SCÈNE IL
Les Précédents, BiaifÂN, MINA.
ALCÉB.
Eh! c'est mon cher Birman... Un brave intendant, un ancien serviteur de mon père, que J*ai l'honneur dçivous présenter, amsi que sa fille, hi gentille Mina , ma sœur de lait !
CHRISTIAN
Ah! U a un intendant!
REYNOLDS
Et un honnête homme !
ALCÉB.
Toi^iours la suite du même bonheur I
Air du Piège.
Intendant rertueux et pur.
Celui-là , fidèle et sensihie , Ne me Yole pas , j'en suis sûr.
REYNOLDS
Comme le mien.
CHRISTIAN
Est-il possible ?
REYNOLDS
Oui, maintenant, honnête homme à regret. Je le défie , hélas ! de me rîen prendre... Pour me voler quelque chose, il faudrait Qu'il commençât par me le rendre.
ALCÊB , à Birman.
Qui t'amène , mon vieil ami ?
BIRUAN.
Je venais, monsieur le baron, avec ma fiUe Mina , qui voulait vous faire compliment sur votre prochain mariage, (a Mina.) N'est-ce pas?
MINA
Oui, mon père.
BIRMAN
Et puis, en même temps» vous annoncer le nen.
(il la prend par la main, et la fait placer auprès d*A|oée.) ALCÉB , la regardant areo affection.
Quoi! Mina, tu vas te marier!... Heureux celui que tu choisis!... Il peut se vanter d'épouser une Jolie fille , et de plus , d'avoir une bonne et honnête femme... Et c'est h moi, ton frère et ton ami d'enfance, que tu viens d'abord en faire part.. Je t'en remercie... Je me charge de la dot... Dix mille florins !
MINA, vivement.
Et moi , Je n'en veux pas !
5kS
ALGÉB.
Et pourquoi?
MINA, embarrMée.
Mais c'est qu'il semblerait que c'est pour cela que je suis venue.
BIRMAN
Du tout; monseigneur connaît ton désintéressement et le mien.«. J'accepte ! parce que pour être intendant, on n'est pas millionnaire.
REYNOLDS
C'est Juste.
ALCÉE
Et quel est le prétendu ?
BIRMAN
Un bon parti, un riche brasseur, maître Foster, qui a de l'amour et des écus gros comme luL.. ce n'est pas peu dire.
Air : Tout ça passe.
Les Hollandais sont constants, Cest d'abord un avantage.
REYNOLDS
Lorsque Ton pèse cinq cents.
Le moyen d'être volage?
BIRMAN
Son crédit est des plus grands.
Et, chez lui, soins et tendresse.
Sentiments , bière et richesse , ) ^
Tout ça mousse (bis) en même temps, i
Aussi je crois que ce garçon-là ne déplaît pas à ma fille.
MINA , voulant le faire taire.
Mon père !
BIRMAN
C'est elle qui me l'a dit.. Et à l'entendre, il fallait et vite et vite hâter le mariage, ou tout était perdu.
ALCÉE , souriant.
Est-il possible !
MINA , avec dépit.
€e n'est pas vrai!... Qu'il me plaise ou non, cela ne regarde personne... On ne vous le demande pas ! et rien que ce que vous venez de dire est capable de redoubler encore mon antipathie... Voilà ce qu'il y aura gagné... Tant mieux pour lui... ça sera bien fait !...
ALCÉE
Qu'est-ce que c'est?... tu l'épouses par antipathie ?..•
MINA , vivement.
Je n'ai pas dit cela. Monseigneur : c'est mon père qui avec ses suppositions.... De quoi se mêle-t-il... de vous ennuyer de tout cela?... Au moment où vous allez être heureux, où vous attendez votre prétendue, où vous ne pensez qu*à elle... aller vous occuper de nous, de nos aflGEdres... c'est si inconvenant, que j'en rougis pour lui , et que J'en pleurerais presque.
BIRMAN
Elle est en colère de ce que je l'ai trahie.
MINA , le contenant à peine et à part. .
Oh! mon Dieu! mon Dieu!... (Haau) Voa, mon père, partons...
ALCÉE , la reienanL
Non pas !... Je veux que tu restes au cbâtean aujourd'hui , et demain que tu assistes à moB mariage.
MINA , toute troublée.
Ah! Monseigneur...
A LCÊE.
En revanche, j'assisterai au tien.
MINA , d'un airtopplianU
Oh ! non , non , je vous en supi^ie !... çancsc pourrait pas ! C'est trop d'honneur !...
BIRMAN
Qu'est-ce que cela fait?... j'aime les honneurs... je suis comme cela ; et si monsieur le baron et madame la baronne... justement la voici I...
ALCÉE , avec joie.
AUx!
REYNOLDS, allant au-devant d'elle.
Ma chère sœur!
(Alcée etChriatian vont Mmiao-devantd*AlU.l MINA , vivement et entraînant Binnao.
Oh ! venez, venez, mon père, ce n'est pte notre place , et nous ne pouvons pas rester id
(Elle sort avec Birman par la gaocbe.)