‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 572 sur 756 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

PORTO-CARRERO, La duchesse du MAINE.

( Tous àenx sont dégoisÀ en boorgeoia de Tépoque. Us entrent myttérieuaement. La ducbene tort du cabinet n. 4» Porto-Carrero arrife par le fond à droite. )

LA DUCHESSE

Entrei id , mon cher Porto-Carrero , et parions bas!

PORTO-CABBERO, regardant aotoar de loi.

Dlionneur , le lien est singulièrement choisi pour une conférence politique ! Le moulin de Jayelle! Un cabaret hors barrières, où toutes les petites grisettes de Paris donnent rendes-?ous à leurs galants! Et la duchesse du Maine sous un pareil déguisement

Silence!

LA DUCHESSE

PORTO-CARRERO

Aie : J'ai vu parUmi dans me$ wiyaget. Mais c'est asses Yotre coutume , Et votre esprit aventureux Doit se plaire sous ce costume.

Et modeste et mystérieux !

Oui, fuyant une cour ingrate.

Parfois la reine des amours Et déguisée... *

LA DUCHESSE, souriant.

Et diplomate Vous, Monsieur, vous l'êtes toujours!

Et secrétaire diplomate.

Vous, Monsieur, vous l'êtes toujours.

PORTO-CARRERO

Pas a?ec tous , du moins.

LA DUCHESSE

Vous a?ei reçu mon petit mot?

PORTO-CARRERO

rai suivi les intentions de votre altesse. ( Montrant son babit.) Le plus strict incoguito. Ta! renvoyé la voiture et les gens de Tambassade; les couleurs espagnoles pouvaient nous trahir.

LA DUCHESSE

Gellamare est prévenu?

PORTO-CARRERO

Une bouge plus de TArsenal.

GEDVRES COMPLÈTES DE SOUBE.

LA DUCHE8SB*

Et quelles Doavelles de Perpignan ?

PORTO-CABRERO.

D'excellentes. Le gouverneur est un homme sûr et loyal , et moyennant la somme promise , il ouYrira ses portes aux troupes de Philippe V.

LA DUCHESSE, a?ec joie.

A merveille I Mais avant d'aller plus loin, mon cher abbé, parlez-moi à cœur ouvert, et avec toute la franchise d'un secrétaire d'ambassade I ce n'est pas vous en demander trop ! dois-je me fier à la parole d'Alberoni ?

PORTO-CABRERO.

Qui peut vous en faire douter, madame la duchesse?

LA DUCHESSE

Il est Italien , et premier mmistre 1

PORTO-CABRERO.

Son intérêt vous répond de sa sincérité. Pourvu que la régence et la tutelle du jeune Louis XV soient données au roi d'Espagne , il consent à en déléguer les pouvoirs à M. le duc du Maine ; et comme vous avez tout empire sur votre époux.. •

LA DUCHESSE, tooriant.

C'est moi qui gouvernerai la Franoe! Ce n'est que justice ! car cette régence nous appartenait : et sans la faiblesse de mon mari et les intrigues de ce misérable Dubois, que je hais presque autant que son patron! Impudent personnage! il a voulu faire un régent de son ancien élève , pour devenir ministre de sa puissance, comme il l'était de ses plaisirs! Effronté parvenu, qui se venge de son origine obscure en nous rabaissant jusqu'à lui, en faisant déclarer les prhices du sang déchus de leurs prérogatives! en se servant de sa police pour livrer aux brocards de la ville les correspondances secrètes des premières dames de la cour!

POBTO-GABBEBO , arec malice.

Quoi ! les intrigues de ces dames? Quelle horreur!

LA DUCHESSE

n ne respecte rien. Ce n'est pas pour moi que Je parle.

POBTO-GABBEBO.

Parbleu ! ( a part. ) Elle était en tête de la liste. (Haut.) Et c'est un pareil homme qui aspire aux plus hautes dignités de l'Église !

LA DUCHESSE, afoc méprU.

n aura beau faire , il sera toujours plus fourré de vices que d'hermine ! mais J'y mettrai bon ordre ; et pour nous débarrasser à la fois de nos deux ennemis, il faut que le régent soit en route, cette nuit, pour l'Espagne.

POETO-GARBERO.

Cette nuit?

LA DUCHESSE

n ira faire sa cour aux belles castinanes! cale changera.

POBTO-CABRERO.

L'enlever tu milieu de Paris, de ses officiers! prenez garde ; malgré son amour effréné pour ses plaisirs, ses folies, ses dissipations, le vainqueur de Steinkerque et de Nerwinde a id de la popularité.

Air de Lantara.

Il sait aimer, boire et se battre.

Gloire et plaisir ont poar loi des attraits.

Et Je crois , témoin Henrt-Qaatre,

Que les princes mauvais sojets

En France ont toujours du succès !

Du peuple Tamour l'enTironne ;

Car il a , pour mieux le gagner.

L'esprit qui plaît, la bonté qui pardonne. Et des défauts qui font tout pardonner!

LA DUCHESSE, areo impatieiiee.

Qui VOUS demande son panégyrique. Monsieur; et qui vous parle de l'enlever m milieu de Paris? (Baiuant u ToiE.) C'est id qu'il va venir.

PORTO-CARRBBO.

Le prince ?...

LA DUCHESSE, plus bas.

Sans doute! une petite grisette dont n est amoureux fou ! Pour échapper aux soupçons de madame de Parabère et des autres maltresses en titre, c'est ici qu'il lui a donné rendez-vous. Sa cour l'ignore, mais nos limiers

m'en ont avertie! (Moatrant une porte à gaoclie,)

J'ai fait aussitôt retenir cet appartement pour épier ses démarches , des gens sûrs entourent la maison , et s'il y met le pied...

PORTO-GARRERO.

Par Notre-Dame del Pilar ! voilà un plan dont Alberoni serait jaloux ! mais une voiture?

LA DUCHESSE

Elle est prête.

PORTO-CARRERO

Les relais?

LA DUCHESSE

Disposés fur toute la route* dont les oummandants nous sont dévoués !

PORTO-GARRBRO.

Et p<rar s'empar«r de la personne d« Jeune roi?

LA DUCHESSE

n nous fout un homme de tête, d*exécation, qui ne sache nos secrets qu'à moitié ; J'ai notre affaire : un jeune officier qui croit avohr à se plaindre ; il y en a toi^ours; je l'ai fait prévenir, et... Chut ! le voici , pas un mot de plus !

LE MOULIN DE JAVELLE

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