SCÈNE PREMIÈKE
An lever du rideau, ALGÉE, CHRISTIAN , et REf- MOLDS , aait autour de la Uble de pierre à gautlie , fument , boivent et chantent.
KNSEMBLB. '
Air : Enfants de la folie « çhanUmf.
PREMIER couplet!'
L'amitié, dont J'honore , .. ,
Les lois, . * ,
Nous unit, dés raUror«« , ■
Tous trois.
Souvent l'amour désole'
Nos jours; Mais l'amitié console
Toujours.
DEUXIÈME COUPLET
Bravant de la fortune
Les coups, Même chance est commune
Pour nous.
Chagrins, plaisirs, orage.
Beaux Jours , Que l'amitié partage
Toujours.
ALCÉE , à Reynolda.
Et ta sœm* , la belle Alix ?
EEYNOLDS.
Viendra plus tard avec ces dames; car, quoiqu'elle soit ta préteudue , elle ne pouvait pas venir seule^ dans ton château, chez un garçon...
ALGÉE.
Garçon... jusqu'à demain ; car demain la noce.
ftETNOLDS.
Certainement
. '.GHiUâTIAN.
Un^beau- mariage!... épouser le plus aimable ^àron et le plus beau château de la Bohême !
( IJase lèvent et viennent sur le devant du théitre. ) ' '^ ' ' ' BBYNeLDS.
, C'est œ qui me désole, carjesuisbonfrère;^ moi qui ai mangé ma fortune , Il m'est pénible de le voir épouser ma sœur sans dot I Ce n'est p^ ma faute , c'est celle de mon onde !••• Un ondeà succession qui ne veut^pas mourir... ça dépend de lui.r« mn»c'«st un mauvais parent, qui n'ajtmais rien fait pour sa famille.
ALCÉB.
Gônsole-toi... Ce régiment que ta dois demiBder pour moi au duc d'Arnheim , ton protecteVi ne vaut'4i pas une dot ?
RBTNOLDS.
n me l'a promis, du mohis; et après tout ce quejetedois...
ALCÉE
N'est-ce pas moi qui suis ton débiteur ?••• Qov^^ tu me donnes ta sœur AUx , que j'aime, et dont je suis aimé, je suis trop heureux, en assurant» fortune, de resserrer encore les liens quim'atttchaient à un ancien camarade de collège.
REYNOLDS
A un ami.
ékSM&Mê
MM M'iK m9r '
, "^-^^ iiZ^
Digltized by
LB LORGNON
CHRISTIAN « Trwment.
Qui n*est pas le seul..» car, bien avant ton opalence , tu te souviens qa*à TUniversité de Pragae...
ALGÉE.
G*est vrai ; vous m^aimiez tous : j'avais du bonheur... Je n'obtenais pas dans mes études des succès bien brillants; mais, grâce au ciel, n'ayant jamais eu dans le cœur ni ambition ni jalousie, je n'étais ni le rival ni Fennemi de personne... Vos succès étaient les miens, ainsi que vos peines... Tétais le confident, l'allié de tout le monde ; et chacun venait à moi, en disant : « 11 n'est pas fort , mais il est bon enfant »
BEYNOLDS.
Laisse donc*
ALCÉB.
Air: Ah! que c'est beaut (de la Petite Lampe
MIRVElLLBUfl).
PRIHIBR COUPLET.
Oui, met amis (M«) , quoi qo'oE en dise.
On trouve encor chez les mortels
L'amitié , l'honneur, la franchise ;
Ils sont tons bons... je les crois tels {bit.)
Mon âme à la leur se confie;
Et si plus tard leur perfidie
Me trahit, moi qui crois en eux...
Tant pis pour eui.
Pour moi tant mieux !
Ceux qui se trompent sont heureux.
Oui, YoiU le secret d'être heureux.
DEUXIÈME COUPLET
Demain l'hymen (6m) enfin m'enchaîne
Au seul objet de mes amours.
Sa volonté sera la mienne ,
Et nous n'aurons que de beaux jours {bis).
Mais s'il survenait en ménage
Quelque doute, quelque nuage...
Je dirais , me fiant aux deux :
Fermons les yeux ,
Tout ira mieux.
Ceux qui se trompent lont heureux.
Oui , voilà le secret d'être heureux.
REYNOLDS
Et ta as raison ; car ^oilà notre ami Christian , le jeone conseiller auliqne, qui , sans en rien dire, adorait aussi ma sœur Alix,
ALCÊB.
Odel!
Mais dès qu'il a su que tu Taimais , que tu voulais Tépouser, il s'est retiré sur-le-champ, et a imposé silence à une passion secrète, dont moi seul et ma sœur avions connaissance,
ALCÉB.
Est-il possible ! quelle générosité !... Eh bien ! que vous disais-Je tout à l'heure?... Et après un tel sacrifice , conunent ne pas croire à l'amitié , à toutes les vertus?... Oui, j'y crois... Je m'en sens capable; et avec une telle maîtresse et de tels amis, Je m'estime maintenant l'homme du
monde le plus heureux !••• Christian , Reynolds , embrassez-moL
CEBISTUN.
Et de grand cceur.
REYNOLDS
Ce diable d'Alcée est vraiment bon enfant