SCÈNE IV
LE BÉGENT, aBant ouvrir u porte à ganeke,
BABET
LE BÉGENT.
Vous voilà, Babet, donnez-moi la main.
(Elle entre dans T^partement; pendant ce temps, Dubois, marchant sur la pointe du pied, passe derrière elle et sort par la porte à gauche , qu'il referme sur lui.) BABET.
Ahl mon Dieu I quelle obscurité, et puis, dans cette nmnsarde , où vous m'aTCz dit que TOUS demeuriez, Je crains toujours de me cogner la tête.
LE BÉGBNT.
N'ayez pas peur ; grâce au del , vous listes pas si grande que ceux qui l'habitent. PoQr de la lumière , on Ta nous en apporter, je l'aTais ordonné.
BABET
Vous BTez donc un domestique ?
LE BÉGENT.
Oui, vraiment
BABET
Vous ne me l'aviez pas dit C'est done ôepéB que vous espérez cette nouvelle place?
LB BÉUBNT.
Oui, Babet
BABET
Et il paraît que vous êtes servi.
LE RÉGENT, louriant.
Comment on prince , c'est-à-dire horriblement mal.
Voilà ce que c'est , si vous faisiez comme moi , je n'ai jamais à gronder ma femme de chambre.
LE RÉGENT
Je crois bien; elle est si jolie , et elle vous habille si bien.
BABET
M. François, finissez.
LE RÉGENT
Asseyez-vous, de grâce.
(Il U conduit ven le canapé ; ils t*aMeyent tooi deux ; Babet
est à la gauche du Régent.)
BABET
Volontiers ; mais il me tarde de voir votre appartement , je veux dire le nôtre , celui qui bientôt m'appartiendra , et de faire connaissance avec notre petit mobilier... Eh mais ! voilà un canapé qui n'est pas mal ; moi , je n'ai que deux chaises , et elles sont en paille; celui-là est rembourré.
LE RÉGENT
Il n'y a rien de trop beau pour vous , qui êtes ma reine et ma souveraine.
BABET
Ah ! oui , je m'en suis déjà aperçu; vous êtes très-galant , et vous faites pour moi des dépenses qui me fâchent; une fois marié , il faudra de l'économie ; je m'en charge.
LE RÉGENT
Ce ne sera pas la peine , j'espère bien monter en grade et arriver à uue place supérieure.
BABET
A quoi bon?
LE RÉGENT
Vous n'avez donc pas d'ambition ?
BABBT.
Pas du tout.
Air du Baiser au Porteur,
Dans mes rêves déjeune fille.
Ce n'est pas là ce que je désirais ;
Un bon ménage , une famille ,
Des enfants que j'élèverais.
Voilà , voilà ce que je souhaitais.
Oui , je voulais, dans ma tendresse, Un bon mari, dont V sort s'unit au mien , Pour V rendre heureux, et pour l'aimer sans cesse; ( Le regardant tendrement.)
Je vous vois , et ne veux plus rien.
LE RÉGENT
Quoi 1 vraiment» la fortune, l'opulence...
BABET
J'aurais pu l'avoir un jour, en épousant ce
pauvre M. d'Aubigny ; car lui , c'est bien chose que vous , c'est un gentilhomme.
LE RÉGENT
£t vous me préférezà lui?
BABET
Oui ; l'on aime mieux son égal que son maître»
LE RÉGENT, à part.
0 ciel! (Haut.) Et si j'étais grand seigneur, vous ne m'aimeriez donc plus ?
BABET, d*un air détaché.
Ma foi! non, (gaiement) à moins que Je ne fasse aussi grande dame.
LE RÉGENT
C'est trop juste ; et s'il ne tenait qali toi de d^ mander , de désirer , que voudrais-tu ?
BABET
Vous ! vous, comme vous êtes et pis antre chose.
LE RÉGENT, hor» délai.
Ah! voilà ce que je n'ai jamais entendu, ce qu'on ne m'a jamais dit. Babet, tu ne sais pas quelle ivresse, quelles délices inconnoes j'éprouve auprès de toi I
BABET
Eh bien! monsieur François...
LE RÉGENT
Ah ! reste de grâce , ne me retire pas o^te mail qui est à moi , qui m'appartient , car je te consacre mes jours, tu es tout pour moi; et à son amant , à son mari on peut bien accorder...
Ah ! que c'est mal à vous; laissez-moi, mon ami, laissez-moi, dans huit jours je serai voire femme, votre compagne ; mais d'id là...
LE RÉGENT
Babet , un seul baiser...
BABET
Oh non ! je vous en prie, ce n'est pas pov moi , c'est pour vous , c'est votre bien que je fo«
prie de défendre. ( Se levant et réiistant pi» fatbiABMat. )
Ah dame ! si vous n'y mettez pas du vôtre !...
Am de Céline.
Que voulez-vous que je devienne ?
Ayez de la raison pour nous; Moi , j'ai déjà bien de la peine.
Mon amour n'est que trop pour voas.
11 vous seconde assez... de grâce.
Mon ami, soyez généreux...
Gomment voulez-vous que je fasse Si je suis seule contre deux ?
LB RÉGENT, TembrMMnt.
Babet, Babet, ne me résiste plus, (onfrtppe
trois coups & la porte à gauche. ) 0 ciel 1 Ce que m't dît
Dubois. Y aurait-il réellement conspiration? en voudrait-on aui jours ou à la liberté du roi?
( Il va du côté de la porte & gauche. )
LE MOULIN DE JAVELLE
BABET
QQ*a?ez-voiis?
LE BÉGENT.
Rien; c'est pour le soaper qoe j'avais commandé, et Ton vient me prévenir.
BABET
11 y a peat-étre on accident.
LE EÉ6ENT.
Justement; je vais voir ce que c'est , et je reviens; attendez-moi id.
BABET
Si je peux vous aider, me voilà.
LE EÉGENT.
Non , non , je reviens , vous dis-je • ou je vous envoie M. Prudhomme. Ne vous impatientez pas, c'est tout ce que je vous demande.
( Il tort par 1» porte à gauche qa*il reCsnne. )