‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 684 sur 756 · FUMICHON, SOUGNI, ESTELLE, RENAUD · texte numérisé non relu

FUMICHON, SOUGNI, ESTELLE, RENAUD

aa fond.

SOLlONt I M Jetant dam lei bras de FsmfelioB«

Jetertvoisl

ttrMtcfloft.

Oui, non ami, mon cher SongnL

SOLIGNI.

Ah t que mon cœur en avait besoin ! ( Uêujuh une lannë. ) Gela fait tant de bien d'embr^Kr n

ami ! (S*ataliçant et apercevant Eftelle.) QUC ftto-

fons là? Estelle, laisse^nous.

ESTELLE

Oili, mon père , je m'en vais.

Tu restes ici, n'est-il pas vrai, toute ta B^ maine?

FUMICBON.

Je ne peux; j'ai besoin de revoir mon étude, et puis mon Gis, dont le régiment est à Baguères. Mais je te donnerai au moins aujourd'hui et demain.

(Il s*aaûed sur le canapé. — Estelle, au fond, paxk I

Renaud et a Pair de loi donner des ordres. )

SOLIGNI.

Ah ! c'est ce que nous verrons, (a Reaaad.) Occupez-vous de son appartement

RENAUD , qui est près de U porte à droite.

Mademoiselle a dit que l'on préparât ceM du premier , celui de sa mère.

SOLIGNI.

De sa mère !

RENAUD

Le plus beau de la maison.

SOLIGNI • i RMiand.

Et de quel droit mademoiselle donae-l-elle id des ordres ? Ce n'est pas à elle d'f commaDder, je pense, c'est à moi!

ESTELLE

Pardon, mon père, j'ai eu tort.

FUMICHON, «lis.

Le ton n'est pas grand.

C'est bien; cela suffit Vous placerei flM)Dsieiir près de mon cabinet , près de moi ; nous pourroos causer plus à l'aise; mais dorénavant n'oublies pas que moi seul suis maître en ce châtean, et que rien ne doit se faire avant qu'on ne m'ait consulté. Ailes.

( Renaud sort par la porte à drotta. ) ESTELLE.

Vous avez raison, Monûeur; c'est ami qui sans y réfléchir et croyant bien £aire...

SOLIGNI, froidement.

Je ne vous fais pas de reproche; Je iie?o«sdîs rien ! Ce n'est pas à vous, c'est à ce domeitiqie quejem'adreiNis.

ESTELLE

Nimporte, looft père, orojres q«e désormais ma soumission...

ESTELLE

BOLIOItl, ctelMnttiU

Je n'en vote pas la prenTe; car il me aenble TOttB ayoir priée de nous laisser*

(Fumicbon«etef0.) ESTELLE , pamAk aafrè»de Famiehoa , lui dit bts et tree douleur.

Vous Tentendez.

( Elle p«ae à •» droite et re»te uo peu en arrière pendant le moroeaa de chant* ) ESTELLE t baa 4 Fumichon.

Aie : Séduisante intage (de Gustave).

Vainement j'espère Désarmer son cœur:

Rieti ne peut d'un père Calmer la rigneur.

PUMICHON , la retraattt.

Mais, bêlas! ma chère.

Que pouvez-vous faire?

ESTELLE* Lui donner mes jours!

Souffrir et me taire , Et Faimer tonjowB.

B1I8BHBLB.

SOLIGffl.

Coitrainte térére.

Funeste rigueur.

Cachons ma colère Au fond de mon ctenr.

ESTELLE

Vainement j'espère Attendrir son cœur ; Rien ne peut d'un père Calmer la riguear.

FOttlCnON, regardant Soligni.

Je saurai , j'espèra , Lire dans son cœur.

Je saurai d'un père Calmer la rigneur.

(EUeaoriparUdroite.)

8CÊNB VI.

FUMIGHON, SOLIGNI.

FUMICHON

Eh! m^« ta me semblés bien Sévère avec cette chère enfant ?

SOLIGNI.

Moi! en quoi donc?

FUIIICHON.

Le ton dont ta lui as parlé*

SOLIGNI.

M'est-ce que cela? Tu dois m*en savoir gré, et m'en complimenter I J*ai mis à profit tes remontrances* Tu me reprochais autrefois d'êU'e trop indulgent « trop facile. G*est un tort, disais-tu.

FUMIGHON.

Quand les enfants en abusentl mais ta fille est si bonne « siaimabje...

