SCÈNE VIII
MATHILDE, M&dime DERMILLY, CLARISSE.
sortant de l'appartement à gauche , en robe de bal. CLARISSE , à part, entrant en rêvant.
Il obéissait à sa mère... il renonçait à moi I... heureusement un seul mot a changé toutes ses résolutions; et maintenant, je l'espère, je n'ai
plus rien à craindre... ( Apercevant naadame Dermilly.)
Ahî c'est vous, Madame?
MADAME DERMILLY
Déjà prête, Clarisse!... c'est très-bien.
^ MATDILDE.
Oh ! quelle est jolie !
MADAME DERMILLY, à Clarisse, montrant Mathilde.
C*est ma nièce Mathilde , la flile de la maison...
MATHILDK , passant près de Clarisse.
Presque une sœur ! et je serai bien heureuse si TOUS me reg^ardez comme telle , et si vous voulez bien m'accorder votre amitié.
CLARISSE
Mademoiselle !...
MATHILDE
Oh ! j'en ai grand besoin ; à ce bal surtout , où vous me guiderez... Moi , je ne sais rien ; tout à rheure déjà j'avais mis ce bouquet à ma ceinture ; et sans ma tante qui m'a dit que cela ne se faisait pas...
CLARISSE, avec ironie.
Mademoiselle sort de pension?
MATHILDE
Oh! mon Dieu, ouL..
CLARISSE , de même.
On le voit bien.
MADAME DERMILLY , avec intention.
Ne fût-ce qu'à sa franchise , à sa confiance. (Lt
musique se fait entendre.) Yolci déjà quelqueS pCf-
sonnes qui viennent.
(Elle va dans la salle du fond. La musique continue. On voit passer dans le fond plusieurs cavaliers donnant la main à des dames mises élégamment, qu'ils conduisent dans la salle du bal.)
MATHILDE, à Clarisse.
Je me mettrai à côté de vous , et vous me direz ce qu'il faudra faire pour être bien.
CLARISSE
Moi.je n'ai rien à dire.
MATHILDE
Vous avez raison; je vous regarderai, et je tâcherai d'imiter... si je puis.
CLARISSE
Vous n'en avez pas besoin ; et , sans vous donner de mal, vous êtes sûre de plaire.
MATHILDE , naïvement.
Vous croyez?^..
CLARISSE
Dès que vous serez connae, dès qa*OD aura prononcé votre nom.... « Quelle est cette jeoie pci*sonne?... — Mademoiselle Mathilde de Nanteuil. — Cette riche héritière!...» tons les jemies gens s'empresseront autour de vous, et vous êtes sûre de ne pas manquer une seule contredanse.
MATHILDE
Quoi ! ce serait là le motif?
( Madame Dermilly rentre.) CLARISSE.
Eh! mon Dieu! qu'on soit laide on jolie!... qu'on danse bien ou mal , peu importe ; ce qall faut, pour réussir dans un bal, c'est une dot; et souvent, je l'avoue, ma fierté s'en indigne.
MATHILDE
Serait-ce vrai , ma tante ?
MADAME DERMILLY
Non , mon enfant; et la preuve, c'est que Clarisse, qui te parle, aura beaucoup de succès, et cependant elle n'a rien.
CLARISSE, avec dépit.
Madame!...
MADAME DERMILLY
Votre triomphe n'en est que plus flatteur... Après cela, que tous les danseurs ne soient pas des maris, et que pour épouser ils aient l'indignité d'exiger une dot... je conçois cela...
( Mathilde va regarder dans l'autre aalou.) CLARISSE.
L'argent est une si belle chose!... il donne toutes les qualités...
MADAME DERMILLY
Croyez-vous donc que les Mes sans dot aient, par cela même, toutes les vertus?... et que l'absence d'argent leur donne la bonté, la douceur, l'aménité de caractère ?...
CLARISSE, I part.
Patience... j'aurai mon tour.
( La musique se fait entendre plus tort. Madame Dermillj
sort un instant. )
MATHILDE , regardant dans le salon du fond.
Le bal commence, et mon cousin n'est pas là!...
(Madame Dermilly rentre « ïccompagoée de deux caralien; ruu d'eux invite Clarisse , qu'il coLduit dana la aâlle où l'on daose; l'autre invite Mathilde qui dit à part.) Eh mais!
voilà un monsieur qui vient ro'inviter... (sasi madame Dermilly.) Faut-il accepter, ma tante?
MADAME DERMILLY
Sans doute.
MATHILDE, a'indinant.
Avec plaisir. Monsieur, (a part) Ah! mon Dieu! que cela me fait de peme !... j'espérais que la première contredanse serait avec lui.
( Elle lort âTec le cavalier ^1 V$ inntée, )
TOUJOURS