‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 598 sur 756 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

Les Peêgêdents, DUBOIS.

DUBOIS, à part.

Je suis tranquille, le prisonnier restera là jusqu'à ce que le régent vienne l'interroger.

( Apercerant les grisettes ) DîeU I tOUtCS CCS petites

filles réunies, et le régent qui m'a défendu de rien avouer encore à Babet.

TOINON t w retoornant.

Ah ! H. Pradhomme !

BABBT.

Quel bonheor ! fl va nous dire où nous sommes.

( Elles rentonrent. ) TOINON.

Et quels sont ces beanx appartements ?

BABET

Noos, qui croyions être dans la mansarde de M. François.

TOINON

Est-ce que nous noos serions trompées de porte?

BABET

Mais parlez donc , monsieur Prudhomme.

TOINON

Parlez vite...

TOUTES

Oui, parlez vite.

DUBOIS

M*j voici , mes petits anges ; c'est une surprise que nous vous ménagions , et qui a réussi ; car vous êtes surprises; je le suis aussi, nous le sommes tous ; voilà même ce que j'appelle une surprise. ••

BABET

Mais comment se fait-il ?...

TOUTES

Oui I comment se fait-il ?...

DUBOIS

De la manière la plus simple ; c'est moi , maître tapissier, qui ai meublé ces appartements, ce qui m*a procuré quelque crédit auprès de Tintendant, c'est par ce crédit que j'ai fait avoir à M. François une place au Palais-Royal.

BABET

Celle qu'il errait obtenir, et dont il me parlait hier?

DUBOIS

Précisément ; il ne voulait vous l'apprendre que ce soir.

TOINON

Est-elle heureuse , cette Babet I

BABET

Et quelle place ?

DUBOIS

Une place qui tient encore aux aides où il était, une place de sommelier, commis juré, dégustateur ; c'est lui qui goûte tous les vins que boit le régent, et je vous réponds qu'il a de l'occupation ; du reste un emploi superbe qui lui donne un logement dans les combles.

C'est bien loin de la cave.

DUBOIS

C'est égal , il descend , il aime à descendre I Et ,

comme ai^ourd'bni il n'y ^ personne dans cette partie du cfaftteau, comme le prince et toole sa famille sont depuis hier dans leur résidence d'été, M. François a en lldée de vous recevoir id, sans vous en prévenir , et sans que personne le sache.

TOINON, gaiement.

Nous sommes donc au palais ?

JUSTINE , de même.

Dans les appartements du prince.

TOUTES , gantant de joie.

Ah ! que c'est joli ! que c'est amusant»

TOINON

A nous le château.

TOUTES

A nous le palais.

TOINON

Nous voilà princesses pour toute une soirée; allons-nous nous amuser t

JUSTINE

C'est M. François qui sera le prince.

Et Babet sa maîtresse I madame de Parabère t

BABET

Eh bien ! par exemple , m'en préserve le dd.

TOINON

Air : Liie épouse V betm Gtmûnee.

Fait-elle la rencbérie!

Un emploi qn'ebacun eiiTie,

JUSTINE

Qae plot d'on' dam' de la cour Sollicite chaque jour.

TOINON

Une place enfin , ma cbére , Qui n'est pas sans agréments.

Et qoi n'a pas, d'ordinaire.

Les plus maoTais appoint* monta.

Moi , je me contenterai d'être de la fàrnOle royale, je serai mademoiselle deBeaujokiis.

JUSTINE

Moi, mademoiselle de Valois...

BABET

Et M. Prudhomme..,

TOINON

Le confident du prince !

BABET

L'abbé Dubois?

n a une mine à ça.

TOUTES , saatant autour de loi.

Ah ! monsieur l'abbé ! monsieur r^bbé !

( Elles le quittent et vont causer dans le fsnd. ) DUBOIS , sur le derant du théâtre.

On ne peut pas échapper à sa destinée» Uélait impossible que je ne fusse pas ce que je sois,

c'était écrit. ( a Babet, qui a prit sur la table onp^ier

qu*eUe déchire. ) Eh bien I ch bien ! qu'est-ce qu'eDe fait'là ?

LE MOULIN DE JAVELLE

BABBT.

Je suis toate défrisée , et Je mets des papillotes.

DUBOIS, ramMMOt U moitié du papier que Babet a déchiré.

Ah ! mon Dieu ! (a part et liaant.) Une pension qu'il accordait an duc de Villeroi, son ennemi; quelle laiblesse 1 quelle injustice I heureusement ( montrant le papier ) Yolci la peusion Supprimée ; elle erojait ne faire que des papillotes, et elle fait des économies. Ah I si on introduisait les grisettes dans le gouvernement ( a j<Mtine, qui le

dirife vert la porte à gauche.) £h hicn I eh bien ! OÙ

alles-Tons ?

(UeourtIeUe.) JUSTINE.

Voir oik donne cette porte.

DUBOIS, à part.

Et notre prisonnier d'état à qui elle rendrait

visite. ( Il ferme la porte , et met la clef dans ta poche. )

Du tout, on n'entre pas.

TOUTBS.

Et pourquoi donc? (EUea rentourent.) Ah 1

monsieur Prudhomme !

TOIFiON , le careiaant.

Âh I monsieur Tabbé I

DUBOIS

C'est encore une surprise ! le dessert qui est là , et on ne peut pas , avant le souper , vous surtout, vous, Toinon, qui êtes friande...

TOINON

Ce n'est pas vrai.

DUBOIS

VoQS aimez ce qui est bon.

TOINON, d*uo air careiaant et lui frappant la joue.

Ce n'est pas à vous à dire ça !

A-telle de l'instinct, (a part.) On dh*ait qu'elle me copM^ réellement. (Baut.) Écoutei, mes petites amours, M. François va revenir ^ il a de l'occupation dans ce moment ; il donne des ordres, et qel ne l^unuse pas beaucoup.

BABET

Qu'il se dépêche donc ; car Je meurs de foim.

TOINON

Moi aussi.

DUBOIS

Permettei-moi de vous laisser un instant

JUSTINE

Nous ne le voulons pas.

TOUTES

Nous pe venions pas.

DUBOIS

C'est pour l'aider; il m'attend, et quand Je sois là, voyez-vous, cela va phis vite, parce qae iPoi« vrail.«« dans la poêle à frire.,, avant une oemi-heure, le souper, et d'ici là, faites

tout ce que vous voudrez, vous êtes les mattresses.

(n tort par le fond.)

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