SOUGNI» froidement*

Oui» elle n'est pas mal

FUMIGHON 9 avec eotbooiiMne.

Pas mal ! elle est charmante ! et si dans son genre mon fils Hector était comme elle !•«•

• SOLIGNI*

Hector! mon filleul ! un joU cavalier que j*aiine de tout mon cœur ! et pour la moitié de ma fortune je voudrais qnll fût à moi ! Ah 1 que tu es heureux , toi , d*avo{r un enfant*. ( Se reprenanu ) Je veux dire un garçon !

PUMICHON*

Parbleu ! le bonheur n'est pas si grand; car 11 me fait daomer ; U me mange un argent fou. Tous les produits de mon étude y passent Monsieur ton filleul donne à dîner à tout son régiment; monsieur donne à danser à toutes les Jolies femmes de fiagnères*

SOLIGNI.

Lui» Hector?

rtJHICHON.

Parbleu ! il ne manque pas d'Androtnaques.

SOLIGNI.

A son âge!

FUMIGHON.

C'est bien là ce qui m'eflVaye ; il n'a pas vingt ans et est aussi mauvais sujet que s'il en avait quarante.

Mais aux Ames bien nées La valeur n'aUead pai le nombre des années.

C'est la devise de la jeune France; c'est la sienne* Voilà, mon cher ami, ce que l'on gagne à avoir un garçon ; tandis que toi , tu as une fille» une fille si sage , si raisonnable***

SOLIGNI « avec impatience.

Certainement*.

FUMIGHON»

Une fille qui a» je crois, en partage toutes les qualités.

SOLIGNI, de même.

Eh ! mon Dieu! je n'en doute pas ; mais je t'avais prié de venir me voir..*

FUMIGHON.

Pour me parler d'elle ?

SOLIGNI.

Non vraiment ! mais pour te demander un conseil, ou plutôt un service. J'ai pensé que je ne pouvais m'adresser qa'à toi*

FUMIGHON*

Tu as bien fait, et je t'en remerde !

SOLIGNI, après on insUnt de silence*

C'est on ami à moi , un ami intime qui est venu me consulter» moi» ancien militaire» anden négodant» qui n'entends rien aux affaires de jurisprudence» et sans trahir un secret d'oà dépend sa vie » je me suis promis de t'en parier*

FUMIGHON*

Jet'éooute!

S0LI6NI 9 Ini montrtnt 1« canapé.

Asseyons-Dons.

(ib s^aateyent fur le canapé I droite du théâtre, Fnmicbon I la gauche de SoUgni. )

FUMIGHON.

De quoi s'agit-il?

SOLIGNI 9 après un insUnt de silence.

Qnand un homme marié est riche et n*a qa*un enfant, et qu'il a des motifs graves pour rexcku*e totalement de sa succession, quels moyens pourrait-il employer?

FUMIGHON.

Aucun, à moins d'aliéner et de dénaturer ses biens , et de les donner enfin de la main à la main.

SOLIGNI.

Mais s'il ne Toulait pas s'en dessaisir de son vivant?

FUMIGHON.

Gela deviendrait plus difficfle. Il faudrait alors souscrire à un tiers une obUgation qu'il acceptât, et par laquelle on reconnaîtrait avoir reçu de lui telles ou telles sommes, remboursables à la mort dusignataire.

SOLIGNI.

Je comprends.

FUMIGHON.

Un acte fait double , sous seing privé , deux signatures au bas, et tout est en règle.

A merveille.

Air de FÊeu de iix francs .

Mais arant tout il est utile Que quelqu'un accepte l'écrit.

FUMIGHON.

Ah! ce n'est pas le difficile, Quand d'une Tortune il s'agit.

Sois sûr que, sans se faire attendre.

Il va soudain se présenter Maint amateur pour l'accepter.

Et souvent même pour la prendre.

SOLIGNI , d*un air distrait.

Je le d*0is aussi. ( Avec un peu d'hésitation. ) Mals

ne pourrais-tu pas me faire le modèle de cet acte , de cette donation?

FUMIGHON.

Si tu connais intimement la personne, si tu me réponds qu'elle a de Justes raisons pour agir ainsi?...

SOLIGNI.

Je te le jure sur l'honneur.

FUMIGHON.

