SCÈNE XI
GUSTAVE, pubPIFFART.
GUSTAVE
Ah ! malheureux que je suis!
A merveille ! voilà ce que j'appelle une affaire terminée. C'est toi, Gustave; j'ai fait bien des dioses depuis que je t'ai vu ; j'ai acheté une terre magnifique.
GUSTAVE
Ilest donc vrai, cette terre de M. de Kernonek?...
PIFFAnT.
Ah ! tu le sais déjà ; les bonnes nouvelles se répandent vite. Eh bien ! mon ami , ce n'est rien encore; j'achète en même temps tous les biens environnants. Je viens d'envoyer pour cela chez le notaire chargé de la vente.
GUSTAVE
Tpenses-tn?
% PIFFABT.
Pendant que j'y étais... et puis l'amour de la propriété me gagne. Vois-tu, mon ami, les chances de Tagiotage sont trop incertaines ; il n'y a de solide que les biens fonds.
GUSTAVE
U a perdu la tête , c'est sûr.
PIFFART.
Par exemple, cela me coûte un peu cher. La Goicbardière à elle seule me revient à sept cent mille francs , dont cinquante mille francs payables comptant aujourd'hui même.
GUSTAVE
OCiel!
M. de Kemonek l'a voulu; et c'est toi qui es caosedecela.
GUSTAVE
Moi!
PIFFART.
Oui, il veut être en argent comptant pour le ■iriageâesafiilc.
GUSTAVE
Que veux-tu dire ?
PIFFART.
Que je t'ai marié , que tout est arrangé. De plus je te dote ; je te donne deux cent mille livres comptant , dès ce soir.
GUSTAVE
Et où les prendras-tu ?
PIFFART.
Je t'en réponds , car maintenant mon affaire est sûre; ce n'est plus celle de ce matin.
AiR du vaudeville de la Chanson.
Mon cher ami , c'en est une , Où, tout en croisant les bras.
Nous devons faire fortune ; Et toi-même en conviendras.
Dés que tu la connaîtras.
Tout bénéflce... et d'avance Déjà Je réprouve ici...
Puisque tu vois qu'elle commence Ptr le bonheur d'un ami.
GUSTAVE
Grand Dieu!
PIFFART , avec chaleur.
Oui , cousin , je viens de changer à la hâte l'acte de société. J'ai vu Labourdioière à qui j'ai donné mes nouvelles instructions; car cet imbécile avait déjà parlé à vingt personnes de la plaine des Sablons, et j'ai en bas cinq expéditionnaires à qui j'ai donné de la besogne. En affaires il faut de l'activité. D'un autre côté, la liste des souscripteurs augmente; j'ai neuf cents actions demandées et promises. 11 s'agit maintenant de décider nos gens à les prendre et à les payer.
GUSTAVE
Peux-tu l'espérer encore?
PIFFART.
Plas que jamais. J'attends nos principaux actionnaires, et grâce à cette acquisition qui doublera leur conûance, tout doit maintenant nous réussir.
GUSTAVE
C'est ce qui te trompe ; on t'a trahi.
PIFFART.
Et qui donc?
GUSTAVE
Un malheureux qui , n'écoutant que son amour , s'est rendu indigne de ton amitié.
Y penses-tu?... Silence !