‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiques (volume 3)Chapitre 268 sur 342 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

OEDIPE, ANTIGONE, THÉSÉE, le CHcœuK.

ilL NTiGONE , en mes bras c'est bien toi que je presse ?

AîfTIGONE.

Le vainqueur de Créon vous rend à ma tendresse.

J'ai rempli mes sermens : Créon et ses soldats Déjà loin de nos murs précipitent leurs pas. Les Thébains n'ont trouvé qu'une fuite sanglante. Non ce que prétendait leur audace insolente. Ils ont bravé le ciel ; mais le ciel irrité A vengé l'infortune et l'hospitalité.

ŒDIPE

Je ne puis vous offrir que ma reconnaissance.

THÉSÉE

C'est de vous que Thésée attend sa récompense.

ŒDIPE

Et que peut désormais un vieillard malheureux?

THÉSÉE

Vous pouvez d'un seul mot exaucer tous mes vœux.

09EDIPE.

Gomment ?

THÉSÉE

J'ai vu prier aux autels de Neptune Un Thébain, comme vous soumis à l'infortune, Comme vous élevé dans le suprême rang, Et qui vous est uni par les liens du sang. Il adressait au dieu du trident redoutable Des larmes , des remords , offrandes d'un coupable.

Des remords! je le plains.

Je viens de le revoir, Près de ces lieux encor traînant son désespoir.

Ce Thébain, quel est-il?

THÉSÉE

Votre fils Polynice.

OE D I p E.

Polynice! grands Dieux! qu'il parte; qu'il périsse.

THÉSÉE

Pardonnez, mais pour lui je dois vous implorer.

Vous! pour lui? Que veut-il? qu'ose-t-il espérer?

T II É s É E.

Qu'à vos pieds un moment vous daignerez l'admettre.

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