C'est différent, ce n'est plus moi, c'est toi qui

es responsable. ( lU se lèvent ,- Fumichon se mettant à la table et écrivant. ) Gc HC Sera paS lOUg. (Montrant ce qu'il écrit I Soligni qui le suit des yeux.) TiCUS , VOis*tU ,

pas autre chose. '(Écrivant toujours.) Metu*e là les noms , que je laisse en blanc ; désigner la somme , qu'on est censé emprunter; et pour que ce soit

mieux , lui donner une destination et en InffiqMr l'emploi. Mais pour cela , il Daudrait connaître \a affaires et la position de celui qui veut 50D8Crire cette obligation.

SOLIGNI , i demi-voix.

Eh bien! s'il faut te le dire, celoi-là, c'est moi!

FUMIGHON , se levant, i haute voix.

Qu'ai-je entendu? Toi, déshériter ta fille, la priver de tes biens, pour les transmettre à m antre...

SOLIGNI.

Silence! Si je me suis adressé à toi, mon seâ ami, c'^pour être sûr du secret, et j> compte, tu me Tas promis!

FUMIGHON.

Je ne t'ai pas promis de t'aider dans une inj»tice , et c'en serait une.

SOLIGNI.

Qu'en sais-tu? sais-tu ce qui se passe là? sabtu ce que j'ai souffert, ce qne je sooflre encore? Je suis le plus malheureux des hommes; abandonné de tous, trahi, outragé, j'ai la rage dans le cœur. Et il me faut en silence dévorer on affront dont je ne peux même pas tirer vengeance.

FUMIGHON.

Que dis-tu?

SOLIGNI.

Ah! tu sauras tout maintenant; aussi bien <fest trop sonflHr, c'est trop se contraindre; et c'est déjà alléger ses maux que de les confier à on ami ! Je ne te parlerai pas des premières années de ma vie , elles furent trop heureuses ; et je regrette encore le temps oiï, simple offider sortant de Saint-Cyr, je dus à ton amitié mes premiers frais d'équipement et de campagne; tu étais le plus ftgé , le plus riche de nous deux , car je n'avaê rien et je ne t'offrais pour caution que moi, ma personne , qu'un boulet de canon pouvait enlever ! Il n'en fut pas ainsi , on allait vite alors ; et quand je revins général de brigade , aide de camp de l'empereur, on crut ma fortune faite ; un armateor de Bordeaux m'ofiritsa fille ; je l'aimais ; je eroyas en être aimé; je me conduisis du moins en bon mari , et ne songeais qu'à la rendre heiu-eose ! La restauration m'avait enlevé mon avenir, mes espérances et ma fortune ! je cherchai à m'en faire une autre par le commerce : j'équipai on bâtiment marchand. Je fis plusieurs voyages, qui presque tous réussirent ; et pendant mes longues absences, je n'avais d'autres consolations qne le souvenir de ma femme, et surtout de ma fille! c'était un bonheur qui jusque-là m'avait été inconnu , un sentiment qui absorbait tous les autres , une passion , un amour qui m'aurait tenu lieu de tout; car ma vie à moi, c'était mon eniant, et

ESTELLE

depuis la monde sa mère , m en as été le témoin , je ne pouvais passer nn instant sans FaToir là près de moi. J'étais fler de ses snccès, de ses talents, de sa beauté; et quand tout le monde l'admirait, a?ec quel orgueil, quel bonheur je leur disais: Elle est à moi, c'est mon sang , c'est ma fiOe. Ah ! j'étais trop heureux, et toutes mes illusions, tous mes rêves allaient se dissiper !

FUHICHON.

Gomment cela?

SOLIGNI.

Un soir, j'étais resté seul chez moi à Paris, dans l'hôtel où, pendant mes voyages, habitait autrefois ma famille , et en cherchant dans une armoire secrète des papiers qui m'étaient nécessaires , et que je voulais t'envoyer, un ressort que je ne conuaissais pas me fit découvrir une cachette dans l'épaisseur de la boiserie. J'y trouvai un portrait et un billet. Ce portrait, je le reconnus très-bien , et quant au billet je ne l'oublierai jamais... Voilà ce qu'il disait : « Tu m'as » écrit : « Viens, je t'attends; » et ces mots qui » hier encore auraient fait mon bonheur, me ré- » duisent au désespoir. Je ne puis me trouver au » rendez-vous que tu me donnes ; je ne puis plus » te voir. Adieu, Henriette; ton mari vient de me » sauver la fortune et l'honneur, à moi qui le tra- » hissais depuis si longtemps. »

FVMIGHON.

0 ciel!

SOLIGNI, froidement.

