SCÈNE XVIII
Les Pbégêdents» BONNIVBT.
BONNIYET, iVlançant et retenant le bras de Femand qui tient encore le pistolet»
Jeune homme, jeune homme, qu'esKe que ça
signifie I...
GLOTILDB , regardant sa main qui est enveloppée de noir»
Qu'est-ce que c'est donc?..* qu'est-ce que vous avez là?...
Rien...
GLOTILDB.
Mais si, vraiment I...
BONNIVBT.
Je te dis que non... Ma petite fille jouait tout à llieure dans le jardin de l'hôtel avec un gros chien noir, et des hommes couraient en criant : « Garde » à vous , il est enragé !» Je me suis élancé alors entre lui et mon enflant.... il m'a mordu, c'était tout simple...
TOUS
Enragé!...
BONNIVBT.
Eh! non... fausse terreur... car un instant après, il a bu comme si de rien n'était.
HOBTBNSE.
Mais vous l'avez cru...
BONNIVBT.
Ma foi, oui.
HOBTENSE.
Et malgré cela I... Quelle générosité !... quel dévouement !
BONNIVET
Du dévouement!... Y pengei^vous?.,, quand U s'agit de sa fille onde sa femme !.,. C'est cotuiue pour soi... c'est presque de Tégoïâme.
FERNATD.
Et vous qui ne voulez pas qa*0n expose ses jours?...
BONNIVET
Quand il le faut., c'est trop juste... Eaisonde plus pour s'en abstenir quand D ne le faut pas.,, Ahçà!dtnons-nous?
GLOTILDE, aree attendriMement.
Monsieur, vous êtes le meillear des hommes.
BONNIVET
TaiS'tol donc.
GLOTILDE, de même.
Le meilleur des maris... et je vous aime comme jamais je ne vous ai aûné.
EONXIVET.
Tu es bien bonne, et ça me fait plaisir..* Ca m'en fera a«5sl de diner»,. Moi à côté de ma femme,., Madame àcdtéde son prétendii, qui bientôt sera son marL*. et tous ensemble , nous boirons aiL\ b<ïDs vivants... U rumina.) Parce quCt voyez- vous, mon cher amL„
VACDETILLE.
À m : Quand oti eiî moH^ ^ûtt p&ur tongtcmp§.
a Qti^Eid on est mt^t-t, g'o»I pour loDgtenipâ, » Diiïûiï DéSAUÇierfl , notre maîtfe j
Ce Jour va naître
El disparu Uro :
Prolliet des InstdaLs.
•i Quand on fit n«rt, o'est peur longtemiM # >» Ëlc,, etc., flus<
BONNIVET
Qui donc voit» pousse
\fT% \e Irépas r
K'airtR'tous pa»
Le cbampaiïTiîi ijiii rnooâae?
La vie est douco
A careâser,
El ààtïi iJi;cûti5ïo Tâchons de la pa^âer.
CflT, kUhafï,
A cbaf|uc pas,
K'avon^-tiôîif pas, Paur ftbrvfçpr la ifie.
Peine, chagrin.
Et invdecin ,
Ddhi la voii crie A tâitt W eeore Inimâin t
•f Qnand on e^t uioît^ c'ost pour longlemp» , *^ [Hiàit I>é^angiers, nôtres maiUrv; Ce jour va naUre Kl disparaître :
Imprudents, ProIKcf, *li*i iiîstanlft.
TOUS
<t Quand on est mort, c'est pour longtemps, » Etc., etc., etc.
FEENAK^
t^ or notre scène
Qufl Rianlre-l-onr
Tiol , pojfon , Forfaituà la dautain*;
Et Melpom^^ne
Chii4jije «fjiiaine
Part pour la f hatti« De Urmi ou de Toulon...
Vers ostrogot II»
Et viïtgotli!ï«
l>c^ noir» tomt^eaux Sur von» tlntf; ta cJ(}Cll«;
Sombre roman , Drame de sang, Votre heure approche ; Hardi! donnet-TOut-en!...
« Quand on est mort, c'est pour longtemps, » Disait Désaagiers, notre maître.
Bientôt vous allex disparaître : Ainsi donc, profites des instanu.
TOUS
« Quand on est mort, c'est pour longtemps , » Etc., etc., etc.
Lerant la nuque ,
Le jeune Franc
Traite galment Racine de perruque.
M O siècle eunuque, i>
Disaient-ils tous,
« Gloire caduque , » Qui Ta revivre en nous! •»
Ils le disaient.
Ils rimprimaient.
Ils le croyaient...
Et , malgré leur mérite ,
Nui Jouvenceau
De leur tombeau
Ne ressuscite Ou Molière ou Boilean...
« Quand on est mort , c'est pour longtemps, » Disait Désaugiers, notre maître.
Grands talents.
Pour vous voir renaître , Il Doos faut attendre encor du temps.
TOUS
« Quand on est mort, c'est pour longtemps, > Etc., etc., etc.
GLOTILDB , au public.
Sur le qui vive.
En cet instant.
L'auteur attend Son heure décisive ;
Sa crainte est vive :
Il va savoir
S'il faut qu'il vive Ou qu'il meure ce soir
llontrex-vous tous
Cléments et doux.
Et que pour nous La critique traîtresse
Reste à l'écart :
Point de brocard
Sur notre pièce ; Ne l'immolez pas... car,
« Quand on est mort, c'est pour longtemps, » Mais grâce au public , notre maître.
Que cet ouvrage qui va naître Soit longtemps An nombre des vivants.
TOUS
«< Quand on est mort, c'est pour longtemps,» Etc., etc., etc.