SCÈNE IV
Les PfiÉGÉD£NTS, M. DE THÉMINË.
(Edouard .▼« m-deTtnt de Thémine, qui •'■rrétfl A la porte , et donne dea ordre» à on domeatique dont il eat accompagné. )
ÊDOUABD.
Mon cher Gustave!...
BONNEVAL , à part, sur le detaot du théâtre.
Comment 1 c'est là lui... moi, je m'attendais à quelque chose de... grandiose... mais c'est un homme comme moi...
ÉDOUAED , à Thémine.
Je te présente mon père, dont je t'ai si souvent parlé... Henriette, ma sœur et ma meilleure amie...
THÉMINE.
Que j'ai déjà eu, si je ne me trompe, le plaisir devoir à Paris, chez madame de Simiane...
HENRIETTE, à part.
Une l'a pas oublié!
ÊDOUABD.
C'est là toute ma famille, qui te remercie, comme moi, d'avoir bien voulu tenir ta promesse...
THÉMINE.
Me remercier du plaisir que je vais avoir ! c'est trop de bontés.
BONN EV AL
Ah ! dame !... vous ne serez pas ici comme dans Tos salons dorés. De pauvres campagnards tels que nous ne peuvent pas vous ofTrir des plaisirs bien viCs.
THÉMINE.
Air du Baiser au porteur.
Dans votre charmante fa mille Trop heureux ceux qui sont admis !
Dans votre accueil tant de franchise brille, Que Je me crois déjà de vos amis !
BONNEVAL
On est le mien dés qu'on aime mon fils. THÉMINE, lui tendant la main.
Touchez donc là !
EDOUARD , à Bonneval , à part.
Qu'en dites-vous, mon père?
N*est-il pas bien ?
BONNEVAL , de même.
J'en conviens sans dëbat; Mais c'est tout simple; et sans peine on doit plaire, Lorsque Ton en fait non état.
EDOUARD
Et comment te trouves-tu des eaux?
TOÉMINE.
Pas trop bien... ma poitrine est toujours si faible...
HENRIETTE , avec intérêt.
Eh quoi ! Monsieur, vous souifrez encore?
THÉMINE.
Depuis que je suis ici , je l'avais presque ooblié... mais en ce moment , la fatigue du voyage...
EDOUARD
Point de façons, de cérémonies, ne te gène pas.
BONNEVAL
Oui, sans doute, nous vous laissons.
EDOUARD
Depuis plus d'un an que nous sommesséparés, nous avons à causer.
HENRIETTE
Moi , je vais m'occuper du souper.
THÉMINE.
Non pas, degrâce... ne vousdérangezpaspov moi...
Laissez-ki faire , ma fille n'a pas d'autres qoalités que d'être bonne fenune de ménage... il an bien qu'elle fasse briller son seul mérite.
THÉMINE, la regardant.
Il me semble que mademoiselle en a d'aolRS encore , qui parlent d'eux-mêmes.
HENRIETTE
Vous êtes bien bon !...
BONNEVAL, bas à Edouard.
Ah mon Dieu ! comme il la regarde ! ça me fut peur...
EDOUARD
Rassurez-vous... il est homme d'honneur aiant tout...
BONNEVAL
C'est égal. ( Montrant Henriette qui le regarde.) EBC
est là en contemplation ; je crains toujours quelque sympathie, quelque coup de foudre.
EKSEMBLl.
BONNEVAL
Air du CMop.
Ma prudence paternelle Doit ouvrir ici les yeux.
Suivez-moi , Mademoiselle ; Laissons-les causer tous deux:
EDOUARD
La prudence paternelle N*a rien à craindre en ces lieux !
( Montrant sa «œor. ) Sans que Ton veille sur elle,
(Montrant Tbcmine.) Je réponds de tous les deux.
LES MALHEURS DT N AMANT HEUKEIX
HENniRTTE.
Oai , le devoir nous appelle.
Et nous TOUS laissons tous deax; Trop heureuse si mon xèle Pour vous embellit ces lieux !
THÊMINE.
Du devoir qui vous appelle Je blâme les soins fâcheux , Puisqu'ils vont. Mademoiselle, Vous éloigner de nos yeux!
BONNEVAL, i Henriette.
D'auprès de nous , et pour cause, Tâchex de ne pas bouger;
(a part.) Car elle est U qui s'exposel Sans se douter du danger.
REPRISE DE l'ensemble.
BOPîNEYAL.
Ma prudence paternelle, etc.