VA^SAK
Qui donc?
Eh parbleu Ile soleil I
YASSAN*
Et sur la terrasse du Grand-Trianon , au milieu de la nuit , ces concerts , dont tous les bons habitants de Versailles peuvent prendre leur part} où Sa Majesté se montre oOmme une petite bom^ geoise , en simple déshabillé blanc, sans aucune suite.
LA1ISUN«
Eh bien I OÙ est le mal?
VASSAN.
Le mal! c'est qnll lui est arrivé de causer quelquefois avec des gens de rien , des bourgeois qui Bont venus , sans respect , s'asseoir auprès d'elle.
LAUZUN
Tout cela vous étonne? Mais vous ne voulez donc pas comprendre, vous autres vieux courtisans , qu'élevée dans toute la simplicité des mcBurs allemandes , la reine ne peut pas se conformer à vos sots et ennuyeux usages.
A» : Du pûrtêg9 de to riêkeue.
Et eependant, quoique étrangère»
Par ses attraitô et son goût exquis.
Par son esprit et par sa grâce légère, Elle appartient à notre beau pays.
Sans nul effort son sourire commande Le dévouement, Famour et les respects ;
El si sa téta est «Uemamie, Moi Je suis sûr que son cœur est français.
Aussi ftdt-elle perdre l'esprit à tout le monde ; et ce matin encore ai-je été obligé de donner un coup d'épée , en son honneur, à un jeune étourdi , un jeune fou...
VASSAK.
Gomment I monsieur le duc, un duel?
LAUZUN
Mon Dieu oui ! je pariais, un peu haut à la vérité , puisque ce jeune homme m'a entendu , de l'amitié dont la reine m'honore , de la bonté toute particulière avec laquelle Sa Majesté veut bien m'accueillir depuis mon retour de Russie. Je citais quelques petites circonstances, du reste, assez connues : la plume de héron, et certahi ruban; j'allais même jusqu'à le montrer, lorsque ce jeune homme a eu l'audace de s'élancer sur moi, et de me l'arracher. Évidemment c'est un rival; mais pour son nom il n'a pas voulu le dire.
UN HUISSIEB, entrant par le fond, 4 droite de ractsnr:
Quelqu'un qui veut visiter le Grand-Trianon, et qui se réclame de M. le marquis de Vassan, m'a chargé de lui remettre ce billet
VASSAN.
Donnez. Vous permettez, monsieur le duc? (LîMQt.) « Mon cher oncle. »
LAUZUN
C'est un parent à vous.
VASSAN.
Ah ! parbleu! des parents ! on n'en manque pas quand on est à la cour ; toutes les semaines il m'en tombe des nues. (LUant.) « J'arrive du pa]^ » et mçurs d'envie d'aidmirer Trianon et d'em- » brasser un onde que je n'ai pas vu depuis dix » ans. » C'est mon neveu , Silvestre de Varnicour, dont on m'annonçait l'arrivée , un beau blondin. l'huissier.
Non , Monsieur , il est brun.
VASSAN.
Petit, jeune homme.
l'huissier.
Non , Monsieur, il est grand.
VASSAN.
Que m'écrivait donc sa mère? U ne peut pas cependant, depuis quelques heures qu*il est à Versailles...
LAUZUN
Bah ! on change si vite à la cour !
l'huissier.
Du reste , il a une impatience d^ntrer au château...
VASSAN, montrant U lettre.
Je crois bleui ces provinciaux qui n'ont jamais vu de près des grands seigneurs tels que nons^.
LAUZUN , jetant les ywt wr le billet que Vawan tient à la main.
Comment ! c'est là l'écriture de votre neveu ?
VASSAN.
Mais apparemment
L/LUZDIf.
G*e8t aussi celle du geotilhomme avec lequel Je me suis battu ce matin.
VASSAN.
Quoi ! monsieur le duc? il se pourrait! Ahl que je suis désolé ! il ne vous a pas blessé ?
LAUZUN
An contraire , c'est moi.
YASSAN.
Ah ! que c'est heureux I mais c'est donc une mauvaise tête ? S'attaquer à vous ! concevez-vous une pareille chose? moi qui fais profession du plus entier dévouement Ah ! mais je vais aller tout à l'heure lui laver la tête : soyez tranquille, monsieur le duc, soyez tranquille, vous obtiendrez toute satisfaction.
LAUZUN, •ourianl.
Eh I ne l'ai-je pas déjà obtenue !
L'HUISSIEB, àdeVaicaii.
Que dois-je répondre?
VASSAN.
Eh ! parbleu ! qu'il attende ! je suis d'une colère !...yoilà la reine, et mon devoir est de prendre ses ordres. Qu'il attende I
(L'hoiiner tort. )