‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 573 sur 756 · SCÈNE IL Les Précédents, D*AUBIGNY · texte numérisé non relu

SCÈNE IL Les Précédents, D*AUBIGNY

PORTO-CARREBO , remontant, et regardant dana la coollMe I droite.

Ah ! ce Jeune offider qui fient de ce côté ? une très-botine toutnure.

LA DUCRKSSB , bas et d*an air ifadlfférent.

Oui. Je n*y avais pas pris garde.

PORTO-CARRERO y bas et aooriant.

Ohl que si. Mais, voos avez raison; en conspiration comme en amour, il ne faut Jamais avoir à rougir de ses complices.

B^tBlGNT, t*approchant.

Madame la duchesse !

LA DUCHESSE , allant au-derant de loi.

Approchez, M. d'Aubigny, et soyez sans crainte! (Montrant Carrero.) Mousicur cst dcs nôtres ! £h bien ! les gardes-françaises ? d'aubigny.

Je quitte plusieurs officiers qui, comme moi, Madame, ont servi dans le régiment du Maine, et sont dévoués à M. le duc , à votre altesse ; mais ils demandent avant tout , Tassurance qu'il ne sera rien tenté de contraire au roi et à leur honneur.

LA DUCHESSE , regardant Carrero.

Qui pourrait en douter ?

D*AUBIGNY. Air : Unj9um0 pm§ê aimmU Adèle, Pourvu qu'une armée étraoKére Ne melle pas le pied sur noire sol ;

Pourvu que sur hoire frontière Ne flotte pas l'étendard espagnol !

LA DUCHESSE

Des alliés !

D*AUBIGNY

Qu'un seul s'avance, Et nos soldats vont contre eux se ranger, Bn s'éeriaitt : «« Mon parti , c'est la France, > Et l'tnneini, c'est l'étranger ! »

LA DUCHBiSE , d*an aJr embarraM^.

Rassurez-vous, et dites-leur bien que nous ne voulons qu'affranchir Sa Majesté d*nne tutelle odieuse et rendre la paix au royaume.

PORTO-GARRERO.

G'est évident I on ne conspire Jamais que pour être plus tranquille !

LA DUCHESSE 4 d'un air eareiMuit.

Et pour réparer les injustices faites an mérite ; à ce titre, M. d^Aubigny, vous avez des droits! Vous demandies un réfl^ment, voos l'aurei, et 8^ est d'autres moyeas de voos proover Bioti estime...

PORTO-CARRERO, ft part, en souriant.

n fera son diemin.

D^AUBIGNT , tfec on soupir.

Je sois pénétré de vos bontés. Madame ; mais

J*ambition me touche moins que le désir de me venger! De ce grade, que Ton m*a refusé pour le vendre sous mes yeux à une créature de ce Dubois, dépendaient mon avemr, mes projets de bonheur!

LA DUCHESSE

Gomment?

PORTO-CARRERO

Quelque amour contrarié?

LA DUCHESSE

n serait possible ! pauvre Jeune homme !

D*AUEIGNY.

Que je me venge, c'est tout ce que Je demande ! Taî voulu réclamer ; mais étranger à Paris, à la cour, n'y connaissant personne, Je n'ai trouvé que des refus, des humiliations ! et sans votre généreux appui...

LA DUCHESSE

Vous voyez bien que notre cause est commune.

AIR : de Voltaire chez Ninon.

II faut renverser sur-le-cbamp Uh pouvoir et de« chefs infimes ; Tout se prostitue et se vend , Tout est gouverné par les femmes.

Par moi tout changera ce soir !

Car maint exemple dons l'edseigne.

Quand une femme ettao pouvoir...

PORTO-CARRERO, souriant.

Cest toujours un homme qui régne !

Aussi , tous les hommes doivent vous seconder.

d'aubignt.

Vous n'avez qu'à ordonner. Madame*

C'est bien, monsieur d'Aubigny , les moments

sont précieux. ( Elle tire de son aein un papier cacheté. )

Ce billet, au président de Mesmes, pour que le Parlement s'assemble au premier signe.

d'aubignt.

J'y cours !

LA DUCHESSE

Que vos amis se tiennent prêts pour une expédition hardie , et revenez id dans une heure chercher vos instructions. ( Bas à Carrero. ) Nous, allons rejoindre le duc qui nous attend dans cette chandire , pour expédier tous les ordres.

Air de Robin des Boit»

Un tel projet, J'en conviens , doit me plaire. Et tout entier mon cœur vient s'y livrer ; Oui, des dangers, des eomplols, du mystère, Ah ! c'est vraiment charmant de conspirer !

PORTO-CARRERO

Gomme en amour, il faut du soin , du lélel

LA DUCHESSE, à d'Aubigny.

Être discret!

PORTO-CARRERO, de même.

Surtout entreprenant!

LA DUCHESSE

Conme en am««r, il fait être fidèle !

(KUVRES GOUPLÈTES DE SCRIBE

PORTO-CABREBO.

Fidèle à tous!...

LA DUCHESSE, riant.

Cest de Tamoar en grand !

BNSIMBLB.

Un tel projet, J'en convient, doit me plaire , etc. ' ( La dochene fait un tigne à d*Aubigny , et entre avec Garrero dans ane chambre à gauche , dont la porte le referme auiaitôt.)

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