LA »UC0E««E
Oui, Monsieur I... ToiDcier des gardes de Sf)rvice venait d'apporter le Jwmal des gens à la tnodf.,,
BOLINGBBOKE.
Où je ne suis pour rien...
LA DUCHESSE , avec ironie.
Je le saisi Depuis longtemps votre règne esi passé 1 mais dans les feuilles de ce Journal, et à côté du vôtre, était une lettre du marquis de Torcy...
BOLINGBBOKE.
Adressée à la reine...
LA DUCHESSE
C'est pour eehi que je l'ai lue.
BOLINGBBOKE , avec indignation.
Madame I
h\ PUCPEÇSE,
C'est du devoir de ma charge! ^urintendantedç la maison de sa majesté, c'est par mes mains que
doivent passer d'abord toutes les lettre^! Ytv voUà averti , Monaiear« et qsmi il y aura contre moi quelque épigramme, qu^que bon mol que vous tiendrez à me faire connaître, vous n'siiirei qu'à les adresser à 1^ tmfi i c'^ le seul moyen de me les faire lire !
BOLIlHIBI^QftB.
Jemelarappellerii, Madanei mabëaaatas, et e^est eeque je vonlMs * m majesté tam^ ta propositkins du marquisf
LA DUGHB8BE.
G^ ce qui vous trompe... je les avab ImtB... cela suffisait... le feu en a fait justice.
BOLIlfGBEOKB.
Quoi ! Madame...
LA DUCHESSE , lui faisant la révérence et s'apprêtaat I sortir, aperçoit Abigail qui est restée tu fond da tkééire.
Quelle est cette belle enfant qu se tieitt Ik timide et à l'écart 9... quel est son nom?
ABIGAIL , s*avançant et faisant U révérenot.
Abigail.
LA DUCHESSE , avec hanteor.
Ah ! la jolie bijoutière !... cVst vnd... je la reconnais... Elle n'est vraiment pas mal* cette petite... Et c^est là cette personne dont m^ parié b reine?...
ABIGAIL, vivement.
Ah ! sa majesté a daigné vous parler...
LA DUCHESSE
Me laissant maltresse d'admettre ou de ref% ser... Et, puisque cette nominatioii dépend de moi seule... je verrai... j'examiuenû a?^ iffi|ttrtialité et justice.
BOLINGBBO^, à part.
Nous sommes perdus I
LA DUCHESSE
Vous comprenez, Madentoiselle* qull fi«t des titres.
BOLINGBBOKE I sVan^t.
Elle en a.
LA DUCHESSE , étonnée.
Ah ! monsieur s'intéresse à cette jeçue personne I...
BOItlI^GBBOKÇ,
A l'açcqeil affectueux que vous ^^^lUgdQi&iîre, j'ai cru que vous Tavies deviqé,
1^4 DUCHESBB.
Aussi je l'aurais admise avec plaiair; mais pour entrer au ^rviçe de li^ reine» U fau^ ieiUr à une fi^uûUe distinguée»
BOLINGBBOI^
C'est par là qu'elle brille !,„
LA DUCHESSE
C'est ce qu'il faudra voir.., il y a tant de ge» qui se disent nobles et qui ne le sont pas!...
LE VERRE D'EAU
BOLINOBBOU.
Aussi mademoiselle , qui craint de se tromper, n*ose TOUS aToner qu'on rappelle Abîgall CharchilL
tk pUCBBaSE « I part.
Ociel!
BOLINUBROKE.
Paroite fort éloignée, sans donte... nais enfin, cousine de la dudiesse de Marlborough, de la surintendante de la reine, qui, dans sa sévère impartialité , hésite et se demande si elle est d^assez bonne maison pour approcher de sa majesté. Vouscomprenei, Madame, que pour moi, qui suis un écrirain usé et passé de niode, il y aurait dans le récit de cette aventure de quoi me remettre en yogue auprès de mes lecteurs, et que le journal VExaminateur aurait beau Jeu dès demain à s*éga?er sur la noble duchesse , cousine de la demoiselle de boutique... Mais rassurez- Tous, Madame, votre amitié est trop nécessaire à votre jeune parente pour que Je veuille la lui faire perdre ; et à la condition qu*eUe sera aujourd'hui admise par vous dans la maison de sa majesté, je m'engage sur l'honneur à n'avoir Jamais rien su de cette anecdote, quelque piquante qu'elle soit... Tattends votre réponse.
LA DUCHBSSB, fièrement.
Je ne vous la ferai point attendre. Je devais présenter mon rapport à la reine sur l'admission de mademoiselle, et qu^eile soit ou non ma parente, cela ne changera rien à ma décision ; je la ferai connaître à sa majesté... à elle seule !... Quant à vous , Monsieur , il vous suffira de savoir que je n'ai Jamais rien accordé à la menace , arme impuissante , du reste , que Je dédaigne... et si J'y ai recours aujourdliui , c'est que vous m'y aurez forcée... Quand on est publiciste, monsieur de Saint-Jean, et surtoul qp^nd on est de l'opposition , avant de vouloir ipettre de l'ordrç daqs les affairesde l'État, il Taut e^ mettre dans les siennes. C'est ce que vous n'av^ pds fait..,. Vops avei des dettes énormes... près d'un million de France , que vos créanciers impatients et dé9Ç8pérés ip'ont cédé pour un sixième payé comptant... J'ai tout racheté,,. mo\ si avide, à intéressée.,, Vqus ne m'accusez pj|s cette fois de vo^loi^ m'enricl^rMv (SQuri^a^) car ces créances sont, dit-on, désas- ^fîuses^f mais elles ont un avaptage..« celui d*em? portçr la contrite par con»,,, avantage dont je n'ai pu profiter encore avec on membre de b| dianibre de3 comniunçs... iqais demain finit 1^ session , et si la piquante anecdote dont vops pfirliez tout à Fheure paraît dans le journal du matin... le journal du soir annoncera que son spirituel auteur, M. de Saint-Jean, compose en ce moment , à Newgate , un traité sur l'art de Î9ke
des dettes... Mais je ne crains rien, Monsieur, vous êtes trop nécessaire à vos amis et à l'opposition pour vouloir les priver de votre présence, et quelque pénible que soit le silence pour un orateur aussi éloquent, vous comprendrez mieux que moi encore la nécessité de vous tahre.
( Elle {«it It révérence et tort. )