C'était un de mes anciens compagnons d'armes , que, dès le commencement de mon mariage, j'avais accueilli chez moi, M. de Bussières.

FUMICHON

Celui qui est mort pendant ton dernier voyage ?

SOLIGNI.

Oui , pour mon malheur, il est mort, ils sont tous morts ceux qui m'ont trahi ! et pendant cette fatale découverte , calme et impassible , j'avais abandonné en moi-même à la vengeance du ciel l'épouse coupable qui n'était plus, l'ami perfide que j'avais sauvé du déshonneur, et qui avait tramé le mien; j'éprouvais pour eux trop de mépris pour avoir de la colère. Mais quand je relus ce biUet et ces derniers mots : « Moi qui le ira- » hissais depuis si longtemps^ » je sentis un froid mortel se glisser dans mes veines en pensant à Estelle, à celle que je nommais ma fiUe.

FUMICHON

Ah ! quelle horrible idée!

SOLIGNI.

Et comment ne pas l'avoir? comment ne pas sentir un tel soupçon parcourir, en frémissant , tout votre être, et remonter jusqu'au cœur, pour y dessécher tout ce qu'on avait de sentiments

tendres; pour empoisonner votre Joie, pomr changer votre bonheur en défiance, et votre amour en haine? Mille souvenirs dont je te fais grâce, mille circonstances autrefois indifférentes venaient maintenant s'oflrh* à mon esprit, et faisaient faillir à mes yeux la lumière que j'aurais voulu fuir. Que n'ai-je pas fait pour m'y soustraire, et pour m'abuser moi-même! je le désirais, j'aurais payé de mon sang nn mensonge qui m'aurait rendu le repos ; mais ils ne m'ont même pas laissé les tourments et le bonheur d'un doute.

FUMICHON

Que veux-tu dire?

SOLIGNI.

Tu sais que lors de mon dernier voyage, recueilli par nn vaisseau anglais qui faisait voile pour Canton , on a été plus d'un an sans recevoir d'autres nouvelles que celles de mon naufrage? On dut me croire mort, et ce bruit était devenu une certitude , lorsque ma femme succomba ellemême à une longue et cruelle maladie; mais en expirant, sais-tu ce qu'elle a fait? sais-tu à qui elle a confié par son testament la tutelle , l'éducation, l'existence de sa fille? Ce n'est pas à sa propre sœur qui était près d'elle; ce n'est pas à des parents à moi, qui étaient ses tuteurs naturels! Non, c'est à son complice, à son amant, au père de son enfant , à M. de Bussières.

FUMICHON

Est-il possible!

SOLIGNI.

Et ce qu'il y a de plus évident encore, c'est qu'à cette époque , M. de Bussières n'était pas en France ; marié lui-même et sans fortune , il était passé à l'étranger ; il avait pris du service en Russie, dans l'armée polonaise, où depuis il a trouvé , en combattant , une mort que je lui envie , et qu'il ne méritait pas! Mais pourquoi cette femme qu'il avait alrândonnée à jamais, cette femme à qui il avait écrit une lettre d'étemel adieu, aurait-elle été, au moment de sa mort, lui confier, à lui , absent , le soin d'une orpheline , si cette orpheline lui eût été étrangère? Et ce titre de tuteur qu'elle lui donnait ne prouve-t-il pas qu'à ses propres yeux à elle , il avait d'autres titres? (Vivement.) Mais réponds, réponds-moi donc! trouve donc quelques raisonnements, quelques objections qui détruisent, qui atténuent les preuves qui l'accablent !

FUMICHON , avec embirras.

Eh ! eh ! ce ne serait pas encore impossible !

SOLIGNI.

Non, tu le sais bien ! tu sens toi-même que j'ai raison , que cette enfant ne m'est rien , qu'elle est ici une étrangère, ou plutôt un affront continuel, une preuve vivante de mon déshonneur! Et

qoaAd Je pense que pendant si longtemps je Tai chérie, je Tai adorée, que j'ai prié ponr eUe, que j*ai pressé sur mon cœur et couvert de mes baisers, qui? la fille de mon ennemi ! Et comme si ce n'éûdt pas assez pendant ma vie des tourments que j'éprouve, il faudrait encore qu'après ma mort, mon bien, ma fortune, ce fruit de mes travaux et de mes peines , allassent enrichir mademoiselle de Bussières I Ah ! mon cœur se révolte à cette seule idée ! Je devais à mon enflant , à ma fille, tout ce que je possédais, mon or comme mon sang ; je n'avais pas de mérite à les lui donner ; je les lui devais ! mais je ne dois rien à mademoiselle de Bussières , et il y aurait honte à moi... ce serait mépris de toutes lois et de toute morale, de doter ainsi le parjure et de récompenser l'adultère. Mon. Cet acte que je t'ai demandé est un acte de justice ; elle n'aura rien « ma fortune appartient à mes amis, («veo intenuon) ceux qui ne me trahissent pas. C'est à toi que je la destine; tu l'auras.

