SCÈNE YL GAfiRIELLB , HENRL
OABRIBLLI.
Vous id !••• vous dans cet lieux 1
Oui» Mademoiselle « trois jours sans vous toir, c'était trop long i je n'ai pu 7 tenir. Comment rester à Paris « quand vous étés ici ? Je Viens d'y arriver... j'ai demandé cette respectable chanoinesse dont vous m'aviei parlé... mademoiseUe de Montluçon , votre tante : tout le monde m'a indiqué son château.
GABRIBLLB.
Et de quel droit, s'il vous plaît , vous présenter chez elle?
HBRBI»
C'est dans l'ordre» dans les convenances... il faut bien que je lui demande votre maia
GABRIBLLB.
Sans en être connu !
HENRI
Pour me connaître il faut bien qu'eUe me voie< et quand elle saura à quel point je vous aime, quand je lui dirai : « Depuis deux mois je n'ai »pas quitté votre nièce, et deux mois à bord » d'un vaisseau , c'est deux ans , c'est six ans dans » le monde, c'est une existence tout entière , c'est » plus qu'il n'en fallait mille fbis pour apprédef » toutes les vertus qui brillent en elle. J'ai de la » fortune, de la Jeunesse , quelques espérance^ » de gloire : je lui donne tout cela ; donnez-la-moi » pour femme , et si je ne la rends pas heureuse , » que jamais je n'entende siflQer un boulet de ca- » non , que je reste enseigne toute ma vie ! »
Henri I...
HENRI
Ce n'est pas à votts que je dis cela, c'est à votre tante; et si elle m'avait entendu, croyez-vous
qu'elle ne me connaîtrait pas déjà , comme si dé* puis dix ans nous avions navigué ensemble?
GABRIBLLB.
Si, vraiment; mais élevé depuis Tenfince à bord de votre vaisseau, il y a dans le monde des usages dont vous ne vous doutez pas, et que blesse votre arrivée : aussi je ne veux pas que vous voyiez ma tante.
HENRI
Pourquoi donc cela?
GABRIBLLB.
Parce que d'ordinaire on ne fatt jamais soimême une demande en mariage. On a un ami, un parent, qui se charge de ce soin ; les familles se voient, s'entendent ensemble.
HENRI
N^est-ce que cela? j'y ai pensé', j*ài Ik mon onde... il est avec mol.
GABRIBLLB.
Comment , Monsieur !
HBNtU.
C^est-à-dire il est à Tours, ou plutôt il est ëti route; ce n'est pas sa faute s'il de va pas vite: il a la goutte et ne vient qu'en berline; moi, je suis venu à cheval, à franc étrier.
GABRIBLLB.
£st-U possible t
Henri.
Ce qui est terrible , parce qu'un marin dans la cavalerie...
Air : Du partage de ta riehêise.
J^en conriens, écuyer novice, TéUiid brisé; m«is rien qu'en arrivant.
Rien qu'en voyant ce superbe édittee, Surtout en vous apercevant.
Plus de fatigue, tout s'oublie!
GABRIBLLB.
. Quoi ! plus du tout fatigué?
HENRI i à*nn air triomphant.
Non , vraiment.
GABRIBLLB.
Alors, Monsieur, J'en suis ravie, Et vous allex repartir sùr-le-cbamp.
HENRI
t pensez-vous?
GAbRiELLË.
Oui, Monsieur, pdùr Vous apprendre à agir sans mon ordre , sans ma permission ; c'est bien mal, c'est affreux.
HENRI
J^ai tort , j'ai tort , je ne satd pâd pourquoi, mais dès que vous le dites , j^al tort Aussi je 6uis prêt à vous obéir... je ne demande ni grâce ni délai 1 mais mon oncle, un vieux généhkl qui a la goutte , et qui n'est pas amoureux , mon oncle , qui par amitié pour mot Vient de faire soixantecinq lieues , en jurant comme un damné , je ne peux pas exiger qu'il recommence saitt déaem-
QBUYRB8 COMPLÈTES DB 8GRIBB.
parer, je ne peax pas le taer, moi sortoat qui sois 800 héritier 1 Et puis, s*il faut vous l'avouer, fai déjà eu assez de peine pour le décider à venir foire la demande : il ne voulait pas entendre parler de mariage; et si, en arrivant ici , il reçoit un affront, tout sera fini , tout sera rompu , et je n'y survivrai pas.
GABBIBLLE.
Eh bien ! Monsieur, ce sera votre faute, c'est vous qui l'aurez voulu , qui l'aurez mérité.
HENEI.
Et en quoi donc?
GABBIBLLE.
En n'écoutant que votre volonté et non la mienne, en manquant de soumission...
HENBI.
Gela ne m'arrivera plus, je vous le jure... mettez-moi à l'épreuve ; et si j'y manque désormais , si je n*obéis pas aveuglément à vos moindres désirs , à vos ordres , à vos caprices , si je me révolte contre vous un seul instant , je consens à perdre tous mes droits , je renonce à votre main, à votre amour...
GABBIBLLE.
Vraiment !... Eh bien I j'accepte ! je veux voir jusqu'où peut aller chez vous la confiance et la soumission. Si vous sortez vainqueur de cette épreuve , je ne pourrai plus jamais douter de votre tendresse , et je me regarderai dans mon ménage comme la plus heureuse des femmes ; mais si je me trompe , si je m'abuse , si votre amour n'est qu'un amour ordinaire , s'il est , comme tous les autres , sujet aux soupçons et aux préventions; si en un mot vous en croyez moins votre cœur que vos yeux...
HENBI.
Jamais, jamais...
GABBIBLLE.
Eh bien donc ! voici mes conditions et le traité que je vous impose. Dans quelques jours nous retournerons à Paris; mais d'ici là , et pendant tout le temps que vous et votre oncle resterez en ce château , quoi que vous puissiez voir, quoi que vous puissiez entendre... j'exige que vous n'ayez nidéfiaucô... ni jalousie...
HENBI.
Je vous le jure.
GABBIBLLE.
Que vous soyez toujours aimable, enjoué , et d'une humeur charmante.
HENBI.
Je le jure 1
GABBIBLLE.
Quand je dirai : Mon amL.. croyez-moi...
HENBI.
Je vous croirai.
GABBIBLLE.
Sans que je sols obligée de donner ni motifi ni explications...
HENBI.
C'est trop juste! je n'ai pas besoin de comprendre, je n'ai pas besoin de ma raison , elle est à vous , je vous l'ai donnée , comme tout ce qat je possède.
GABBIELLB , mree émotion.
Monsieur Henri!... vous êtes un bon etaimable jeune homme, et je vous aime bien.
HENBI, timidmneni.
Faut-il déjà commencer à vous croùre?
GABBIBLLE, tooriant.
Certainement... mais silence 1 void nu tante.