ACTE II, SCÈNE VI. ii
SIR OLIVER
Vous n'avez pas perdu votre fortune entière? Vous avez des effets précieux ?
SIR CHARLES
Tout-à-fait.
Deux ou trois vieux chevaux, sept ou huit chiens d'arrêt.
SIR OLIVER
Fort bien, La garantie est soUde et brillante.
On en pourrait trouver qui fût plus rassurante : Soit; mais vous connaissez sans doute mes parens
SIR OLIVER
Oui.
SIR CHARLES
J'ai dans le Bengale, au moins depuis quinze ans, Un oncle.
SIR OLIVER
Je le sais.
SIR CHARLES
Sa fortune est immense.
SÏR OLIVER.
Il est vrai; mais sur lui quelle est votre espérance?
SIR CHARLES
Très-complète ; et Mosès peut vous certifier Que de Sir Oliver je serai l'héritier.
SIR OLIVER
La nouvelle...
SIR CHARLES
N'a rien qui doive vous surprendre.
SIR OLIYER.
Je suis en vérité bien aise de l'apprendre.
Certes, mon cœur ne peut souhaiter son trépas...
SIR OLIVER
Eh bien?
SIR CHARLES
Mais il est vieux , infirme ; et , dans le cas Où sa mort... car enfin, vous savez que tout passe.
SIR OLIVER
Nous allons un peu vite : il est vivant ; de grâce...
SIR CHARLES
Eh! quoi! vous voudriez le savoir déjà mort?
SIR OLIVER
Non, j'en serais fâché, je vous jure, et très-fort. On assure au surplus qu'il se porte à merveille.
SIR CHARLES
Eh! non, rassurez-vous; je vous dis à l'oreille Qu'il est mal.
SIR OLIVER
Des récits sur qui l'on peut compter...
SIR CHARLES
Je VOUS dis qu'il est mal; faut-il le répéter?
Mais très-mal, mais au point qu'en le voyant paraître,
Ses parens, ses amis pourraient le méconnaître.
Ah! ah! ah!
SIR CHARLES
Vous riez!