SCÈNE XXV
Les Précédents, LIONEL.
LIONEL , avec chaleur.
Arrêtez!... où courez-vous?...
PRETTY
Nous marier; on n*attend que vous pour cela.
LIONEL
Cela ne se peut pas , ces mariages-là ne peuvent avoir lieu ; je ne le soulTrirai pas.
TOUS
Et pourquoi?...
LIONEL
Parce qu'£dgard n*aime pas Indiana.»»
»ea
OEUVRES COMPLÈTES DE SCRlBE.
HISTRISS CABINGTON.
Qu'osez-vous dire?
LIONEL
Il* aime ma sœur, et il en est aimé !•••
EDGARD , coarant A lui avec joie.
Est-il possible?...
CABIILLA , Toulant lui fermer la bouohe.
Mon frère!...
LIONEL
Ah ! je n'ai plus rien h ménager!... l'on saura tout! l'on doit la vérité à sa dernière heure, et je n'ensuis pas loin, ou c'est tout comme. ••
Que dis-tu?
LIONEL
Que ma sœur a reçu du baronnet , non une lettre d'amour, mais une lettre de change , destinée à payer des dettes... cette lettre était pour moi , ces dettes étaient les miennes... Ma sœur vient d'engager sa fortune à M. Dubsler, un usurier... pour qui? pour Lionel! Elle a compromis son patrimoine... pour qui? pour Lionel, qui avait mangé le sien... Et ce n'était pas encore assez... (a cainiiia , qui teut rinierromprc. ) Laisse-mol douc tranquille ; je dirai tout : elle s'est laissé soupçonner, accuser, humilier, pour qui?... toujours pour Lionel, dont elle ne voulait pas faire manquer le mariage... Mais ça ne pouvait pas durer ainsi... Lionel est un mauvais sii^jet , je le veux bien , mais il n'est pas un ingrat, un faux ami, un mauvais frère... Tiens, Edgard, voilà ton argent; tiens, Gamilla, voilà ta lettre de change... acquittée..* déchirée... et quant à mes dettes à moi... tout est payé !...
TOUS
Et comment cela?...
LIONEL
Je pouvais me brûler la cervelle, c'était un moyen , j*en ai d'abord eu l'idée ; mais cela ne remédiait à rien , ne payait rien ; alors , et puisque de toutes les manières il fallait toujours renoncer à Preity. .. il m'a pris un accès de délire , de désespoir... la tête n'y était plus: il ne me restait, pour toute valeur patrimoniale et mobilière, que moi à mettre en gage... et je me suis engagé.
TOUS
£t comment?
A une personne riche, aimable, généreuse, qui malheureusement a autant d'années que de mille livres sterling, et j'épouse...
TOUS
Qui donc?
LIONEL
La duchesse de Margland.
TOUS
Odel!
EDGARD
Une duchesse douairière I
LIONEL
Ne m'en parle pas , mon ami » et n'ébranle pas mon courage; j'ai mesuré toute l'étendue da sacrifice ! ... elle a sooante ans ; mais c'est bien lait, Je voudrais qu'elle en eût soixante-dix.
EDGARD
EttuTépouseras?...
LIONEL
n faut que Je sols puni , je l'ai mérité. . . Pretty... Pretty... je n'étais plus digne de vous, ni de votre frère... il n'y a plus d'espoh*, plus de bonhenr pour moi... ( Pleurant.) Je quitterai le monde... je me reifrerai dans ma terre... vous viendra ne voir... nous chasserons.... des meutes.... des chiens... des chevaux... ( a Edgard. ) Ah ! mon cher ami , je suis bien malheureux !... (A Ludwonh. ) Et vous, qui devez m'en vouloir, à cause de m sœur, si vous vouliez vous battre avec moi, et ne tuer, ça me rendrait un grand service.
LUDWORTH.
Du tout , je vous en ai assez rendu comme ceta.
LIONEL
Ce serait le dernier !...
PaETTY. .
C'est, une indignité!... être trahie poiv «ae douairière!...
( Ludworth passe à la gauche dlndiana.) EDGARD.
Allons, calmei-vous; vous avet tous perdd la tête , àcommencer parLioueL*. que Je me charge» moi, de corriger.
LIONEL
Et comment, s'il vous platt?... dequeldrok?..*
EDGARD
D'un droit que je ne mérite pas non plos, et que cependant je viens réclamer... du droit de beau-frère.
( Lionel passe auprès de Pretty. ) HISTRISS CARINGTON.
Gomment?
EDGARD
Oui, ma tante, daignez me pardonner, je Faime trop pour porter ailleurs un cœur qui ne m'appartient plus... Et vous, Gamiila, refoseriei* vous un coupable , un repentant?... Vous détoiu^ nez la tête, il vous en coftte trop de m'accorder ma grâce... eh bien! que ce ne soit pas pour moi , mais pour votre frère , mais pour le sauver; il s'immolait pour vous, ferez-vous moms pour lui?
CAHILLA.
CAMILLA , baiMant les yeax , et lentement.
Ah ! j'ai tant fait pour lai... qae ce dernier sacrifice...
EDGÀED.
Eh bien?...
CAMILLA, tendrement.
Sera la récompense de tous les autres... Oui, Edgard... oui , je vous aime... je serai bien heureuse de vous le dire... mais puis-je Têtre sans mon frère ?...
EOGARD.
Ce soin-là me regarde ; je rendrai à la duchesse le capital qu'elle lui a avancé... Quant aux lnté«
rets, je tâcherai de la décider à ne pas les faire payer aussi cher ; et puis, pour nos idées de mariage , nous y reviendrons , non pas maintenant , mais plus tard... ( Regardant Lionel. ) quaud il sera corrigé!... quand il sera sage !...
PBETTir , regardant Indiana.
Allons ! je serai mariée la dernière.
Air de danse de la Bayadère, CUOeUB FINAL.
Ab ! qael plaisir ! ah ! quel beau jour !
Ah ! pour nous quelle ivresse!
Oui , le bonheur est, dans ce jour,
Avec lui de retour.
LES MALHEURS D'UN AMANT HEUREUX
(D^SSl&SDSSc^i^liniDaVS&UB
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Représentée pour la première fois , à Paris , snr le théâtre du Gymnase dramatique ,
le 29 janvier 1833.
M. DE TBÉMINE.
BONNËVAL, propriéUire.
ÉnOUARI), son fils.
HENRIETTE, sa fille.
]ler0oniui9e0*
M. DE TORIGNI , général du departemeaL Madame DE TORIGNI, sa femme.
Madame DE SIMIANB, jeune TeoTe.
UN DOMESTIQUE de madame de Simiane.
Iêêl foène se païae , aa premier «oie , dana on okàteaa «nz environs de Bijjoa ; et an second acte , dans un ohàteaa de madame de Sîmia^e.