SCÈNE VIL
Les Pbêcêdents, HÉLOISE,
HÉLOISB, àGtbriaUe.
Je voulais prévenh* nos amis ; et f ignore conment cela se fait, toute la ville de Loches sanit déjà ton arrivée : aussi nous aurons ce soir ok réception magnifique... (Ai>«rce?ani Henri.) Que vois-je P... et quel est ce jeune homme?
GABBIBLLE.
Monsieur Henri de Saint-Diiier, cet oflkier de marine...
HÊLolse.
Dont tu me parlais ce matin?
GABBIBLLE.
Oui, matante.
Alt : Pawore dame Margueriie.
PKEHIlt COUPLET.
Et ton oncle , qu'il précède , Va se rendre dans ces lieux.
(Sur une invitation de GabrieUe , Henri païae entre ka daas
HÉLOlSB , d*an air aimable.
Puisqu'ici Je tous possède.
Je TOUS garde tous les deux.
Gomme dame châtelaine.
Je veux toute une semaine Prés de nous vous retenir.
Pour vous reposer de la route...
HENBI , bas à GabrieUe.
Faut-il accepter?
GABBIBLLE.
Sans doute.
HENBI.
11 faut accepter?
GABBIBLLE.
Sans doute.
HENBI , à part.
Ah: quel plaisir d'obéir! {bit,)
DEUXIÈME COUPLET
HÊLOlSE.
Quoi! TOUS rassuriex ma nièce. Qui sur mer tremblait d'eflVoi !
LÀ CUANOINESSB.
Vous la protégiez sans cesse ?
Ah ! Monsieur, embrassez-^noi.
HENRI, bat à «abrieUfl.
Faut-il accepter?
GABBIBLLE, de même.
Sans doute.
HENBI , à part et galment.
Je vois parfois qu'il en coûte; Mais n'importe, et sans réOéchir...
(UembrMM Hélobe.)
HÉLOiSE.
Ma nièce aussi...
HENRI , avec joie.
Quel délice !
(S^approcbant timidement de Gabrielle.) Faut-il toujours que j'obéisse?
(Gabrielle ne répond pat , mais de la tète lui fititaigne que oui. (Henri Tembraiw.) Ah! quel plaisir d'obéir! {hit.)
(A part.) Elle est charmante, cette tante-là... (Haut.) Et moi qui craignais de me présenter 1
BÊLOlSE.
Vous aviez bien tort; tous étiez sûr da plaisir que vous feriez à moi et à madame de Savemj.
HENRI, étonné.
Madame de Savemy... qui donc?...
HÉLOlSE , montrant GabrieUe.
Ma nièce.
HENRI, étonné.
Gomment 1... mademoiselle...
HÉLOlSE.
Vous voulez dire madame...
HENRI, Tivement.
Du tout I mademoiselle.
HÉLOiSE, souriant.
Ah ! non , vraiment... ne savez-vous pas qu'elle a été mariée, qu'elle est veuve?...
HENRI, stupéfait.
Veuve... je ne peux pas le croire... ce n'est pas possible, (a Gabrielle.) N'est-il pas vrai?
GABRIELLE
Si, Monsieur.
HENRI , arec colère.
Ehquoil Madamel... une pareille nouveUe id , dans ce moment!... m'abuser à ce point 1... et pourquoi , Je vous le demande ?
Eh I mais, il me semble que vous ne deviez me demander ni motiUs ni explications.
HENRI
Certainement,. Je Tai promis... mais Je ne m'attendais pas... est-ce que je pouvais prévoir...?
GABRIELLE
C'est-à-dire qu'à la première épreuve et pour la moindre chose...
HENRI , avec colère.
La moindre chose... morbleu !... (se reprenant.) Mon... non... Je me tais... Je ne dis rien... vous
le voyez... je suis caUne... je me modère... je me soumets... mais Je me demande seulement., à moi-même , comment , pendant tout le temps de notre voyage, vous ne m'avez pas dit un mot de ce maril... (a Héiobe.) Moi qui croyais connaître toutes ses pensées I...
HÉLOlSB, Tifement.
Elle n'y pensait Jamais !
HENRI
A la bonne heure!... c'est tout simple... tout naturel... pourquoi alors en faire un mystère?
HÉLOÎSE , à demi-Toix et le tirant un peu & Técart.
Elle a été si malheureuse avec lui, qu'elle n en parlait Jamais ; et puis elle a été mariée si peu de temps... si peu... si peu... que ce n'est vraiment pas la peine d'en parler...
HENRI , arec colère.
Eh! Madame! (se reprenanu) Non... non... pardonnez-moi , excusez-moi... je ne sais plus où j'en suis! Moi qui croyais... qui espérais !... ah I Je ne pourrai m'habituer à cette idée-là.
GABRIELLE, & parU
Pauvre jeune honune!.,.
HENRI , pavant ft la gauche de GabrieUe.
Et j'éprouve là , malgré moi , des transports de Jalousie et de rage...
GABRIELLE
Henri!...
HENRI
Rien... rien , Mademoiselle... je veux dire Madame ; Je ne me plains pas... je ne me fâche pas. . je tiens ma promesse... Je suis enjoué... Je suis de bonne humeur!... maisje suis bien malheureux!
GABRIELLE
Et pourquoi donc ? puisque Je vous aime...
HENRI
Vrai 1 vous m'aimez !... Ah ! ce mot-là fait du
bien... cela console. .. (a part, et se jetant dut un faoteuU auprès de la table.) MaiS C'eSt é^^ , Ce U'cSt paS
la même chose.
GABRIELLE , le regardant.
Oh ! mon Dieu !... mon Dieu ! il me fait peine... et Je ne peux vraiment pas...
HÉLOlSE , la retenant.
T penses-tu?...
6ABRIELLB.
Air : L$ betm Lyeat aiwuni Thémire.
Hélas! k son trouble sensible , Je partage son embarras !
Cest qu'en effet il est terrible De passer pour ce qu'on n'est pas...
Par prudence , je me retire ; {bit.) Car, rien qu'en royant sa douleur.
Surtout en royant son erreur.
Je suis toujours prête à lui dire : { ^^ v
« Rassurez-Yous , n'ayei pas peur... » ) ^ <' (Elle sort par la droite en le regardant encore.) HÊLOiSB.
Elle me fait trembler de peur.
WUVRES COAIPLÈTSS DE SCRIBE.
8CENK Vin,