SCÈNE VIL
ESTELLE , FUMIGHON, SOUGNI.
SOLIGIf I , i Estelle qui entre par U porte à droite.
Qae voulez-vous? pourquoi entrer ici sans mon ordre « et venir ainsi nous interrompre?
ESTELLE
Ah ! ne m'en veuillez pas, c'est bien malgré moi ! c'est quelqu'un qui voudrait parler à M« Fumichon , et qui m'a suppliée de venir le lui dire.
SOLIGNI, plus doucement.
C'est durèrent ! Nous étions occupés d'une affeire importante, et dans mon impatience.*.. Pardonnez-moi, Estelle , de vous avoir parlé aussi brusquement
ESTELLE
N'en avez-vous pas le droit ? mon père , quand vous êtes mécontent , je n'en accuse que moi , qui sans doute en suis cause !
FUmCHON, regardant BtteUe; •'approchant de Soligni.
Pauvre enfUnt! tant de doaœar et de résignation!
SOLIONI, ireeémoUon.
TU as raison, je suis injuste.
FtJlilCdOll , le fibânt paver & aa droite entre loi et EtteUe.
Regarde-la donc. (SoUimi l^e lea jenz fur eUe aree
émotion.) Eh bien! qu'en dis-tu?
SOLIGNI , I Toix basse , atec colère.
le dis que c'est inconcevable comme elle ressemble à ce Bussières.
FUMIGHON, avec dépit.
Toujours ces maudites idées, (vivement l EsteUe.)
De quoi s'agit-il, mon enfant, et que me veut-on?
ESTELLE , timidement.
C'est la personne de ce matin , ce jeune marin...
SOLIGNI, hrusqtiement.
Un jeune homme, un marin? qu'est-ce que c'est que ça?
FUMIGHON.
Un ami à moi! un ami intime.
SOLIGNI.
C'est autre chose.
ESTELLE
Il voudrait absolument vous parler.
FUMIGHON.
Eh bien I qu'il vienne.
•OLIQNI.
Non pas ; je ne reçois Id personne.
^ttttf GâdH , prenait son ckapeao et ta canne qol sont nif la table, et prêt i sortir.
Alors, puisque je ne peux recevoir mes amis cheztoL..
SOLIum » le retenant.
Od vas-tu?
FUMIGHON.
Lé recevoir chez moi ! je pars avec lui.
SOLIGNI.
Quelle idée 1 qu'il entre au château , et qull al» tende ! tu lui parleras tantôt
Estelle, ldemi-Toit,l Fomlchon.
C'est qu'il dit que c'est très-pressé , puisqu'il a reçu l'ordre de partir ce soir même pour Bayonne, OÙ il doit s'embarquer.
FUMIGHON.
Je conçois alors que les moments sont précieux. Eh bien ! priez-le de dîner avec nous.
SOLIGNI.
Comment!
FUMIGHON.
C'est moi qui l'invite, pour que nous puissions parler affaires.
ESTELLE , timidement, & Soligni.
Faut-il, mon père?
SOLIGNI.
Puisque monsieur Fumichon le désire !
FUMIGHON.
Non-seulement moi , mais monsieur de Soligni, qui sera enchanté de le voir... Je vais te le présenter.
(il va aoprèe de Soligni.) SOLIONI, atec colère.
A moi! y penses-tu?
ESTELLE , effrayée.
Ah! mon Dieu!
FUMIGHON , lai faisant signe delà main.
Ne vous effrayez pas, et attendez.
( Estelle se retire au coin du théâtre , I droite.) SOLIGNI, i demi-Toix.
A qui diable en as-tu avec tes présentations ?
FUMIGHON, de même.
Nous cherchions un mari, c'en est un, un jeune officier de marine fort gentil, fort aimable, qui aime ta.... (se reprenant.) qui aime mademoiselle Estelle , et puisque tu m'as chargé de la marier, je ne pourrai jamais trouver mieux.
SOLIONI.
A la bonne heure , tu es le maître , pourvu que je ne paraisse en rien dans tout cela.
FUMIGHON , regardant EateUe.
En rien , c'est difficile ; mais il s'agit d'y paraître une fois, pas davanuige. Il va venir; il te fera poliment sa demande en mariage , et toi , tu lui répondras en quatre mots : « Je consens.
OEUVRES œMPLÈTBS DE SCRIBE;
» Je vous donne Estelle et deux cent mille » francs. »
SOLIGNI.
Je n'ai pas dit cela.
FUIIIGHON.
Tu le diras, (a Etteiie.) Attendez toujours, (a SoUgni.) Tu le diras , pour en finir, et pour qu'il n'en soit plus question. Voilà ce que j'exige de toi, ce n'est pas bien difficile, et en re?ancbe. Je me charge de tout le reste.
S0LI6NI , froideinent et I demi-voix.
Soit , à condition que tu accepteras la donation dont Je te parlais tout à Theure.
FUMICHOII.
Non.
SOLIGNI.
FUMICHOII.
Parce que , grftce an ciel , Je suis un notaire honnête homme, qui n'ai Jamais dépouillé la Teuve ni rorphelin.
SOLIGNI « élerant la voix.
Ce sera pourtant ainsL
FUMIGHON, de même.
Cest ce qui te trompe.
SOLIGNI.
Je le Teux.
FUMIGHON.
Je ne le veux pas.
BSTBLLB , effrayée.
VoOà qu'ils se disputent !
FUMIGHON , allant à Estelle.
N'ayez pas peur, cela s'arrange, allez le chercher, qu'il Tienne I
ESTELLE
Oui, Monsieur, il est là dans l'autre appartement
FUMIGHON.
Eh bien ! qu'il paraisse I
(Elle tort an instant par la porte I droite.)