‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiques (volume 2)Chapitre 47 sur 175 · ACTE II, SCENE IL 8r · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IL 8r

DORLIS.

Vous épouser, madame, est donc une folie? C'est possible: n'importe; elle est au moins jolie.

HORTENSE

Il extravague en tout; mais, charmante Ninon, Ne peut-on, sans danger, lui rendre sa raison?

NINON

Moi, le désespérer! Qui? moi? tout au contraire. Je suis très-indulgente, et je veux qu'il espère. Aubertin, vous aimez qu'un acte soit bien fait: Apportez-nous ce soir un contrat mis au net. Nous souperons gaîment et sans cérémonie. Vous voudrez bien vous même être de la partie: Ami de la maison...

AUBERTIN

Vous me faites honneur.

DORLIS.

Un contrat ! un souper ! mais comme elle a bon cœur !

NINON

Je ne puis accepter votre reconnaissance. Non; je ne songe ici qu'aux intérêts d'Hortense; Non; soyez-en certain, je le dis franchement: Je ne fais rien pour vous dans cet arrangement.

AUBERTIN

Les noms et les prénoms ?

NINON

La forme doit suffire; Ici, sous la dictée, on pourra les écrire.

OEuvres posthumes. II. t)

Si NINON.

DORLIS, à Hortense.

Vous signez donc ce soir ?

HORTENSE

On le veut. J'y souscris.

DORLIS.

Ce soir, on m'y verra.

HORTENSE

Vous y serez, Dorlis?

NINON

A merveille, madame.

DORLIS.

Oui: c'est un mot bien tendre.

NINON

Je vous crois trop léger : vous ne pouvez l'entendre.

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