ACTE IV, SCENE IL i5ï
Roi, père, époux...
SPINOLA
L'infant et la Reine...
La Reine!
Avant d'oser contre elle irriter mon courroux, Arrachez-la du moins du cœur de son époux. Laissons Elisabeth : parlons d'un fils coupable.
SPINOLA
Des ministres du ciel l'adversaire implacable!
D'un père et d'un monarque il a trahi les lois.
SPINOLA
De Rome et de l'Eglise il méconnaît les droits.
Je demande un conseil, hélas! que je redoute.
SPINOLA
Votre fils, dites-vous, est coupable?
Ah ! sans doute.
SPINOLA
Vous avez, par ce mot, prononcé contre lui.
Que faut-il?
SPINOLA
Le punir.
Et quand?
i52 PHILIPPE IL
SPINOLA
Dès aujourd'hui.
Cette nuit?
SPINOLA
Cette nuit.
Mais un fils!
SPINOLA
Un rebelle.
Je balance.
SPINOLA
Abraham, plus ferme et plus fidèle, Prépara de ses mains le bûcher de son fils.
Il obéit à Dieu; mais Dieu n'a point permis Qu'un père ait consommé cet affreux sacrifice.
SPINOLA
Roi, pourquoi sondez-vous l'éternelle justice? Dieu par son propre fils ne fut point désarmé ; Ce sacrifice affreux. Dieu l'a bien consommé.
Mais pour sauver le monde , il choisit la victime.
SPINOLA
Vous , pour servir Dieu même , et le venger du crime. Faut-il que la balance , inégale en vos mains , A des poids différens pèse ainsi les humains ? Brisez les échafauds dressés dans la Belgique ,