‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiques (volume 2)Chapitre 13 sur 175 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

SIR OLIVER

Le trait est fort plaisant.

SJR CHARLES.

Et très-vrai.

SIR OLIVER

Je le crois. On dit même, on prétend...

SIR CHARLES

Quoi ?

SÎR OLIVER

Qu'il est de retour, et qu'on l'a vu dans Londre.

SIR CHARLES

Oh! pour celui-là, non: j'ose vous en répondre.

SIR OLIVER

Mais il le sait fort bien celui qui me l'a dit.

Demandez a M oses.

Fort bien, sans contredit.

Brisons là-dessus.

SIR OLIVER

Soit. Dites-moi , je vous prie :

Feu votre père avait beaucoup d'argenterie?

SIR CHARLES

Oui.

SIR OLIVER

Des plats ciselés , des vases somptueux.

SIR CHARLES

Bon, Tout cela, mon cher, était bien fastueux. Dans un besoin...

SIR OLfVER.

^ J'entends : la vaisselle est fondue.

Et sa bibliothèque...?

SIR CHARLES

Elle est aussi vendue.

SIR OLIVER

Quoi! ces livres si beaux, rassemblés de si loin, Au prix de tant d'argent, de recherche et de soinï

SIR CHARLES

Faut-il donc pour soi seul garder tant de science?

SIR OLIVER, à part.

Quel esprit de désordre et quelle insouciance 1

(Haut.)

A qui sont-ils vendus?

SIR CHARLES

Ma foi , je n'en sais rien.

Mosès , non plus que moi , ne s'en souvient pas bien.

MOSÈS

Je fais cas des savans, j'estime la lecture. Mais j'ai peu travaillé dans la littérature.

SIR OLIVER

Ainsi , vous n'avez rien à vendre désormais ?

SIR CHARLES

Ma foi, non, rien du tout; sinon de vieux portraits.

SIR OLIVER

De vos parens? Monsieur ne voudrait pas les vendre?

SIR CHARLES

Mon petit Prémium, il faudrait nous entendre.

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