SCÈNE VIII
SÂUVIGNY, FERNÂND.
SAUYIGNT.
Le maudit postillon ! être ainsi en retard I
FERNAND
Qui vient là ?... Sauvigny !... notre amoureux du Havre ! mon ancien camarade du lycée !
SAUVIGNY, courant ft lai.
Mon cher Fernand !... Y a-t-il longtemps que vous êtes arrivés?
FEBNAND.
Moi , depuis quelques heures... Ma sceur, il n*y a qu*un instant
SADVIGNT.
Et je n*étais pas là pour la recevoir... pour lui oflrirlamain!... Jesuisaudéseqioir»
FEBNAND.
11 n'y a pas de quoi
SA1ÏVI6NT.
Si vraiment.. J'avais ordonné au postillon d'aller si vite, qu'il nous a versés... Une roue cassée, un cheval tué , deux heures de perdues... est-ce malheureux!
FEBNAND.
Pour le cheval.
SAUVIGNY
Pour moi , mon cher ami , pour moi qui espérais précéder ici madame de Varennes... J'ai si peu d'occasions de lui prouver mon amour, elle a tant de peine àycroirel...
FEBNAND»
Mais du tout., ma sœur est persuadée que tu l'adores... je le lui ai dit , et elle a confiance en mot
Pourquoi alors ne pas se décider quand je lui oflfre ma main et ma fortune ?
FEBNAND.
Pourquoi?... parce qu'elle a été malheureuse avec un premier marï qui Tadorait, et qu'elle se défiedes grandes passions et de leur durée... Elle cramt que tu ne changes.
SAUVIGNY, avec chaleur.
Moi, changer!... On voit bien qu'elle ne me connaît pas... mais je ne change jamais : quand j'aime, c'est pour hi vie... et je n'ai jamais aimé que ta sœur, c'est Ui seule.
FEBNAND, froidemenL
Je le veux bien.
SAUVIGNY, de même.
Je le lui ai dit, je le hii ai juré, et c'est la vérité.
FEBNAND.
Tu me dis cela , à moi... qu'est-ce que ceUi me iidt?... Tu es un brave garçon... c'est tout œ qu'il faut pour un beau-frère , et ma sceur t'épousera.
SAUVIGNY
Tu en es sûr?...
FEBNAND.
Je fenréponds... Et si elle tardait trop à se décider, je t'enseignerais un moyen....
Lequel?
FEBNAND.
Un moyen dont je viens de faire la découverte, et qui est d'un effet immanquable auprès des dames.
SAUVIGNY, vivement.
Air : Du partage de la rtekeuê.
Ah ! dis-le-moi.
FEBNAND.
De sa vertn secrète H faut user sohrement, mon ami :
Et Je pourrai te donnw ma recette.... ' "
OEUVBBS GOMPLÈIKS PB iCSJBE.
Mais quand je m'en Mn\ «enû
H veux bien que tu t'enriohisses De ce moyen, qui fera ton bonbeur; Mais après moi.... les premlert bénèilcef
Appartiennent à l'inventeor.
SAUVIGNY
C'est trop juste... Mais ta me promets ?•••
FBENAND.
A une condition.
SAUVIGNY, TiTement.
Je Taccepte d'avance.
FEElfAND.
Un service à te demander.
SAUVIGNY
Est-ce de Targent?.... ma bourse est à tes ordres.
FEBNAND.
£li1 non, vraiment.
SAUVIGNY, allant A la table.
Un bon sur mon caissier?... entre beaux-frères, on ne fait pas de façons...
FERNAND
Il ne s*agit pas de cela... plus tard. Je ne diç pas, c'est possible... Mais, dans ce moment, ce n'est pas là ce qui me gêne... c'est un mari.
SAUVIGNX.
Un mari?
FBBNANDf
Qu'il faut éloigner, et je compte sur toL
SAUVIQNY,
Moi , qui n'ai pas encore vu ta sceur ?
EUeest à sf toilette, et ne peut te recevoir; et d'ailleurs, ce n'est pas encore maintenant.» c'çit à quatre heures qu'il faut l'emmener.
£toùçà?
FKBNAND.
OÙ tu voudras... Tu iras avec lui visiter let quais, la cathédrale, acheter de la gelée de pommes de Rouen... cela te regarde.
SAUVItNT.
Mais ce mmi, je ne le connais sealementpas.
FERNAND
Qu'importe? tous les maris se ressemblent... Et puis, celui-là a un avantage... c'est un notaire... on peut toujours loi parler de ventes, d'achat , de donations...
Air : Vot marit en PaletHne.
Tu peux broder sur ce texte :
Un tel époux... c'est de droit, Ne veut pas d'autre prétexte; Car au public il se doit...
Allons , tâche d'être adroit.
SAUVIGNY
Puis-je ainsi , Je l'en fais juge , Aider A tromper tm mari ?
FERNAND
Tu If peux encore aujourd'hui*..
Jusqu'au moment on, transfuge.
Ta passeras A l'ennemi.
Tiens... tiens, le voilà.