‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiques (volume 2)Chapitre 34 sur 175 · SIR GEORGES, SIR CHARLES · texte numérisé non relu

SIR GEORGES, SIR CHARLES

SIR CHARLES

Eh bien , qu'est-ce , mon frère ? On ne peut vous parler; Et, quand je viens vous voir, vous vous faites celer? Où donc est sir Arnold? montrez-le moi de grâce.

Mais a votre nom seul il a quitté la place.

SIR CHARLES

Apparemment il croit que j'ai besoin d'argent?

SIR GEORGES

Non; mais de vous, mon frère, il se plaint vivement.

SIR CHARLES

Et de quoi se plaint-il? car, plus je m'examine...

SIR GEORGES

De VOS prétentions sur lady Joséphine.

SIR CHARLES

Des miennes, dites-vous?

SIR GEORGES

Oui, rien n'est plus certain.

La femme d'un ami! quel choix de libertin!

SIR CHARLES

C'est de moi qu'il se plaint ! Mon Dieu , qu'il se rassure : Ces prétentions là, c'est moi qui vous le jure, N'existèrent jamais. Elle a beaucoup d'appas , Des grâces, de l'esprit; mais je n'y songe pas. En effet, il a pris une bien jeune femme. Il s'en aperçoit donc? ou peut-être madame S'aperçoit qu'elle a pris un mari déjà vieux?

SIR GEORGES

Les scandaleux discours!

SIR CHARLES

Joséphine est au mieux.

Un jour, cela soit dit entre nous, mon cher frère. J'ai cru m'apercevoir que je pourrais lui plaire, Par caprice, sans doute, et non penchant du cœur; Mais je n'ai pas voulu tracasser mon tuteur. D'ailleurs, j'aime Elisa; c'est pour toute la vie; Et je ne me permets aucune fantaisie.

SIR GEORGES

Bon; voilà qui pourra tranquilliser l'époux.

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