SCÈNE VIL
Madame DERMILLY, puU MATHILDE.
MADAME DERMILLY, avec émotion, et le regardant sortir.
Il soufire !... il est malheureux!... et c*est moi qui en suis cause!... moi, qui immolerais tout à son bonheur! (Avec fermeté.) Eh bicu! c'est son bonheur que j'assure ; et , quoi qu'il arrive , je n'aurai point de regrets. J'ai fait mon devoir.
MATHILDE, en robe de bal, entrant p%r la droite.
Ma tante, ma tante!... regardez donc
MADAME DERMILLY
Ah ! te voilà , mon enfant!... C'est bien , trèsbien!*.. Que j*ai de plaisir à te contempler!... (a part.) Oui, e n'ai d'espoir qu'en elle.
MATHILDE
Vous avez pensé à tout , jusqu'au bouquet ; est« il bien ainsi?
MADAME DERMILLY, le lui ôtant.
Du tout ; on le porte à la main.
MATHILDE, riant.
C'était donc une grande faute?
MADAME DERMILLY
Sans contredit.
MATHILDE
Dame!... je ne savais pas.
MADAME DERMILLY
Ta coifiure, n'est-elle pas un peu haute ? Non... et ta robe ?... Il y a là des plis que Ton peut faire disparaître,
(Elle arrange la toilette de Matbilde.) MATHILDE.
Que vous êtes bonne, ma tante !••• ce sera toujours bien.
MADAME DERMILLY, à part.
Ah ! si elle savait pour moi de quelle importance... (Haut.) Écoute, mon enfant, fais bien attention à ce que je vais te recommander, et tâche surtout, dans ce bal...
MATHILDE
Quoi, matante?
MADAME DERMILLY, s*arrMant, à part.
Non , non , ne lui donnons point de conseil , laissons-la être eile-mènic , c'est par là qu'elle doit plaire. (Haut à Matbiide.) Tâchc de bien t'amuscr : voilà tout ce que je te demande.
MATHILDE
Oh ! vous serez obéie ; songez donc que c'est la première fois que je vais au bal , au bal pour de vrai ; car chez nous c'est bien dififérent :
Air du vaudeville de Partie et Renanrhe. Même aux grands jours , c'est entre demoiselles
Que l'on danse à la pension ; Point de danseurs, de ligures nouvelles.
Cela nuit à l'illusion :
Madame a beau nous prêter son salon...
Le mailre nous guide en personne , Sur sa pochette... et l'on ne sait vraiment Si pareil bal est un plaisir qu'on donne. Ou bien si c'est la leçon que l'on prend.
Aussi , moi qui n'y suis pas habituée , je m'essayais tout à l'heure devant votre glace , pour le moment où on viendra m'inviter... (s'as^yant et sUncUoaut.) Avec plaisir. Monsieur... à moins que ce ne soit Armand... et alors je lui dirai : Avec plaisir, mon cousin.
MADAME DERMILLY , avec effroi.
Et ta robe que tu chiffonnes !...
MATHILDE , se levant vivement.
C'est vrai I... mais aussi pourquoi n'arrive-t-on pas?... on perd du temps.
MADAME DERMILLY
Tais-toi, l'on vient... (a part.) C'est Clarisse*