‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 682 sur 756 · RAYMOND, FUMICHON · texte numérisé non relu

RAYMOND, FUMICHON

BAYUQND.

Ah ! Monsieur est notaire ?

FUMICHON

A une douzaine de lieues d'ici , dans la TiOe de Pau ; vous la connaissez?

BAYUOND.

Non , Monsieur.

FUMICHON

Tant pis pour vous ! une vue magnifique , la vue des Pyrénées, l'aspect du Gave, et, mieux encore , des coteaux de Jurançon ; un vin excellent, que je serais charmé de vous offrir, si tous me faisiez l'honneur de vous arrêter chei moL Et si, d'ici là , comme je vous l'ai dit, je puk vchis èat utile à quelque chose...

BATMOND.

Vous êtes trop bon , et un pareil accneil faità un étranger...

FUMICHON

Vous ne l'êtes pas. Vous avez là une épautett€«.. et vous devez avoir une vingtaine d'aanéei ?

BAYMOND.

A peu près.

FUMICHON

N'importe* Tai un fils de dix-huit ans, «Sder comme vous, pas dans la marine, dans les lagons : c'est égal.

Air de lontora.

Quand un militaire, on jeune homme.

Parait k mes yeux attendris.

Sans s'informer comme il se nomme.

Je l'aide autant que Je le puis; D'avance il est de mes amis !

BAYMOND.

Eh quoi! Monsieur, sans le connaître?

FUMICHON

S'il a besoin d'un appui , me voilà !

Je le soutiens, en me disant x Peut-être Un autre k mon fils le rendra !

BAYMOND, lui serrant Umaiiu

Ah t Monsieur.

FUMICHON

Et puis, j'ai toujours eu un faiUe pour la je»nesse. Demandes à Hector, c'est inaii eaten, Hector Fumicbon , un gaillard qui fait de moi tant ce qu'U veut. Ma femme, qui est dévote, Tâevait avec une sévérité , un rigorisme qui me nfmblaimt peu convenables: aussi, et sans la contrarier, parce que je suis bon mari, je gâtait mon ils

ESTEU^.

Hector le plus qaejç pouvais t afin de tétaUir Téqiiilibre« Ça allait bien , on plutdt cela allait niai, jusqu'au moment où il a fallu qu*il prît un état ; et sdors U n'y a plus eu moyen d'y tenir. Ma fennne voulait q9*il entrât au séminaire » et moi dans le notariat. Madame Fumicbon a résisté, j'ai tenu bon, et pendant que nous nous disputions pour savoir s'il serait notaire ou curé , Tenfant s*est fait dragon.

lUTUOND,

Sans votre consentement ?

FUVICHON*

Il nous Ta demandé après. U est militaire dans nae; U boit, il fume, il se bat. Du reste, un excellent cœur, qui m'aime bien et qu'il est im*possible de ne pas aimer. En passant ce matin à Bagn^res, où son régiment est en garnison, j'ai foola revbrasser; il était ami arrâts, parce pilier, au q»ecUGle , il avait eu une querâUe,

BITMOND.

Et pour qui?

FUmCHOIf.

PourmoL H y avait dans la pièce un notaire ridicule, comme ils en mettent dans toutes leurs comédies, et par piété filiale, Hector n'a pas voulu laisser finir l'ouvrage; de là du bruit, du tapage , un défi , et cœtera.

Air : Qu'il ett ftaiUur ^épouser celle, Cest un bon enfant! c'est un diâUe !

Par intérêt pour #es parentf , he sabre au poinK, il est capable D'amener chez moi des clients!

Et nous n'avons pas l'babiiude, Dans Tétatque nous exerçons, De faire marcher une élude Avec un piquet de dragons!

Malheureusement je n'ai pas pu le gronder à mon abe; on m'attendait ici , j'avais reçu bier la lettre la plus pressante de mon ami Solign}, que depuis deux ans je n'ai pas vu.

BAYIIONP.

C*est votre ami?

FVMIGQON.

Ami intime; je l'ai connu si jeune, militaire sous l'empire, officier supérieur à vingt-cinq ans, puis, lors de la restauration, lancé daos les spéculations commerciales, il m'a toujours confié toutes ses affaires , U n'a jamais rien fait sans me consulter.

BAYMOND.

Quel bonheur ! j'ai grand besoin de protection auprès de lui.

FUMIGHON.

Eh bien ! jeune homme, comme je vous l'ai dit, me voilà... On vieqt

nAYMOPiP , me effroi.

Ah ! mon Dieu !

FUMIGHON.

Est-ce que vous avez peur? vous, un marin!

( Lui prenant U main et regardant du côté de la porte A gauche deractaur.) RaSSUrCZ-VOUS , c'OSt Sa fiUC...

Eh bien I je crois que vous tremblez encore plus fort.

Page 1