ACTE II, SCÈNE I. i
Sur un mari charmant, le seul digne de vous. Vous riez, Élisa!
ÉLIS A
Quel est donc cet époux?
SIR ARNOLD
Un homme... sans défauts; vous devinez peut-être?
ÉLISA
Pas trop. Quel est son nom? je voudrais le connaître.
SIR ARNOLD
Sir George, apparemment.
ÉLISA
Mais,monsieur, entre nous...
SIR ARNOLD
Hem!
ÉLISA
Je n'ai pas pour lui les mêmes yeux crue vous.
SIR ARNOLD
J'entends. Vous aimez mieux son méprisable frère.
ÉLISA
Je ne puis le nier: je fus toujours sincère. En renonçant à lui, je n'ai point abjuré lu'intérêt qu'autrefois il m'avait inspiré. 3e sais que mon devoir est dans l'obéissance; Mais on n'ordonne point l'amour, l'indifférence.
SIR ARNOLD
Mais on n'ordonne point... Voilà du sentiment. Pourquoi chez les Anglais n'est-il plus de couvent? Sir Charles!...
j4 les portraits de famille.
ÉLISA
Contre lui la haine vous anime.
Son frère, dites-vous, a la publique estime; Il a du moins la votre: il est aimé de vous. Puisse-t-il mériter un partage aussi doux! Sir Charle a, je le sais, l'âme sensible et fîère; Il n'est pas sans vertu, puisqu'il a su me plaire.
SIR ARNOLD
Eîisa, vous avez un caractère affreux.
ÉLIS A
Vous disiez tout à l'heure...
SIR ARNOLD
Aimer un malheureux Qui n'est depuis long -temps défendu par personnel
ÉLISA
Ce n'est pas un motif pour que je l'abandonne. S'il faut que ma raison condamne ses erreurs, Permettez-moi, du moins, de plaindre ses malheurs.
SIR ARNOLD
Prenez bien garde...
ÉLISA
Adieu, monsieur, je me retire.
( Elle se retire ) SIR ARNOLD.
Son père est mort exprès... deux femmes! quel martyre! L'une est tout sentiment; l'autre... ah! je l'aperçoi.