celui-là...

kik

NELVILLE.

Ce n'est pas dans ce moment qu'on te FeYpliquera... dans quinze jours... (a madame cucquot.) Pas avant, quand je serai loin... Mais en attendant, mes enfants, je prends sur moi votre mariage, je me charge de la responsabilité, et de la dot.

TOUS

Est-il possible!

GLICQUOT , viferoent et se frappant le front.

Je comprends , et j'avais raison. .. ( montrant oaiilardet) c'est décidément à vous qu'il appartient?

NELVILLE.

Non pas.

CLICQUOT

Cest donc au vieux ?

Du tout.

CLICQUOT

A ma femme?

NELTILLB.

Encore moins.

CLICQUOT

Alors ça n'a pas de nom. (On entend on second

ooup de oauon.) Ifais expllques-moL. •

Air : Garde â vous (de ljl Piahcée).

TOUS

Taisez-f ous , Ultex-Yoas !

NELVILLE.

Ici votre opulence Dépend de son silence.

GLICQUOT, passant entre NelvUle et midame CUcqaot. Alors expliquons-nous.

NELVILLE.

Taisez^rous.

MADAME CLICQUOT

Taisez-vous.

LOUISE et GAILLARDET.

Taiiex«voiif.

GLICQUOT.

J'enrage.

MADAME CLICQUOT

Patience.

Mais ta vertu ?

MADAME CLICQUOT

Silence.

CUCQUOT.

Sais-je de ces époux?...

TOUS

Taisez-vous.

LOUISE, MADAME CLICQUOT, NELVILLE, GAIL- LARDET.

( Taisons-nous.

l TafMz-vow.

FalsoDf

Taisez-voua.

Taisez-vous.

TaiMt-voua.

Il faut de la prudence.

Pour leur bonheur à tous.

( Taisons-nous.

Taisez-vous.

(Le canon ae fait entendre de noavew. SelviUe net par In fond , en leur faisant à tous os signe d'aditw. Madame CUcquot et GaUlardet font signe à CUcquqt de se taire , et Louiie loi mat La nuiu aor k boucbe.)

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TOUJOURS

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