SCÈNE X
ESTELLE, pois GUSTAVE.
ESTELLE
Quel bonheur ! quel bonheur ! et quel honnête homme que ce M. Pifiart ! ( AperoerantGutUT^.) Ah I monsieur Gustave, tous voilà.
Oui, Mademoiselle Qu'avez-vous donc?
quelle Joie brille dans vos yeux !
ESTELLE
Jugez si j'ai raison d'être contente : mon père vient enfln de vendre sa terre en Bretagne sept cent mille francs.
GUSTAVE
Je lui en fais compliment
ESTELLE
Et à moi aussi, je vous en prie , car cet argentlà doit servir en partie à ma dot.
GUSTAVE
nparattqu'il est déjà question de votre mariage.
ESTELLE
Oui , Monsieur, et de mon mari aussi.
GUSTAVE
Et vous pouvez m*annoncer une pareille nouvelle avec Joie?
ESTELLE
Bien plus , J'espère que vous la partagerez.
GUSTAVE
- Moi!
Oui, Monsieur, sous peine d*êlre ingrat.
Air : Bouton de rote.
Je me marie, Et si mon cœur en est ravi , Cest que ce jour-lâ , je parie, Yoas, Monsieur, vous direz aussi ,
Je me marie.
GUSTAVE
Que dites-vous?
ESTELLE
Que cela vous regarde autant que moi ; car il y a on homme immensément riche, un grand capitaliste, qui vous aime, vous protège, qui s'intéresse à notre mariage.
GUSTAVE
Pas posôble.
ESTELLE
11 VOUS fait cadeau de cent mille francs , et peut-être même de davantage.
GUSTAVE
A moi?
ESTELLE
Oui , Monsieur. C'est bien comme s'il vous les donnait.
GUSTAVE
Et quel est cet être généreux , ce dieu tutélaire ?
Vous êtes chez luL
GUSTAVE
Piflart?
ESTELLE
Lui-même! ce financier, ce millionnaire. Ahl qu'il a raison d'avoir tant de fortune , puisqu'il en fait un si bon usage !
GUSTAVE , «e promenint avec agitatioD.
Que le diable l'emporte 1
ESTELLE
Qu'est-ce que cela signifie? parler ainsi de votre parent, de votre bienfaiteur, un homme si aimable I
GUSTAVE
Je ne dis pas que ce ne soit pas un bon parent, un bon garçon; je lui accorde tout ce que vous voudrez, excepté de l'aigent, car il n'en a pas plus que moi.
ESTELLE
Laissez donc , lui qui est à la tête d'une affaire superbe, où mon père a pris des actions.
GUSTAVE
Que dites-vous?
ESTELLE
Et ma tante aussi, toute la famille.
Les malheureux !
ESTELLE
Lui qui vient d'acheter comptant la belle terre de la Guichardière.
GUSTAVE
0 ciel ! celui à qui votre père a vendu...
estclle.
C'estM. Piffart.
GUSTAVE
n a le diable au corps; il faut l'en empêcher.
ESTELLE
Je m'en garderai bien ; mon père est enchanté ; c'est une affaire superbe.
GUSTAVE
C'est sa ruine. Il ne sera pas payé , Je voos l'at* teste.
ESTELLE
Que me dites-vous?
GUSTAVE
Pardon... c'est faire du tort à un ami! c'est ruiner toutes mes espérances ; mais vos intérêts avant tout Prévenez votre père qu'il rompe le contrat; et quant à cette entreprise , j'ai pris des informations auprès d'honnêtes gens , des gens habiles : elle n'est pas possible.
ESTELLE
0 mon Dieu ! que m'apprener-vous?
Je détruis vos i^v^ de fortune.
LES ACTIONNAIRES
ESTELLE
Ah! ce ne sont pas ceux-là qne je regrette le phis.
GUSTAVE
Estelle I il serait vrai !
ESTELLE
On vient; on sort de ce cabinet Je cours làhaut près de ma tante , près de mon père. Je pro* fiterai pour eux de vos généreux avis. Adieu, Bonsieur Gustave, adieu.
( Elle tort ptr le fond. )