SCÈNE XII
THËâflNE, BONNE VAL, EDOUARD.
THÉMINB, qui est tombé dans an fauteuil à gauche.
EUe sait tout*, et Je la perds sans retour...
Mais elle m'a tracé mon devoir, et je me rendrai du moins digne de son estime.
EDOUARD, s*approcbant de lui, et avec émotion.
Allons... mon ami, le notaire vient d'arriver... et nous voici, mon père et moi ; tu sais que nous sommes tes deux témoins.
BONNEVAL, à part et regardant son fils.
Pauvre garçon!... quel dévouement!
ÉDOVAED.
Nous venons te prendre...
THÊMINE , se levant.
C'est inutile , mon mariage n'a plus lieu.
ÉDOI-AED.
Ce n'est pas possible !...
THÊMINE.
Une telle union aurait fait le malheur de madame de Simiane , et le mien sans doute ; car depuis longtemps j'avais conçu des idées que d'aujourd'hui seulement je puis réaliser, (sadressant à Bonnevai.) Mousieur Bouncval, j'ai de la naissance, un nom. de la fortune, vous me connaissez... voulez-vous me donner en mariage mademoiselle Henriette, votre fille?...
BONNEVAL
Hein ?... qu'est-ce qu'il dit là?...
EDOUARD
Y penses-tu ?... es-tu dans ton bon sens ?
THÊMINE.
Oui, mon ami... veux-tu me donner ta sœur ?
EDOUARD
Que tu as vue à peine quatre ou cinq fois dans ta vie !
THÊMINE.
Cela m'a suffi pour l'aimer... Je l'aime; c'est elle que j'aime...
BONNEVAL
Laissez-moi donc...
Faut-il vous le jurer?...
BONNEVAL
Belle caution !...
THÊMINE.
Je n'ajouterai qu'un mot. Je crois que mademoiselle Henriette ne refusera pas mes vœux, et qu'elle daignera les accueillir.
EDOUARD , vivenent.
Si ce n'est que cela , mon père , je le crois
THÉMINE.
Et je vous promets, en revanche, de me conduire en honnête homme, en bon mari... oui. Monsieur, le plus constant, le plus fidèle des maris, et vous n'en douteriez pas si vous saviez seulement ce que J'ai souffert aujourd'hui et d*aii-
goisses et de tourments ! Et vous pensiez qne J^étais heureux!... VoHà la vie d'un homme à bonnes fortunes. Monsieur, la voilà... faisant à la fois son malheur et celui de tous ceux qui l'entourent... aussi, je n'en veux plus... j'y renonce...
Oui , mon père, confident et témoin de ses chagrins, je vous jure qu*ii dit vrai; et vous nous rendrez tous lieureux. Songez donc , un beau mariage pour ma sœur... Oui, vous consentirez...
BONIfEVAL.
Non, cent fois non. Quels que soient ses titres et sa fortune, je ne donnerai pas ma fille, ma pauvre Henriette, à un homme dont les procédés...
ÉDOUABD.
Lesquels?...
BONNEVAL
Ses procédés avec madame de Simlane, à laquelle il renonce. Certainement ce n'est pas convenable; et je le déclare, il n'aura mon consentement qu'après le sien.