‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 695 sur 756 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

ESTELLE, SOLIGNI, RAYMOND.

BAYMOND , ft Soligni.

Me voici , Monsieur. Dieu ! sa fille !

SOLIGNI.

C'est juste ! (B«gard«nt EiteUe.) Je u'y peusais plus...

BAYIIOND.

Je viens vous chercher.

ESTELLE

Et pourquoi donc?

SOLIGNI.

Pour nous battre !

ESTELLE

Est-il possible! ( Passant entre eux deux. ) VOUS,

Raymond, vous que j'aimais, menacer les jours de mon père !

BAYIIOND.

C'est malgré mol , demandei-le-liL

SOLIGNI.

C'est vrai ! Je l'ai provoqué.

ESTELLE , se jetant dans les bras de aon père.

Eh bien ! si Je suis toujours votre fille bienaimée ; si , comme vous me le disiez tout à l'heure , vous m'aves rendu votre amour d'autrefois**, autrefois vous ne me refusiez rien.

SOLIGNI.

Eh bien ! parle , que veu\-tu?

Que vous renonciez à ce combat

SOLIGNI.

Cela ne dépend pas de moi , mais de Raymond. Je l'ai ofiîensé ; il a droit à des réparations. Demande-lui celles qu'il exige.

ESTELLE , ft BajmoDd.

Mon père demande , Monsieur, quelles réparations vous exigez ?

AAYlf OND , héiitant.

Moi!

ESTELLE

Sans doute!

RAYMOND

Eh bien I j'en demande deux.

ESTELLE

Lesquelles?

BATMOND.

D'abord, que monsieur rétracte ce qu'il a dit sur mon père.

ESTELLE, ftSoligoi.

Yconsentei-vous?

SOLIGNI.

Dans ce moment, je suis heureux de reconnaître que j'avais tort , et que M. de Bussières n'a manqué ni à l'honneur ni à l'amitié, (a Ert«Ue.) Qu'il te dise à présent ce qu'il veut de plus.

ESTELLE , à RajmoDd.

Mon père demande, Monsieur, ce qull vous faut encore.

BAYMOIID, héiiUnt, I demi-foU.

Vous!

ESTELLE , baillant \m jeux.

Ah! mon Dieu!

SOLIGlfl.

Qu'y a4-il donc?

ESTELLE

Des choses impossibles.

SOLIGNI.

Cela ne dépend donc pas de nous?

ESTELLE

Si, vraiment

Eh bien! ne t'ai-je pas dit que tu étais ici la maîtresse... maîtresse absolue? tu peux donc sans cndnte , et en mon nom , accorder tout ce qu'il demande.

ESTELLE

Tout ce qu'il demande , c'est moi.

SOLIGNI.

Eh bien ! à moins que tu ne veuilles pas...

ESTELLE

Mais si , vraiment , je veux bien.

SOLIGNI.

Eh bien I s'il en est ainsi, et ma fille, et tous mes biens, et tout ce que je possède... (Afec douieiir.) Ah! ittou Dicu! je n'y pensais plus.** Malheureux que je suis! qu'ai-je fait!

(il court vert la porte du fond. )

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