FUIfIGHON.

Moi?

SOLIONI.

Tu l'auras tout entière , toi et les tiens. Je ne voulais pas te le dire ; mais c'est mon intentioUé

Sur laquelle j'espère bien te faire revenir. Mais dans ce moment il ne s'agit pas de cela , il ne s'agit pas de moi , mais de ton bonheur, de ton repos , et pour toi il n'y en aurait pas de possible si tu avais des reproches à te faire.

SOLIGNI.

Des reproches !•••

FUMICHON

Oui , tu es un galant homme , un homme juste, et quels que soient les motifs de ta colère, tu dois sentir que ta fille , je veux dire qu'Estelle , ne doit pas être punie d'un crime qui n'est pas le sien ! Ce n'est pas sa faute à cette pauvre enfant ! Si elle t'aime, si elle te respecte, si elle te regarde comme ce qu'elle a de plus cher, tu ne dois pas lui en vouloir.

SOLIGNI.

Je ne lui en veux pas, et, s'il faut te l'avouer, j'avais tellement l'habitude de l'aimer , que souvent j'out lie ma haine ; je n'y pense plus , je suis prêt à m'élancer vers elle, à l'embrasser, à lui dire : Ma fille ! et puis je m'arrête ; et la rougeur sur le front, honteux de moi-même, indigné de l'aimer encore, je m'en venge en l'accablant de mon indifférence, et souvent de ma colère! Souvent même , que te dirai-je ? je suis furieux de la voir si jolie , d'être forcé d'admirer en elle tant de bonté, tant de vertus, tant de trésors enfin, qui ne m'appartiennent plus. Elle me croit bien mé-

dianttetjesaisbienniallievenx;aa?iieae firft tant de maL*.

(IliejtttttdaiMleibrM et Funielum, p«it a»*éWfMM ranoBUat le théâtrt , et en reHewpndint fl m trMne l gauche de Fnmichoa. )

Oui, |e le comprends maintenant Alon il te qu'elle s'éloigne , mais sans que pernoiuie puisK s'étonner de votre séparation.

SOLIGNI.

Et comment cela?

FUMICHON

En la mariant.

SOLIGNI.

Moi I me mêler de son mariage 1

FUMICHON

Tu ne fen mêleras pas; c'est nuri que cela regarde.

SOLIGNI.

A la bonne heure, trouve-lui ua mari, qâ a voudras ! ton fils Hector.

FUMICHON

Hector! pauvre fille, tu lui eo vmoL tonjam! Ce n'est pas bien i je suis trop houiéte pour y consentir! en huit joui sa dot mangée!

iOLiGNI » d*dA air méeMtML

Sa dot!

FUMICHON

CeUe que tu lui donneras; car tu lui en donneras une, tu ne peux pas foire antremoit , ti le sens toHnême ; ne fût-ce que pour le nomle.

Eh bieil soit Si une ringnantaine de mile firancs...

FUMICHON

Impossible ; je ne trouverai jamais un mari à ce taux-là; dans ce moment surtout » où ils sont hors de prix.

SOLIGNI.

Eh bien! eh bien! cent mille francs Ij'ieqière que c'est bien asses.

FUMICHON

Ponr tout autre, oui; mais ponr toi, pov ta fortune, cane snifit pas.

Air da vaudeviUe 4ê$ Ftiru éa lêU, Bt s'il fallait insister daranlage , Par un seal mot Je te déciderais; C'est qu'il est noble, alors qu'on noQSOolrage, De nous renger par de noareaux bienfaits! Tu le feras!

SOUGNI.

Qui , moi ?

FUMICHON

Je te connais , To donneras ce généreux exemple.

SOLIGNI.

Qui me Miirà |«taaii gté d'oo isl Menr

Personne an monde ! hors Dieo qtli te eontetnpte) Et ton ami qui te dira î Cett kien !

Silence ! c'est elle !

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